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9 avril 2013 / Automobile : la bataille franco-allemande sur les rejets de C02

Renault et PSA ont quelque part le beau rôle. Et, au nom de la vertu écologique, ils s'opposent aux constructeurs allemands, spécialistes des grosses voitures qui consomment plus et donc rejettent davantage de C02/km. « La Commission européenne a proposé en juillet 2012 une plus grande « sévérisation » des rejets de C02, qui obligerait Audi ou Daimler à diminuer de 4 grammes encore leurs émissions moyennes. Renault et PSA devaient, eux, les abaisser d'un gramme », explique un expert des questions écologiques dans l'industrie automobile. « On est maintenant en plein débat au Parlement européen, qui devrait voter, en première lecture, le 18 juin ou le 2 juillet. Le Conseil attend », précise-t-il.

     

 

 

 

Les Français se montrent officieusement ravis de ce que leurs concurrents germaniques, à qui tout semble réussir, se trouvent confrontés à des objectifs de C02 très difficiles à atteindre. Ca leur apprendra à réussir dans les 4x4, les coupés hautes performances ou les limousines de prestige, se réjouissent tout bas les firmes tricolores... Jalousant les succès insolents des Allemands en haut de gamme, Renault et PSA se vengent ici indirectement de leur spécialisation dans les petits véhicules à faibles marges, qui ont au moins l'avantage de rejeter moins de gaz à effets de serre. Ou comment transformer un handicap en bon point... Les constructeurs européens sont d'ailleurs divisés grosso modo en deux camps. Et les Français ne sont pas seuls ! « D'un côté, il y a les Allemands, de l'autre Renault et PSA qui forment une coalition avec tous les autres comme Fiat, Volvo, GM Europe, Ford Europe, Hyundai Europe et Toyota Europe », indique un connaisseur de l'industrie européenne. Puissants, les groupes allemands n'en sont pas moins isolés : « L'influence politique allemande est très importante. Berlin intervient souvent, également, à travers d'autres pays amis. Au Conseil, l'Allemagne a ainsi rappelé que, selon elle, il fallait revenir aux calculs précédents », souligne un constructeur français, ajoutant : « Au Parlement, les rapporteurs de la commission environnement sont allemands. Il est clair que l'Allemagne va ferrailler en mettant tout son poids dans la balance. » En moyenne, les véhicules vendus en Europe doivent rejeter, à l'horizon 2020, 95g de C02/km pour les voitures particulières et 147g pour les utilitaires. Des objectifs draconiens. Aujourd'hui, les voitures particulières émettent en moyenne un peu plus de 132g en Europe occidentale (124,3g seulement en France, 141,5g en Allemagne au premier semestre 2012). Mais chaque constructeur se voit attribuer ses propres objectifs en fonction des rejets de sa gamme actuelle, avec des paliers intermédiaires d'ici à 2020 avec de lourdes pénalités en cas de non respect de la réglementation. Pénalisé par le poids des gros véhicules dans ses ventes, Daimler (Mercedes) risque ainsi de devoir acquitter des sommes très élevées, d'où son alliance récente avec... Renault et l'achat de petits diesels tricolores pour faire baisser coûte que coûte les consommations et donc les émissions moyennes de sa gamme. Pour pallier la « sévérisation » proposée par la Commission, les constructeurs réclament des compensations pour les véhicules émettant très peu de C02, qui permettraient d'obtenir des « super-crédits » rentrant dans le calcul des éventuelles pénalités. Tous sont d'accord sur le principe. Mais, pas sur les applications. Là aussi, Français et Allemands divergent. Ces derniers demandent une assiette très large pour ces super-crédits. Chez PSA, au contraire, on veut les limiter aux « technologies de pointe innovantes, comme la future technologie Hybrid Air ». Renault avec les électriques et PSA avec les hybrides estiment avoir un avantage compétitif dont ils veulent tirer parti. Eh oui, chacun plaide pour ce qui l'arrange. Ceci dit, les constructeurs français regrettent que le gouvernement allemand soutienne bien davantage son industrie que les pouvoirs publics français la leur.

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