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Art/Cinématographie

 

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 Cinématographie ________________________________________________________________________

Du grec kínema, « mouvement » et gráphein, « écrire »), c’est Léon Bouly qui en 1892 déposa le brevet de cet appareil de projection qui écrit le mouvement. Le cinéma est un art du spectacle. Il expose au public un film, c’est-à-dire une œuvre composée d’une suite d'images en mouvement projetées sur un écran blanc, et accompagnées la plupart du temps d’une bande son. Depuis son invention, le cinéma est devenu à la fois un art populaire, un divertissement, une industrie et un média. Il peut aussi être utilisé à des fins de propagande, de pédagogie ou de recherche scientifique. En français, on le désigne couramment comme le « septième art », d'après l'expression du critique Ricciotto Canudo dans les années 1920. Un film est composé d’une série d’images généralement projetées à la cadence de 24 images par seconde. C’est la succession rapide de ces images, qui, par illusion, fournit une image animée au spectateur, reproduisant notamment les mouvements de la réalité. La persistance rétinienne, l’effet phi et les techniques de projection cinématographique permettent à l’être humain de voir cette série d’images discrètes en un continuum visuel.

Si les films sont des objets culturels issus d’une culture spécifique, leur diffusion est potentiellement universelle grâce au développement de techniques comme le sous-titrage ou le doublage des dialogues, ainsi que par leur mise à disposition dans des formats domestiques (cassettes, DVD, Internet, etc.). Ils sont susceptibles aussi de devenir de purs produits commerciaux, au sens où les sommes drainées par cette industrie peuvent être colossales, malgré les coûts de production, eu égard au nombre important de spectateurs payants.

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Les grandes étapes de l’élaboration d’un film

  • Synopsis
  • Scénario
  • Découpage technique
  • Storyboard ou scénarimage
  • Tournage
  • Postproduction

Catégorie cinématographique

  • Film de fiction
  • Film documentaire
  • Film d'animation
  • Film expérimental

Métrage

  • Court métrage
  • Moyen métrage
  • Long-métrage

Genre cinématographique ou télévisuel

  • Film institutionnel ou film d'entreprise
  • Buddy movie ou buddy film
  • Comédie
  • Comédie dramatique
  • Parodie
  • Drame
  • Mélodrame
  • Film historique
  • Film biographique ou biopic
  • Film autobiographique
  • Péplum
  • Film de cape et d'épée
  • Film d'aventure
  • Road movie
  • Thriller
  • Film catastrophe
  • Film policier
  • Film d'espionnage
  • Film d’action
  • Film de super-héros
  • Film de gangsters
  • Film noir
  • Film de science-fiction
  • Film fantastique
  • Film de vampires
  • Film de Zombies
  • Film d'horreur ou film d'épouvante
  • Slasher
  • Film gore
  • Film de guerre
  • Film musical
  • Western
  • Romance, film d’amour ou film romantique
  • Film érotique ou porno soft
  • Film pornographique, film X ou film pour adultes

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Les grandes étapes de l’élaboration d’un film

Synopsis : bref résumé offrant une vue d'ensemble ou un aperçu d'une œuvre ou d'une science. Dans l'industrie cinématographique, c'est le résumé condensé d'un scénario destiné à présenter un projet de film aux producteurs, au réalisateur et aux acteurs pressentis. À ce titre, il décrit les grandes lignes de l'histoire, esquisse les principaux personnages et leur évolution, sans entrer dans les détails. Synopsis est un mot d'origine grecque apparu dans les années 1830 sous sa forme féminine. Le qualificatif synoptique a été introduit par Johann Jakob Griesbach en 1776 pour désigner des textes pouvant être mis en parallèle. Par exemple, les Évangiles synoptiques. Le terme « synoptique » est dérivé d'une combinaison des racines grecques s?? (syn=ensemble) et ???? (opsis=voyant) parce qu'ils peuvent être disposés côte à côte sur une même page, formant ainsi une synopse. Adopté par l'industrie cinématographique, le terme change de genre dans les années 1920 pour désigner, selon le sens américain, le résumé condensé d'un scénario.

Scénario : récit technico-littéraire destiné à être filmé, dessiné dans le cas d'une bande dessinée, joué dans un jeu de rôle, ou modélisé en 3D dans le cas d'un jeu vidéo ou d'un film d'animation. Un scénario est censé décrire ou suggérer ce qu'on verra et entendra dans un film, ou ce qu'on lira dans une bande dessinée. En plus des dialogues, le scénario contient aussi des didascalies. Le mot provient de l’italien scenario, « décor de théâtre ». Selon l’Académie française, le mot scénario étant français (en italien, il n'aurait pas d'accent aigu), le pluriel « scénarios » s'impose comme pour lavabos ou pianos. Quand un mot d'origine étrangère est intégré à la langue française, il cesse d'être soumis aux règles grammaticales de son pays d'origine pour être soumis aux règles grammaticales françaises (rapport du Conseil supérieur de la langue française publié au Journal officiel du 6 décembre 1990). C'est donc cette règle qui est d'usage lorsqu'un mot de cette nature est utilisé dans une contextualisation triviale ou à caractère indifférent, tandis que le pluriel archaïque reste occasionnellement utilisé pour mettre en évidence une sophistication du contexte.

Découpage technique : découpage du scénario en unités d’action contenant toutes les indications, à savoir : numérotation du plan, didascalies, diégèse, bande-son (dialogue, musique et bruits), cadrage, mouvement de caméra, effets de lumière, effets spéciaux, et minutage précis. Ce document est produit par le réalisateur, en général avec le premier assistant réalisateur, éventuellement avec le chef opérateur et le scénariste. Ces unités d’action seront découpées en unités de tournage (plans).

Storyboard ou scénarimage : représentation illustrée d'un film avant sa réalisation. Il s'agit d'un document technique généralement utilisé au cinéma en préproduction afin de planifier l'ensemble des plans qui constitueront le film. On y décrit visuellement l'ensemble des paramètres cinématographiques (cadrages, mouvements de caméra et de personnages, raccords, etc.) avec la plus grande exactitude possible, afin de visualiser et planifier le tournage du film. Il est très pratique car il améliore la circulation des informations entre les équipes de tournage, et constitue donc un outil de référence lors de la production du film. Les dessinateurs chargés d'illustrer chaque plan du découpage d'un scénario sont les storyboardeurs ou scénarimagistes.

Tournage : étape de prise de vues, où sont enregistrés les images et les sons destinés après montage à constituer un film. En fonction de l'importance du film, il peut mobiliser une équipe composée d'acteurs et de plusieurs techniciens spécialisés dans une branche bien précise (production, mise en scène, image, son, électricité, machinerie, etc.). Ces équipes peuvent comporter d’une à plusieurs dizaines de personnes. Le tournage succède à la préparation et précède la postproduction.

Postproduction : organisation de l'ensemble des opérations conduisant à la finalisation définitive d'un évènement audiovisuel enregistré, tourné ou capté. La postproduction devient embryonnaire à l'apparition du montage vers les années 1920 puis, plus complexe avec l'avènement du cinéma sonore. Le début des années 2000 marque le tournant vers l'industrialisation des chaînes de postproduction numérique et une révolution des techniques cinématographiques. Cette révolution va entraîner une évolution des techniques cinématographiques et la restructuration des métiers, des mœurs et du marché, accompagnées de leur lot de problématiques. Début 2012, la révolution du tout numérique est marquée par de profonds mouvements économiques. En France par exemple, en 2012, les trois quart des cinémas sont équipées de projection numérique. C'est la troisième étape de production d'un film, après la préproduction et le tournage et avant sa publication (Distribution). La postproduction englobe l'ensemble des techniques de finalisation d'un produit filmique ou audiovisuel après son tournage (Montage, Bruitage, Postsynchronisation, Doublage, Mixage, effets spéciaux, étalonnage de l'image).

