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6 avril 2013 / Rugby à XIII : comment financer le Mondial des Françaises ?

Tandis que les équipes de France des sports collectifs majeurs négocient les primes importantes qui leur seront versées selon leurs performances dans les grandes compétitions internationales, certaines en sont réduites à prendre en charge elles-mêmes leur déplacement. D‘après Le Monde, il a été demandé officiellement aux joueuses de l'équipe de France de rugby à XIII d'organiser une vente de billets de tombola et de trouver des sponsors personnels afin de financer leur participation au prochain Mondial 2013, organisé à partir du 3 juillet en Angleterre. Yoann Bodier, président de la commission féminine à la Fédération française, confirme cette situation ubuesque :

     

 

 

 

"Nous avons demandé à chacune des joueuses une participation à hauteur de 200 euros de vente de billets de tombola, plus 300 euros supplémentaire. L'idée a été refusée par les joueuses." A 23 ans, Sonia Zaghdoudi, joueuse du Toulouse ovalie XIII, est internationale depuis déjà cinq ans. L'étudiante en licence biologie-santé se montre claire quant à sa position et celles de ses coéquipières. "On refuse par principe. En 2008, lors de notre première participation en Australie, nous avons dû nous débrouiller. C'est épuisant. Cette fois-ci, nous avons fait notre part du boulot", affirme-t-elle avec conviction. Yoann Bodier, désarmé, ne remet pas en question l'attitude de ses joueuses : "Je comprends la position des joueuses. J'ai été président puis entraîneur de club à Nantes. J'ai même à l'époque payé sur mes propres deniers les déplacements internationaux de mes sélectionnées." Créée officiellement en 2007, l'équipe de France féminine a en effet déjà connu pareille mésaventure lors de sa première qualification pour une Coupe du monde. Stéphanie Bras, présidente du club de Toulouse ovalie XIII, se souvient : "En 2008, la même situation s'est produite. Le ministère des sports avait aidé et, pour le reste, ce sont les filles qui devaient se débrouiller. Nous avions monté un projet avec une association du quartier Empalot à Toulouse pour aider les six joueuses de Toulouse sélectionnées.". Les autres membres des Bleues s'étaient autofinancées. Comble du grotesque, l'année dernière, l'équipe de France féminine a joué une tournée en Angleterre. Financer des matches amicaux en Angleterre et ne plus avoir un an après les moyens d'envoyer son équipe à la Coupe du monde dans le même pays, la situation prête aux interrogations sur la bonne gestion et sur la bonne volonté des instances fédérales. "Je suis déçue. Depuis quatre ans, on a tout fait pour éviter que cela se reproduise, pour éviter que les joueuses n'aient à payer pour défendre le maillot français. Étudiantes ou salariées, les joueuses font d'énormes sacrifices pour ce sport", analyse Sonia Zaghdoudi. "La Fédération a-t-elle envie d'une équipe féminine ?", avance légitimement la jeune étudiante. Le rugby féminin se pratique en France depuis une vingtaine d'années. Deux divisions structurent la discipline. En première division, on recense neuf clubs dont le Toulouse ovalie XIII. Dix clubs participent à la deuxième division. "Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Nantes, Bordeaux ou Marseille, explique Stéphanie Bras. Il y a en France 300 joueuses en compétition et environ 200 femmes qui pratiquent en loisir." Je regrette simplement qu'ils ne se bougent pas plus pour trouver des solutions", déclare la présidente du club toulousain. A la Fédération française, le caractère désagréable de la situation ne semble pas avoir frappé tous les esprits. Philippe Dallongeville, secrétaire administratif, a d'autres préoccupations. "On cherche les financements. Mais c'est un souci partagé par d'autres modestes fédés. Au fait, avez-vous eu les informations à propos des deux rencontres du Mondial 2013 masculin que nous organisons en France en novembre ? On affronte notamment la Nouvelle-Zélande. Tout cela pour dire que l'on ne peut pas tout faire", lâche-t-il. Selon Yoann Bodier, président de la commission féminine, le budget de la section féminine s'élève à "50 000 euros, dont une subvention jeunesse et sport de 15 000 euros". "Nous avons besoin de 35 000 euros pour partir au Mondial", dit-il. Et quel est le montant du budget global de la Fédération française de rugby à XIII ? "Ce n'est pas grand-chose, 2,25 millions d'euros. Pour en revenir à la pratique féminine, c'est une activité nouvelle que l'on développe depuis dix ans", raconte Philippe Dallongeville. "Ce n'est pas parce que c'est un sport dit de mecs que l'on n'y attache pas d'importance. C'est une pratique étonnante et spectaculaire, vous savez", se justifie-t-il maladroitement. "le problème, c'est le réseau limité. Nous avons édité une plaquette de partenariats. Je vais tenter de démarcher les entreprises". Et quid d'une aide éventuelle du frère ennemi, le rugby à XV ? "Cela serait bien le premier rapprochement de ce genre", ironise Yoan Bodier. Contacté, le ministère des sports et de la jeunesse a pointé le peu de moyens de cette fédération : "Confrontée à une fragilité financière due principalement à l'organisation d'événements importants en France (deux matches de la Coupe du monde masculine), la Fédération française de rugby à XIII considère qu'elle n'a pas les moyens suffisants pour accompagner sur ses fonds propres. "Compte tenu du contexte budgétaire, le ministère n'est pas en mesure d'envisager une rallonge financière supplémentaire." Un message cordial est cependant adressé à la Fédération : "Le ministère encourage la Fédération à réfléchir à un redéploiement interne et se tient à sa disposition (via sa direction des sports) pour l'aider à en étudier les modalités." La date butoir pour trouver les fonds se rapproche à grands pas. A la fin d'avril, il faut boucler le budget ou renoncer. "D'ailleurs, indiquez-le dans votre article : les entreprises et les mécènes intéressés peuvent contacter la fédération", espère Yoann Bodier.

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