 

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Catégorie cinématographique

Film de fiction : il raconte une histoire qui peut être vraie (l'Histoire avec un H majuscule) ou non (une simple histoire). La fiction prend alors la forme d'un récit, classique ou non, reposant sur une narration.

Film documentaire : il témoigne d’une réalité ou traite d'une problématique (sociale, politique, artistique, etc.) selon le point de vue du cinéaste. On nomme docu-fiction les documentaires qui intègrent des éléments fictifs (reconstitution avec des acteurs, carte, voix-off) ou, à l'inverse, des fictions qui introduisent certains passages documentés. Il existe plusieurs types de documentaires du reportage au journal personnel, du film ethnographique à l'essai polémiste. Le cinéma d'avant 1900 était dominé par les actualités : les premiers films étaient de courts documentaires, des moments de la vie courante, comme un train entrant en gare. Les contraintes techniques faisaient que chaque film ne dépassait pas la minute. Mais l'idée de « scène documentaire » est attestée dès 1906, et celle de « film documentaire » substantivée en « documentaire » dès 1915. Cette antériorité française est encore sensible dans les années 1930, plusieurs textes allemands et américains de l'époque citant le mot français plutôt que son équivalent local. Très peu d'histoires étaient encore racontées à cette époque par le biais du nouveau media, principalement à cause des limitations techniques. La tradition de l'actualité est une tradition importante pour le documentaire ; ces histoires étaient parfois des mises en scène d'événements ayant eu lieu réellement (scènes de bataille, où les cameramans arrivaient après les combats). Depuis ses origines, le documentaire était souvent réalisé en dehors de la tutelle des grands studios de production. Entre les années 1950 et les années 1960, il va profiter de l'évolution technique et du bouillonnement critique de l'après-guerre pour s'émanciper par rapport aux compagnies de production. Parallèlement, mais dans un registre opposé, les studios Walt Disney vulgarisent pour le grand public, dans les années 50 à 70, des films de nature qui reconstituent la réalité plutôt que de la montrer dans sa vérité première. Il s'agit de plaire au plus grand public possible par des scènes qui atténuent la dureté de la lutte pour la vie dans le milieu naturel au profit d'un tableau idyllique inspiré des dessins animés enchanteurs créés par Walt Disney. En opposition avec ce style, en 1958, le long métrage belge les Seigneurs de la forêt de la fondation Roi Léopold, présente la nature dans les profondeurs du Congo belge, ainsi que quelques traditions de ses habitants réalisée avec de grands moyens et distribuée dans le monde entier par la Twentieth Century Fox. On ne peut ignorer l'influence de la télévision avec l'apparition des procédés légers de prise de vues et de prise de sons, ainsi que par la mutation de la captation vers les procédés d'enregistrement magnétique offrant des capacités en sensibilité à la lumière et en durée supérieures à celles des procédés issus du cinéma des frères Lumière. Cette évolution a offert aux cinéastes documentaristes des moyens de plus en plus maniables et pratiques de s'émanciper sous les contraintes d'un matériel lourd et encombrant.

Film d'animation : il est réalisé à l'aide de différentes techniques, à 2 dimensions (dessins, photographies, etc.) ou 3 dimensions (objets, pâte à modelée, etc.), d’une manière traditionnelle ou numérique. Quelles que soient les techniques utilisées, le principe est toujours le même : le mouvement est décomposé en une succession d'images fixes dont la vision à une fréquence donnée donne l'illusion du mouvement continu.

Film expérimental : contre-poids du cinéma narratif (fiction, documentaire, animation). Le cinéaste questionne les limites du cinéma dans sa forme (esthétique, formelle) et/ou son contenu (politique, cognitif). C'est un art qui se développe en marge de l'industrie du cinéma et du système commercial. Souvent esthétiquement hors-normes, il n'obéit pas à des règles prédéfinies, mais promeut ses propres codes expressifs, son esthétique et, souvent, ses modes de diffusion. Il s'est forgé, depuis les années 1920, une histoire spécifique. Le cinéma expérimental possède des courants et des écoles parmi lesquels le cinéma abstrait, le cinéma underground, le cinéma structurel, l'École du corps, ou les recherches de l'Oucipo sur la « cinématographie potentielle ». Le travail des historiens et des critiques fait entrer ce cinéma parallèle, dans les années 1980 et 1990, dans le Dictionnaire Larousse du cinéma et dans l’Encyclopædia Universalis, tandis que les ouvrages spécialisés se multiplient. L'arrivée du numérique, dans les années 2000, permet au cinéma expérimental une plus grande visibilité, grâce, notamment, aux nouvelles technologies d’affichage et de réalisation en direct qui permettent une collaboration étendue avec d’autres disciplines, en premier lieu, la musique et la danse. Le cinéma expérimental peut être considéré comme la poursuite de certains travaux accomplis dans le cadre des avant-gardes historiques des années 1920, comme le futurisme, le dadaïsme ou le surréalisme qui étaient pluridisplinaires.

 

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Métrage

Selon les pays et les conventions, la durée équivalent à chaque catégorie de métrage peut varier. En France, le CNC ne reconnaît officiellement que le court-métrage, qui a une durée inférieure à 60 minutes, et le long métrage au-delà de 60 minutes. Cependant, l'usage considère souvent qu'entre 40 et 60 minutes il s'agit d'un moyen-métrage. À la base, un court-métrage est un film n'utilisant qu'une seule bobine de film (mesurée en mètres) contrairement au long-métrage.

Court métrage : film d'une durée plus courte que la durée classique des films commerciaux passant en salle (généralement moins d'une heure). Le terme « court métrage » fait référence à la longueur du film projeté. Il est, toutefois, à signaler que l'écrasante majorité des films d'animation indépendants (tels qu'on les voit au Festival international du film d'animation d'Annecy) et des films expérimentaux sont des courts métrages, à la fois pour des questions budgétaires et esthétiques. Des festivals, comme celui de Brive ou Hors Pistes au Centre Pompidou, s'attachent à la promotion des moyens métrages (des courts métrages sont aussi programmés, ainsi la sélection peut inclure des films allant de 1 seconde à 59 minutes), mais ce genre n'est pas officiellement admis, il relève donc de la catégorie des courts métrages. Peu répandu dans les circuits de distribution classique, le court métrage profite néanmoins d'un intérêt certain dans les festivals spécialisés ainsi que sur Internet où des sites web lui sont consacrés. Il faut souligner les efforts du CNC et de certains distributeurs pour promouvoir le court métrage : il est de plus en plus fréquent de voir en salle des programmes constitués uniquement de courts métrages. Ce type de film profite également du développement de la télévision, plusieurs chaînes achetant et diffusant régulièrement des courts métrages. Enfin, l'essor du DVD offre un nouveau support de diffusion à ces films, sous forme de suppléments ou de DVD leur étant exclusivement dédiés. Depuis 1989, il existe, en France, un magazine consacré au court métrage, Bref, le magazine du court métrage, qui parait cinq fois par an. Ce magazine est édité par l'Agence du court métrage fondée en 1983. Depuis 2007, chaque numéro est livré, aux abonnés, avec un DVD de films critiqués dans le numéro. Les Editions Yellow Now ont publié, en 2004, Une Encyclopédie du court métrage français. La loi de 1940 (Loi de réglementation de l'industrie cinématographique, confirmée par la loi du 29 septembre 1948) constitue une étape majeure en instaurant une protection du court métrage :

      • le passage d'un court métrage devient obligatoire en début de séance.
      • 3% des recettes de la séance reviennent au court métrage.

En 1953, la législation supprime la rémunération automatique du court métrage au prorata des recettes brutes au profit d'une prime à la qualité puis quelques jours plus tard, supprime l'obligation de projeter un court métrage français avant chaque long métrage français. Le double programme est donc en théorie de nouveau autorisé. C'est la douche froide pour le monde du court métrage qui va se mobiliser au sein du Groupe des trente qui regroupe les meilleurs réalisateurs de court-métrage de son temps (Alexandre Astruc, Jacques Baratier, Yannick Bellon, Henri Fabiani, Georges Franju, Paul Grimault, Robert Hessens, Marcel Ichac, Pierre Kast, Roger Leenhardt, Chris Marker, Jacques Demy, Robert Ménégoz, Jean Mitry, Fred Orain, Jean Painlevé, Paul Paviot, Alain Resnais, Georges Rouquier…). Le groupe des Trente est une organisation de défense du court métrage français fondée par le manifeste du 20 décembre 1953. De nombreux cinéastes feront partie quelques années plus tard de la Nouvelle Vague (notamment Alain Resnais, Pierre Kast, Jacques Demy..). Le court métrage français va gagner en qualité. Les Journées internationales du film de court-métrage de Tours (1955-1971) (festival de cinéma a été fondé par l'Association Française pour la Diffusion du Cinéma), manifestation pionnière du genre en France, va assurer son rayonnement. Le Festival de Tours va émigrer à Grenoble, puis à Lille dans les années 1970. En 1982, le Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand est créé, il deviendra la manifestation-phare du genre, tandis que se multiplient les festivals dédiés aux courts métrages. Le court métrage représente un véritable tremplin pour les jeunes réalisateurs talentueux. Il demande beaucoup moins de moyens qu'un long métrage, et c'est pour cette raison que la plupart des plus grands réalisateurs ont commencé par réaliser des courts métrages. Mais de la même manière qu'en littérature la nouvelle est un genre qui exige de concentrer ses efforts, le court métrage impose de rassembler toutes les qualités d'un long métrage dans une durée courte. Le court métrage le plus court ayant obtenu un visa d'exploitation américain est le film Soldier Boy réalisé par Les Sholes et dure 7 secondes.

Moyen métrage : Il n'existe pas de définition légale du moyen métrage contrairement au court métrage (de 1 min à 59 min) ou au long métrage (à partir de 60 min), dont la définition légale est déterminée, en France, par le Centre National de la Cinématographie (CNC). Toutefois ce terme est régulièrement employé pour les films dont la durée est comprise entre 30 et 59 minutes. Le moyen métrage n'est pas totalement établi comme format, mais le patrimoine cinématographique regorge de films de cette durée. Certains sont diffusés dans des festivals de court métrage ou à la télévision, et bénéficient parfois de sorties en salles au même titre qu'un long métrage. Il existe un festival, unique en son genre, entièrement consacré au moyen métrage : Festival du cinéma de Brive - Rencontres du moyen métrage.

Long-métrage : film dont la définition précise dépend des normes reconnues par tel pays ou organisation. En France, selon les textes en vigueur du Centre national de la cinématographie en 1964, la durée d'un long métrage est supérieure à une heure, plus exactement à 58 minutes et 29 secondes, c'est-à-dire l'équivalent d'une bobine de film de 35 mm standard de 1 600m. L'Academy of Motion Picture Arts and Sciences, l'American Film Institute, et le British Film Institute définissent un long métrage (feature film) comme un film de 40 minutes ou plus. The Story of the Kelly Gang, un film australien réalisé par Charles Tait, en 1906 est le premier long métrage de l'histoire du cinéma. En France, le premier long métrage est L'Enfant prodigue, de Michel Carré, sorti en 1907, qui dure 1h30. Depuis les années 1920, les films qui sortent dans la grande majorité des salles sont habituellement des longs métrages, dont la durée est en principe supérieure à 70 minutes, et le plus généralement d'une durée d'au moins 90 minutes, même si les films de 2 heures ou plus ne sont pas rares. Au XXIe siècle, lorsqu'on parle de « film », le large public suppose qu'il s'agit d'un long métrage.

 

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Genre cinématographique ou télévisuel

Le genre cinématographique permet de catégoriser les films en fonction de la thématique du scénario. Certains cinéastes récusent totalement la catégorisation de leur œuvre et la pertinence de toute classification de ce type, dont la démarche est purement didactique.

Film institutionnel ou film d'entreprise : film de communication interne ou externe d'une société, association, institution ou d'un groupe (mariage). Les origines du film institutionnel remontent à la naissance du cinéma puisque le premier film projeté de l’histoire du cinéma, La Sortie de l'usine Lumière à Lyon, est un film d'entreprise. Destiné à promouvoir l’image de son commanditaire, le film institutionnel a comme objectif de faire connaître ou de présenter l'ensemble des activités du commanditaire. L'entreprise ou l'institution communique sur son savoir-faire, ses valeurs, ses chiffres clés et ses produits. Un film institutionnel peut adopter la forme d'une publicité TV ou d'un reportage. Ce sont des agences de communication spécialisées dans l’audiovisuel ou des sociétés de production qui produisent ce genre de films. Il vise différents publics tels que le personnel de l'entreprise, ses actionnaires, ses fournisseurs ou même ses clients. Le film institutionnel n'est généralement pas destiné à être diffusé auprès du grand public. Sa diffusion peut avoir lieu en introduction à un évènement, dans un hall d’accueil, sur un stand lors d’un salon etc. On utilise de plus en plus le terme "corporate" pour "corporate films" mais ce terme ne s'applique qu'au secteur privé.

Buddy movie ou buddy film : (film de copains en anglais) est un genre qui consiste à placer dans l'intrigue principale deux héros très différents, souvent aux antipodes l'un de l'autre, qui doivent travailler ensemble, ce qui provoque entre eux des problèmes de communication. Malgré tout, ils finiront par s'entendre et s'apprécier. C'est une spécialité américaine que l'on retrouve souvent dans les blockbusters comme L'Arme fatale et Men in Black. On le retrouve aussi dans le cinéma français, notamment avec Louis de Funès et Bourvil dans Le Corniaud, ou encore Gérard Depardieu et Pierre Richard dans La Chèvre.

Comédie : elle a pour but de divertir en représentant les ridicules des caractères (burlesque) et des mœurs (habitudes relatives à la pratique du bien et du mal), d'une société. Il existe la comédie policière et la comédie romantique ou sentimentale.

Comédie dramatique : genre qui utilise les caractéristiques de la comédie à des fins dramatiques. Il ne s'agit donc pas obligatoirement d'une alternance plus ou moins équilibrée entre des scènes humoristiques et des scènes dramatiques.

Parodie : genre qui utilise le cadre, les personnages, le style et le fonctionnement d'une œuvre pour s'en moquer. Elle se base entre autres sur l'inversion et l'exagération des caractéristiques appartenant au sujet parodié. La poursuite d’une intention humoristique permet à la parodie d’échapper au monopole de l’auteur et à la contrefaçon d‘une œuvre.

Drame : genre qui traite de situations non-épiques dans un contexte sérieux, sur un ton plus susceptible d'inspirer la tristesse que le rire. Généralement, un drame repose sur un scénario abordant avec le moins d'humour possible un thème grave (la mort, la misère, le viol, la toxicomanie…) qui peut être douloureux, révoltant ; une injustice. Il peut s’inspirer de l'histoire (avec des thèmes comme la Shoah) ou de l'actualité. Cependant, il ne faut pas confondre le drame avec la tragédie qui n'existe pas au cinéma, si l'on excepte des adaptations de romans ou de pièces de théâtre, et qui finit toujours par la mort d’au moins un des protagonistes (Roméo et Juliette, Notre-Dame de Paris…). Le drame peut être proche du film catastrophe.

Mélodrame : Au XIXe siècle, le mélodrame était un genre théâtral dramatique populaire caractérisé par l'emphase du style, l'exacerbation des émotions, le schématisme des ressorts dramatiques et l'invraisemblance des situations opposant des figures manichéennes. Les élans dramatiques étaient par ailleurs soulignés par des plages musicales et le paroxysme y était allègrement employé pour susciter l'émotion du spectateur. Peu après sa naissance, le cinéma a repris ce genre pour produire des films constitués d’une série d’oscillations violentes entre les moments de bonheur et les moments de détresse présentés avec la menace constante que le pire finisse par triompher. Les Deux Orphelines de David Wark Griffith est considéré comme le film qui opère le passage définitif du mélodrame du théâtre au cinéma. Dès ses débuts, le genre est méprisé ou minimisé et souffre d'une utilisation péjorative : le mélodrame est réduit à une recette narrative qui manipulerait l'émotion du public et n’offrirait qu’une représentation indigente et excessive. Le mot lui-même se définit mal, entre grand spectacle, sensationnalisme, affrontement de figures morales, rhétorique de l'excès ou psychologie du sacrifice et pathos. Les films mélodramatiques reprennent la figure de la victime et s'orientent vers le spectaculaire, le romanesque et la catastrophe. Dès ses débuts, il prend pour modèle le roman du XIXe siècle. Il met souvent en scène des conflits de pouvoir et de sentiments entre des êtres appartenant à un milieu social aisé. Néanmoins, la pauvreté peut être un élément clé du récit, notamment le motif de l'amour contrarié par la différence de milieu suite à une ascension subite de l'un des amants (L'Opinion publique de Chaplin). Les thèmes principaux tournent autour de l'innocence persécutée, la foi trahie, la mise en couple contrariée, l'amitié hypocrite ou éternelle, l'amour absolu, les coups de la fortune imprévus, les enfants trouvés, les héritages captés, la vengeance implacable et le triomphe du faible suivant celui du tyran ou du méchant. À la fin des années 1940, le mélodrame s'intéresse à des figures féminines en quête d'émancipation et menacées par une société patriarcale (Caught de Max Ophüls). Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk (1956) installe un univers cossu, banlieusard et provincial caractéristique, repris plus tard par Todd Haynes dans Loin du paradis ou Marc Cherry dans la série Desperate Housewives. L'arrivée du technicolor lui permet d'utiliser la couleur comme ressort central de son langage et de son expressivité ce qu'inaugure Autant en emporte le vent en 1939, le tableau-phare de l’école mélodramatique moderne portée par une esthétique romantique et une palette éclatante de teintes automnales. Deux tendances du mélodrame sont mises en opposition : le mélodrame sérieux, fidèle aux thèmes du genre mais maîtrisant ses effets pour véhiculer un message social, proche d'une réalité historique et le mélodrame flamboyant, tourné vers l'onirisme, l'imaginaire romanesque et l'artificialité revendiquée. On peut retrouver cette opposition aujourd'hui entre les mélodrames de Clint Eastwood et de Pedro Almodóvar. Tombé en désuétude dans les années 1960 avec l'effondrement des grands studios, le genre intéresse peu les nouveaux indépendants qui s'emparent du système dans les années 1970 mais il connaît une renaissance à partir des années 1990 grâce à des œuvres comme Le Patient anglais (1996) et Titanic (1997).

Film historique : il a pour vocation de restituer un événement réel. L'historien Robert Rosenstone, dans son article « Film historique / vérité historique » propose une définition du film historique : « Le film historique ne remplace ni ne complète l'histoire écrite. Il reste adjacent à l'histoire écrite, comme la tradition orale et la mémoire. La différence entre cette pratique et la pratique historique écrite est si grande qu'elle justifierait peut-être qu'on la rebaptise.

Film biographique ou biopic : fiction centrée sur la description biographique d'un personnage principal ayant réellement existé. Les événements et l'environnement de son époque sont donc subordonnés à son récit. Le genre est devenu populaire particulièrement depuis les années 1980 grâce aux progrès des techniques d'imagerie rendant possible la reconstitution de paysages et de zones urbaines d'époque crédibles pour le spectateur, voire la fusion d'images d'archives avec des images tournées pour le film, comme dans Aviator de Martin Scorsese où ont été mélangés, après avoir été colorisés et traités, des plans de reportage en noir et blanc de la première du film Les Anges de l'enfer (1930) avec les acteurs du film. Ce genre de film est parfaitement intégré au star system dans la mesure où le choix de l'acteur qui incarne le personnage est lui aussi facteur d'adulation : on va voir un biopic autant pour le personnage que pour l'interprète qui le joue, la relation d'identification profitant à la carrière de ce dernier et à son image auprès du public. C'est particulièrement le cas pour l'interprétation d'Ali où les efforts draconiens de Will Smith pour prendre du poids afin de coller à la corpulence du boxeur accompagnent a posteriori l'aura de l'acteur, identifié au sein de la communauté noire pour avoir représenté la figure qui participa à l'accession de celle-ci aux titres les plus prestigieux du monde de la boxe américaine.

Film autobiographique : film inspiré par la vie de l'auteur, comme Les Quatre Cents Coups, de François Truffaut ou Le Miroir, d'Andreï Tarkovski.

Péplum : le premier film de ce genre (et le plus court, moins d'une minute) dans l'histoire du cinéma est Néron essayant des poisons sur un esclave produit par les frères Lumière et réalisé par Georges Hatot (1896). Depuis le début des années 1950, grâce aux productions italiennes et américaines, ce mot désigne les films dont l'action se situe historiquement dans l'Antiquité et, en particulier, celle de la Rome antique, de la Grèce antique (et mythologique) et de l'Égypte antique. Il existe aussi des péplums bibliques basés sur l'Ancien ou le Nouveau Testament. Selon Claude Aziza, maître de conférences honoraire de langue et littérature latines à l'université La Sorbonne, les recherches des occurrences du mot dans la presse et la littérature indiquent une apparition en 1963 dans un milieu cinéphile lié au metteur en scène Bertrand Tavernier. Dans le numéro 68 de CinémAction (1993) consacré au Panorama des genres au cinéma, Claude Aziza proposait une ébauche de définition du péplum : « On surnommera péplum tout film dont le sujet se passe dans une Antiquité qu'on fera commencer à la période biblique et terminer à l'aube du haut Moyen Âge. » Sa place dans l'histoire du cinéma (dès sa naissance) prouve son importance. À la fois noble (il traite de l'histoire, de la religion, utilise des auteurs tels que Homère ou Flaubert) et vulgaire (exploitant la violence et l'érotisme, voire le rire et l'invraisemblance). Puisant dans le riche catalogue de la légende et de l'histoire, il offre aux acteurs à tendance cabotine la possibilité d'incarner des personnages prestigieux (en tête, Jésus et Néron, ce qui souligne l'aspect manichéen du genre) et aux stars séduisantes l'occasion d'exhiber dans des tenues légères leur anatomie parfaite. Le péplum enfin constitue un bon repère pour jauger la qualité d'une production (budgets, imagination ou rigueur) suivant les lieux et les époques.

Film de cape et d'épée : le contexte de ces films est celui des époques allant du Moyen Âge à la veille de la Révolution française en passant par la Renaissance, les guerres de religion, les siècles de Louis XIII et de Louis XIV. Certains sont inspirés par des œuvres littéraires du XIXe siècle d'Edmond Rostand de Paul Féval,de Michel Zévaco et surtout d'Alexandre Dumas. Très tôt, ce genre cinématographique fit l’objet de différentes adaptations. L'œuvre fondatrice, en France, dans le genre pourrait être L'Assassinat du duc de Guise en 1908.

Film d'aventure : genre caractérisé par la présence d'un héros fictif ou non, tirant son statut du mythe qu'il inspire, l'action particulière qui s'y déroule, l'emploi de décors particuliers, parfois le décalage temporel par rapport au contemporain ainsi que les invraisemblances voulues caractérisant ainsi son excentricité, le tout véhiculant une idée générale de dépaysement.

Road movie : genre qui signifie littéralement « film sur la route ». Le périple routier est le fil conducteur du scénario, tout au long du film. Le terme de road movie apparaît dans les années 1960 aux États-Unis avec la sortie d'Easy Rider de Dennis Hopper en 1969. Néanmoins, Pierrot le fou (1965) de Jean-Luc Godard est aussi considéré comme un précurseur du genre. Walter Moser rappelle que le cinéma est apparu, comme l'automobile, à la fin du XIXe siècle. Pour lui, l'automobile est l'outil qui permet la mobilité individuelle, tandis que le cinéma est le média qui permet de représenter la mobilité du monde moderne. Pour Walter Moser, le road movie a pour fonction de réaffirmer le rôle de l'automobile comme pur moyen de mobilité individuelle et comme symbole de liberté.

Thriller : le thriller commence avec la littérature qui fournit des scénarios en quantité. La caractéristique commune des œuvres appartenant à ce genre est de chercher à provoquer chez le spectateur ou le lecteur une certaine tension, voire un sentiment de peur (qu'il doit cependant trouver agréable) à l'idée de ce qui pourrait arriver aux personnages dans la suite du récit. Cela se fait souvent par des moyens assez stéréotypés, tels que des séquences filmées au ralenti, une action soutenue, un héros doté de multiples ressources (au cinéma, « thriller » peut être considéré comme synonyme de « film à suspense »), souvent des intrigues secondaires qui viennent contrecarrer le développement de la principale, et de rebondissements de l'intrigue (en particulier dans les dernières scènes, ce qui permet de produire une suite commercialement intéressante). Pour obtenir la tension narrative nécessaire au genre, le récit adopte souvent le point de vue de la victime ou suit de très près ce personnage en relatant ses craintes et ses angoisses. Le genre est apparenté au roman à suspense ou roman de la victime.

Film catastrophe : genre à suspense dont l'intrigue met en scène une catastrophe naturelle (tremblement de terre, raz-de-marée, chute de météorites, etc.) ou technologique (explosion nucléaire, crash aérien, naufrage, incendie, etc.) et les conséquences qui en découlent. La vogue du cinéma catastrophe commence en 1970 par la sortie de Airport, un film de George Seaton ayant pour intrigue une catastrophe aérienne. Il est suivi en 1972 avec la sortie de L'Aventure du Poséidon de Ronald Neame. Bénéficiant d'un budget impressionnant de 42 millions de dollars, le film met en scène des survivants qui doivent sortir d'un paquebot renversé par une gigantesque vague. Le film a reçu huit nominations aux Oscars 1973, remportant celui de la meilleure chanson et un prix spécial pour ses effets visuels. En 1974 sort Tremblement de terre (quatre nominations aux Oscars 1975), qui décrit une série de violents tremblements de terre qui ravagent Los Angeles. Mais il est éclipsé par ce qui est considéré par de nombreux critiques comme le plus grand film catastrophe des années 1970 : La Tour infernale de John Guillermin, dont l'intrigue raconte un gigantesque incendie dans un gratte-ciel de San Francisco. Le film, nommé aux Oscars 1975, est récompensé pour la meilleure photographie, le meilleur montage et la meilleure musique originale. Suivent une dizaine d'autres films catastrophes plus ou moins réussit. Les énormes progrès des effets spéciaux numériques donnent au film catastrophe un nouveau souffle dans les années 1990 : Independence Day, Le Pic de Dante, Daylight, Volcano, Apollo 13, Twister, Armageddon, Deep Impact et surtout Titanic de James Cameron, récompensé onze fois lors de la 70e cérémonie des Oscars.

Film policier : genre qui met en scène le milieu du crime ou de la police. La plupart des films policiers sont construits autour de la résolution d'une enquête par un policier ou un détective, en mettant souvent en avant de manière prononcée les rôles de criminels ou de délinquants. Cependant, il englobe une grande variété de genres comme le film de gangster où le criminel joue le premier rôle. Les films policiers entre 1910 et 1939 ont été influencés par les romans policiers. Les influences ont été réciproques, aussi, parce que les films policiers influencent aussi les romans policiers. Après 1930, le cinéma muet devient sonore et parlant et le cinéma a pris de nouvelles voies. Les films policiers montrent bas-fonds, nuit, pluie et campagne frileuse. Pendant l'Occupation, les films policiers deviennent sombres et pessimistes, souvent avec des sujets qui feignent de s'éloigner de l'actualité pour échapper à la censure des Nazis. Le genre s'est popularisé à partir du cinéma américain des années 1940, adoptant souvent l'esthétique du film noir. Il est connexe à d'autres genres comme le film d'espionnage et le film d'action qui ont hérité de beaucoup de ses éléments, ainsi que le thriller qui joue sur le temps et la peur. Entre 1960 et 1968, la Nouvelle Vague a commencé. Plusieurs films policiers dépassent les 500 000 entrées grâce à la série noire. Après les bagarres de mai 1968, les films deviennent plus politiques et contestataires et les films dénoncent des inégalités sociales comme le racisme, la corruption et l’injustice. Entre 1982 et 1988, les films policiers sont devenus plus calmes que les films de la période révolutionnaire. Néanmoins, il y avait encore des films qui discutent de problèmes comme la drogue et le chômage. Pendant cette période, les différents genres, comme le drame psychologique, film noir, ou les films d’action ou d’espionnage tendent à se mélanger avec les films policiers.

Film d'espionnage : genre lié à l'espionnage de fiction, réalisé dans un traitement réaliste ou comme base fantaisiste. De nombreux romans d'espionnage ont été adaptés au cinéma, même si dans de nombreux cas (tel James Bond) le ton général des œuvres a été modifié. Le film d'espionnage émerge avec le cinéma muet, à la suite du théâtre d'espionnage, dans le contexte paranoïaque de la littérature d'invasion et le début de la Première Guerre mondiale. On trouve ainsi les films britanniques The German Spy Peril (1914) et O.H.M.S (1913). Alfred Hitchcock popularisa ultérieurement le film d'espionnage dans les années 1930 avec ses thrillers L'Homme qui en savait trop (1934), Agent secret (1936). La popularité des films d'espionnage atteint son apogée durant les années 1960, quand les craintes de la Guerre froide correspondaient avec le désir des spectateurs de trouver de l'excitation et du suspense dans les films. À cette époque apparaissent d'un côté des films réalistes comme l'adaptation L'Espion qui venait du froid (1963), de l'autre côté des films fantaisistes comme la série des James Bond à partir de 1962. Le film d'espionnage a connu un regain d'intérêt à la fin des années 1990, bien que ceux-ci furent plutôt des films d'action ou des comédies avec des éléments d'espionnage.

Film d’action : genre met en scène une succession de scènes spectaculaires souvent stéréotypées (course-poursuites, fusillades, explosions…) construites autour d'un conflit résolu de manière violente, généralement par la mort des ennemis du héros. Ce sont les nombreuses scènes spectaculaires qui jalonnent tous ces longs-métrages (explosions multiples, bagarres, chutes dans le vide…) qui leur valent d'être qualifiés de « films d'action ». Certains critiques qualifieront de « films d'action » des westerns, des péplums ou des films de gangsters, ce que ne font pas les spectateurs pour qui « film d'action » est synonyme de grandes explosions et de destructions en série, et pour qui cette expression n'évoque pas John Wayne ou Charlton Heston mais plutôt Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger. Le cinéma d'action se rattache essentiellement au cinéma populaire car très spectaculaire. Nombre de ses œuvres s'achèvent par une « happy-end » et reposent sur des éléments familiers au grand public (héros fort et courageux, personnage féminin séduisant avec lequel ce dernier aura une liaison, méchants infâmes, second rôle humoristique, etc.). Par ailleurs, on reproche souvent aux films d'action de n'accorder qu'une faible importance à la profondeur psychologique de leurs personnages et de reposer sur des intrigues stéréotypées qui ne sont, dans certaines œuvres, qu'un prétexte pour ménager des scènes spectaculaires. Le cinéma d'action est également caractérisé par son manque délibéré de réalisme. Il n'est pas rare d'y voir un héros tuer à lui seul une dizaine de méchants armés jusqu'aux dents et éviter toutes les balles ou survivre à une explosion avec seulement quelques égratignures. D'après un essai cinématographique effectué par un réalisateur allemand, la codification du film d'action du type block buster a évolué au cours de la fin du XXème siècle pour devenir un style de film chaotique. Les shaky cam, coupes plus fréquentes et plans serrés ont amené un déstructuration du film, le rendant plus confus, hyperréaliste et visant à submerger le spectateur. Ces changements ont peut-être plusieurs origines : technologiques (multiplication des caméras) et sociétale (public plus habitué à l'instantanéité, l'information parcellaire).

Film de super-héros : film présentant des caractéristiques des films d'action, de science-fiction ou de fantasy et mettant en scène les actions d'un ou plusieurs super-héros, individus qui possèdent des pouvoirs surhumains et s'en servent pour protéger la population. Ces films sont généralement orientés vers l'action et ont souvent en commun la présentation de l'origine des pouvoirs des super-héros ainsi que l'apparition d'un ou plusieurs super-vilains. La plupart des films de super-héros sont basés sur des comics, Marvel, DC et Dark Horse en étant les éditeurs les plus connus. D'autres, tels que Les Indestructibles, Incassable et Hancock sont des scénarios originaux. Peu après l'apparition des super-héros dans les comics, leurs aventures sont adaptées au cinéma sous formes de serial visant un jeune public, le premier étant Adventures of Captain Marvel en 1941. Des serial sur Batman (1943) et Superman (1948) suivent par la suite. Dans les années 1950 et 1960, le déclin des serial et l'instauration du Comics Code Authority met provisoirement fin au genre, à l'exception de la série télévisée Les Aventures de Superman et du film Batman (1966). En 1978, Superman, de Richard Donner, est le premier film moderne de super-héros et marque le renouveau du genre en étant un immense succès commercial. Il connaît plusieurs suites dans les années 1980 mais celles-ci ont de moins en moins de succès. En revanche, Batman de Tim Burton, connaît un immense succès. Dans les années 1990, les productions s'accélèrent. Les Tortues Ninja (1990) et ses deux suites, la série des Batman, continue pour sa part à connaître le succès commercial. The Crow (1994), d'Alex Proyas, présente la caractéristique d'être beaucoup plus sombre et violent que les autres films de super-héros. Le succès de The Crow ouvre la voie pour Spawn (1997) et Blade (1998), films plus orientés sur l'action et dont les héros sont plus sombres. Mais c'est pendant les années 2000 que les films de super-héros prennent véritablement leur essor, plusieurs films basés sur l'univers Marvel se révélant être très profitables. La domination des films Marvel commence avec X-Men (2000), de Bryan Singer, et se confirme avec l'immense succès rencontré par la série Spider-Man (2002), de Sam Raimi, Hulk (2004), Iron Man (2008). Mais c'est un film basé sur l'univers DC Comics, The Dark Knight : Le Chevalier noir (2008), de Christopher Nolan, qui remporte le plus grand triomphe, aussi bien au niveau commercial que critique. Superman Returns (2006), de Bryan Singer, rencontre lui un succès mitigé au box-office (dû à un développement coûteux et extrêmement long). Les films de super-héros se déclinent également sous forme de films d'animation, avec Les Indestructibles (2004) et Megamind (2010). Les films de super-héros continuent à sortir à un rythme soutenu pendant les années 2010. En 2012, Avengers de Joss Whedon entre dans le cercle très fermé des films ayant rapporté plus d'un milliard de dollars de recettes au box-office et détrône The Dark Knight en tant que plus grand succès commercial au cinéma pour un film de super-héros.

Film de gangsters : genre de film policier qui se distingue par le fait que le criminel joue le premier rôle. Il puise ses origines dans le crime organisé américain des années 1920 et ses héros comme Al Capone. Néanmoins, le premier film de gangster reste Cœur d'apache (1912) de David Wark Griffith. Le contexte historique est généralement celui de la prohibition ou de la Grande Dépression. Les films de gangsters apparaissent vraiment vers 1930 et prolifèrent durant la décennie qui suit. Dans les années 1940 et 1950, il s'efface au profit du film noir qui connaît la gloire à cette époque. Ensuite, le film de gangsters refait surface à partir de 1970 sous l'impulsion de Francis Ford Coppola et Martin Scorsese.

Film noir : genre apparu aux États-Unis et fortement inspiré des nouvelles de détective de Dashiell Hammett ou Raymond Chandler. Bien qu'il s'agisse d'un genre typiquement américain, le terme film noir est né sous la plume d'un critique de films français, Nino Frank, par assimilation à la Série noire, une collection de romans de détective privé. Le film noir met généralement en scène un personnage emprisonné dans des situations qui ne sont pas de son fait et acculé à des décisions désespérées. Le crime, l'infidélité, la trahison, la jalousie et le fatalisme sont des thèmes privilégiés. Le Faucon maltais (1941) de John Huston est souvent considéré comme le premier film du genre noir. Le film noir est pessimiste par essence. L'archétype du protagoniste est un détective privé de second ordre, cynique et blasé, embauché pour une enquête dont les véritables implications lui sont cachées par son commanditaire. Son enquête l'amène le plus souvent à rencontrer une femme fatale qui le manipule par avidité, causant ainsi leur perte. La Soif du mal tourné en 1958 par Orson Welles est considéré comme le dernier film noir classique. D'autres films reprenant les canons du film noir, tournés après cette date, sont généralement qualifiés de néo-noirs par les Anglo-Saxons. On relie l'apparition de la femme fatale dans le cinéma américain aux effets de la Seconde Guerre mondiale. Pendant celle-ci, de nombreuses femmes obtinrent des postes à responsabilités, ce qui accrut leur émancipation et désorienta les sociétés. Le film noir disparaît à la fin des années 1950 sous l'effet de la concurrence de la télévision, qui traita souvent des mêmes sujets comme le feuilleton Les Incorruptibles qui passa à la télévision de 1959 à 1962. Les réalisateurs spécialistes de film noir partirent souvent en Europe, où ils tournèrent des péplums. Le film noir possède une véritable identité visuelle qui a été largement imitée par la suite. Les éclairages expressionnistes sont fortement contrastés, laissant de larges plans de l'écran dans l'obscurité. Le décor est souvent urbain, et les espaces sont alors restreints (pas d'échappée sur une place ou une grande avenue). La campagne ou la petite ville est idéalisée, représentant l'Amérique des origines. En ville, on retrouve souvent le trottoir humide, comme après une pluie, les scènes nocturnes y sont nombreuses. Les films noirs mettent souvent en scène des personnages principaux complexes et ambigus, dont le passé est souvent peu reluisant, et des seconds rôles riches et autonomes, en rupture avec les poncifs traditionnels. Des techniques inhabituelles, telles que la voix off ou la caméra subjective, affirment le style noir. Le film noir apparaît dans la lignée des films de gangsters américains des années 1930, mais des apports stylistiques européens lui ont déjà donné une identité visuelle propre. L'esthétique du film noir doit beaucoup à l'expressionnisme allemand et aux réalisateurs émigrés, tels que Fritz Lang, qui fuyaient la montée du nazisme. L'autre influence principale provient du néoréalisme italien. Après 1945, les films noirs adoptèrent un aspect néoréaliste, filmant dans des extérieurs urbains (plutôt qu'en studio). Une bonne illustration de cette évolution est Assurance sur la mort (1944) qui est souvent considéré comme l'archétype du film noir. La Nouvelle Vague française a été en connexion directe avec le genre du film noir.

Film de science-fiction : genre structuré par des hypothèses sur ce que pourrait être le futur ou ce qu'aurait pu être le présent voire le passé (planètes éloignées, mondes parallèles, uchronie, etc.), en partant des connaissances actuelles (scientifiques, technologiques, ethnologiques,, etc.). Elle se distingue du fantastique qui inclut une dimension inexplicable et de la fantasy qui fait souvent intervenir la magie. Grâce au cinéma le lectorat a grandement augmenté et les romans de science fiction représente aujourd'hui une industrie hautement lucrative. La science-fiction est d'ailleurs un des genres majeurs du cinéma, soit sous la forme d’adaptations d’œuvres littéraires, soit sous la forme de créations originales. Le Voyage dans la Lune (1902) de Georges Méliès est considéré comme le premier film de science-fiction. Parmi les films importants, on peut retenir 2001 l’Odyssée de l’espace (1968) de Stanley Kubrick, Star Wars (1977) de George Lucas et Alien - Le huitième passager (1979) de Ridley Scott. Les années 1980 peuvent être considérés comme la décennie de la science-fiction ; E.T. l'extra-terrestre de Steven Spielberg et la trilogie Retour vers le futur de Robert Zemeckis. Le cinéma de science-fiction s'est considérablement diversifié à partir des années 1990 avec Jurassic Park de Steven Spielberg, ainsi qu'Independence Day (1996) de Roland Emmerich. La combinaison avec la comédie fut possible grâce à Men in Black de Barry Sonnenfeld. Plus récemment, Matrix de Andy et Larry Wachowski ouvrit une nouvelle ère pour la science-fiction, avec pour thème le danger d'un monde informatisé. Cela n'empêcha pas les retours aux sources avec le remake La Guerre des mondes et Minority Report, deux films réalisés par Steven Spielberg. L’idée que l’on a du film de science-fiction est souvent associée à une débauche d’effets spéciaux, mais il existe des films dits de « science-fiction minimaliste », qui mettent en scène la fiction sans aucun effet spécial, uniquement en jouant avec le cadrage, la mise en scène, le jeu d’acteurs et la musique comme Solaris d’Andrei Tarkovsky (1979) et Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol (1997). Concernant le cinéma d’animation, les Japonais occupent une place prépondérante tant au cinéma qu’à la télévision avec notamment des réalisateurs comme Leiji Matsumoto (univers d’Albator et ses dérivés) et Mamoru Oshii (Ghost in the Shell). La déferlante des séries d’animation japonaises (parfois co-produites avec des Français ou des Américains), qui constituèrent l’essentiel des programmes jeunesse de la télévision française durant la décennie 1978-1988, contribua largement à populariser le genre en France, bénéficiant d’une diffusion médiatique de masse sur des chaînes hertziennes aux heures de grande audience. De ce fait, des séries telles que Goldorak, Capitaine Flam, Albator et Ulysse 31 ont marqué une génération d’enfants français.

Film fantastique : genre regroupant des films faisant appel au surnaturel. L’intrigue se fonde sur des éléments matériellement impossibles et irrationnels (existence de créatures légendaires telles que les vampires ou les loups-garous, apparitions de fantômes, voyage dans l’au-delà, etc). Le cinéma fantastique ne doit pas être confondu avec le cinéma de science-fiction, qui, certes, met souvent en scène des faits considérés comme impossibles, mais les présente toujours comme rationnels. Ainsi, le héros de Retour vers le futur voyage dans le temps grâce à un procédé scientifique, à savoir une machine conçue à cet effet. Cette œuvre relève donc de la science-fiction, par opposition au film les Visiteurs, qui met également en scène un voyage dans le temps, mais ne lui donne pas d'explication rationnelle (les héros voyagent dans le temps grâce à la magie, grâce à l'action d'un enchanteur) et relève donc du fantastique (plus précisément, il s'agit d'une comédie fantastique). Le cinéma fantastique existe dès les débuts du cinéma grâce aux films de Georges Méliès. En France, les années 1930 donnent le jour au film surréaliste de Jean Cocteau, Le Sang d'un poète (1930). Suivent dans les années 1940 des films fantastiques dominés par le poétique comme Les Visiteurs du soir (1942) de Marcel Carné, La Main du diable (1942) de Maurice Tourneur, La Belle et la Bête de Jean Cocteau.

Film de vampires : Après les représentations du Dracula de Bram Stoker au théâtre, le mythe est porté à l'écran. Le premier film évoquant un vampire est Nosferatu le Vampire de Friedrich Murnau, en 1922. Vampyr, ou l'étrange aventure de David Gray de Carl Theodor Dreyer, sorti en 1932, met en scène une femme vampire. En 1931, Bela Lugosi renouvelle le genre en tenant la vedette dans Dracula, réalisé par Tod Browning. Le deuxième acteur le plus représentatif du rôle de Dracula est Christopher Lee qui apparaît en 1958 dans le film de Terence Fisher Le Cauchemar de Dracula. Lee a joué ce rôle dans une dizaine de films. Avec l'interprétation de Lugosi, le cinéma passe d'une créature hideuse à celui d'un vampire mondain et distingué. Celle de Lee combine l'allure aristocratique du personnage et ses traits monstrueux, représentés par des canines souvent dégoulinantes de sang. Le cinéma présente ensuite des œuvres plus ou moins noires ou parodiques sur le thème des vampires : Le Bal des vampires de Polanski en 1967 est une parodie qui tourne en ridicule tous les poncifs du mythe. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, le cinéaste français Jean Rollin contribue à érotiser très fortement le mythe. Au début des années 1990, le thème des vampires revient en force sur les écrans avec Dracula de Francis Ford Coppola en 1992, fidèle adaptation du roman de Stoker, puis avec Entretien avec un vampire de Neil Jordan en 1994, adaptation d'un roman d'Anne Rice. Par la suite, la production de films sur ce thème augmente et des séries apparaissent. On peut citer le film suédois Morse, réalisé par Tomas Alfredson en 2008. Dans les années 2000, trois séries connaissent le succès. La saga Blade d'abord qui met en scène un chasseur de vampires à moitié vampire. La saga Underworld qui présente le conflit sans merci entre deux races immortelles et légendaires : les Lycans (loups-garous) et les Vampires. Enfin, la saga Twilight qui connaît un réel succès. Selon K. M. Schmidt en 1999, il y aurait eu, depuis les débuts du cinéma, plus de 650 films de vampires réalisés. Le mythe du vampire est en effet parmi les plus exploités par le septième art, ainsi que dans la publicité, de façon souvent humoristique.

Film de Zombies : genre au croisement du film d'horreur et du fantastique. Il se caractérise par la présence de zombies, cadavres humains ressuscités par l'intermédiaire d'une pratique magique, religieuse, scientifique ou d'origine inconnue. De 1915 à 1934, alors que les États-Unis occupent Haïti, un certain nombre d'ouvrages américains paraissent sur le vaudou. La plupart de ces livres, des best-sellers pour beaucoup, visent à faire passer cette religion pour une entreprise démoniaque, et à décrédibliser le désir d'indépendance qu'elle est censée manifester. Ces livres à succès comme L'Île magique du reporter et explorateur William Buehler Seabrook amènent réalisateur et producteur de cinéma à s'intéresser au sujet. Le premier film du genre, White Zombie de Victor Halperin, sorti en 1932, fixe une structure qui sera reprise pendant plus de trente ans par les réalisateurs américains et européens : le zombie est alors un mort qui obéit à la personne qui lui a redonné la vie. En 1968, avec La Nuit des morts-vivants, George Romero transforme le zombie qui n'est plus une marionnette au service d'un démiurge, mais un mort-vivant cannibale qui contamine ses victimes, menaçant l'humanité entière. Cette structure se retrouve dans de nombreux films jusqu'au milieu des années 1990. Le genre évolue dans une surenchère du gore (Braindead de Peter Jackson, sorti en 1992), et est parfois tenté par la voie parodique. Après une disparition des grandes productions au milieu des années 90, le film de zombies revient à la mode dans les années 2000 avec 28 jours plus tard (2002) du Britannique Danny Boyle.

Film d'horreur ou film d'épouvante : genre dont l'objectif est de créer un sentiment de peur et/ou d'angoisse chez le spectateur. L'influence de l'horreur cinématographique se fait sentir dès les débuts du cinéma. Georges Méliès est le pionnier du genre, avec des films tels que Le Manoir du diable en 1896 et La Caverne maudite en 1898. Méliès invente de nombreux procédés techniques (apparition/disparition, différence d'échelles et incrustations d'images, …), qui feront le bonheur du genre. Dès les années 1910 en France, pour le compte de Gaumont, Louis Feuillade connaît le succès avec des feuilletons, teintés d'événements macabres et de mystères : Les Vampires (1915), Fantômas, À l'Ombre de la guillotine (1913). La vogue du public pour ce genre sera véritablement lancée grâce au cinéma expressionniste allemand, dont l'œuvre emblématique reste encore Le Cabinet du docteur Caligari (1920) de Robert Wiene. Deux ans plus tard, la référence du genre, Nosferatu le vampire (1922) F.W. Murnau. L'ambiance morbide du film et la terrifiante prestation de Max Schreck, dans le rôle de Nosferatu, auront un impact considérable sur le public et les créateurs de l'époque. Le cinéma allemand de l'époque puise abondamment son inspiration dans la littérature. Le cinéma scandinave n'est pas en reste. On lui doit un des premiers classiques traitant de magie noire et de commerce avec le Diable. Coproduction suédo-danoise, La Sorcellerie à travers les âges (1922) de Benjamin Christensen. Aux États-Unis, le genre muet horrifique en gestation est dominé par deux personnages hors normes : le réalisateur Tod Browning et l'acteur Lon Chaney. D'autres réalisateurs de l'époque contribueront aussi à enrichir la légende de Lon Chaney. Ainsi, Notre-Dame de Paris de Wallace Worsley sort en 1923, et devient le premier film américain important du genre. En 1925, Le Fantôme de l'Opéra de Rupert Julian, produit par Universal Pictures, préfigure l'importance du studio dans l'essor du cinéma d'horreur durant les années 1930. En 1931, Universal Pictures produit trois films capitaux : Dracula de Tod Browning, Frankenstein de James Whale et Docteur Jekyll et Mr. Hyde de Rouben Mamoulian. Le succès de ces trois œuvres pousse la compagnie à produire d'autres films de monstres que l'on nommera les Universal Monsters entre 1932 et 1948, dont certains sont aujourd'hui des classiques, tels que La Momie (1932) de Karl Freund, L'Homme invisible (1933) de James Whale et, surtout, La Fiancée de Frankenstein (1935) du même réalisateur. En 1939, RKO Pictures produit King Kong de Schoedsack et Merian C. Cooper. Avec la guerre froide, le maccarthisme, la peur du nucléaire et des expérimentations scientifiques, les années 1950 voient l'apparition de l'horreur dans le cinéma de science-fiction comme Godzilla de Ishiro Honda (1954) qui voient des animaux mutés sous l'effet de radiations nucléaires. C'est en 1960 que sortent deux films qui vont révolutionner le genre en profondeur : Psychose d'Alfred Hitchcock et Le Voyeur de Michael Powell. L'horreur s'ancre dans la réalité, s'affranchit de son aspect fantastique. Les monstres y sont des humains psychologiquement instables, assouvissant leurs pulsions névrotiques dans le meurtre. En 1963, Hitchcock persiste dans le réalisme avec Les Oiseaux, où les monstres gothiques sont cette fois-ci remplacés par une nuées de volatiles. Toujours en 1963, Herschell Gordon Lewis réalise avec Blood Feast le premier film gore. Les pires atrocités sont alors exposées au spectateur, de la trépanation à l'éviscération, en passant par l'énucléation ou encore l'égorgement. En 1968 sort une œuvre majeure pour le cinéma d'épouvante : La Nuit des morts-vivants de George Romero. D'un pessimisme total, parsemé de scènes d'autant plus éprouvantes qu'elles sont traitées avec un grand réalisme, le film marqua durablement les esprits. La même année, Roman Polanski réalise Rosemary's Baby qui voit la religion utilisée comme élément horrifique. En 1973, inspirée Rosemary's Baby, la Warner Bros produit L'Exorciste, réalisé par William Friedkin. Le film est un succès. De ce fait, nombre de métrages traitant de satanisme verront le jour. En 1974, Tobe Hooper réalise un film d'horreur qui marque particulièrement l'histoire du cinéma : Massacre à la tronçonneuse. Malgré une violence jouant plus sur la suggestion que sur la démonstration, le film traîne toujours une réputation d'œuvre sanglante, voir gore. La faute à une atmosphère lourde et étouffante, et surtout une mise en scène et un montage particulièrement suggestif. Les Dents de la mer de Steven Spielberg rencontre le succès que l'on connaît en 1975. En 1976, David Cronenberg réalise son premier film d'horreur Frissons. La même année, Brian de Palma adapte le roman d'un jeune écrivain alors inconnu : Carrie de Stephen King. La même année, George Romero, en association avec Dario Argento donne une suite à La Nuit des morts-vivants en créant Zombie. Le film dépeint la société de consommation. La trame de Zombie s'apparente à un film d'action, gardant l'aspect gore qui caractérise les œuvres du genre. En 1979, Ridley Scott réalise Alien, le huitième passager, film mêlant science-fiction et horreur. Son succès lui vaudra trois suites. En 1981 sort Evil Dead. Sam Raimi pousse à leur paroxysme les ficelles de l'horreur, en y ajoutant un style proche de la bande dessinée et une dose d'humour slapstick. Il en résulte une œuvre particulièrement efficace, laissant peu de temps mort au spectateur. Raimi donnera deux suites à son film. Autre classique du genre, mais à tendance plus fantastique, Les Griffes de la nuit de Wes Craven sort en 1984 et voit la première apparition de Freddy Krueger. David Cronenberg réalise La Mouche (remake de La Mouche noire) en 1986. Au-delà du thème de la mutation physique et psychologique cher au réalisateur, le film est aussi l'histoire tragique de l'amour face à la maladie. En 1989, Peter Jackson réalise le film gore Braindead. Jackson n'en est pas à son coup d'essai, ayant réalisé Bad Taste, une comédie gore signée 1987. Bien qu'extrêmement sanglant, le film n'a pas pour but de créer la peur ou le dégoût. Lorsque sort le slasher de Wes Craven Scream en 1996, l'horreur est un genre en sérieuse perte de vitesse. Les grandes majors s'étant éloignées du genre, la production a sérieusement chuté, laissant essentiellement aux studios indépendants les rênes de l'épouvante. D'excellents films ont bien sûr vu le jour. L'énorme succès de Scream laisse donc espérer une relance du genre. Le film relancera avant tout le slasher. En 1999, Le Projet Blair Witch de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez devient le film le plus rentable de l'histoire, grâce à un budget dérisoire. Présenté comme un documentaire amateur, il montre le parcours de trois étudiants en cinéma partis tourner un reportage sur la sorcellerie dans une forêt. La vague de slashers post-Scream se poursuit au début des années 2000, comme la série des Jeepers Creepers ou celle des Destination finale. Mais dans l'ensemble, la mode du slasher ado est en baisse et les années 2000 marquent un retour à des films d'horreur plus violents et résolument plus adultes, rappelant la crudité visuelle des films des années 1970 et début 1980. La radicalisation du film d'horreur se poursuit avec en France Haute tension (2003) d'Alexandre Aja, et va même jusqu'à flirter avec le cinéma de torture avec Hostel (2005) d'Eli Roth et surtout la saga Saw, qui détient le Guinness des records de la franchise la plus rentable de l'histoire du cinéma d'horreur. Il y a un retour marqué aux films de zombies dans les années 2000, avec la sortie remarquée du film anglais 28 jours plus tard (2002), de Danny Boyle, frappant par sa brutalité réaliste. Ce dernier va d'ailleurs profiter de cet engouement pour les films de zombies. De 2002 à 2006, l’horreur asiatique engagée par Ring de Hideo Nakata en 1998 va faire l’objet de nombreux remakes américains (The Ring en 2002) parfois réalisés par le réalisateur original. Dark Water de Hideo Nakata, réalisé en 2002, et dans lequel l’horreur côtoie le drame familial, sera d’ailleurs couronné du grand Prix du Fantastic'Arts Festival de Gerardmer 2003. On assiste à une résurgence de films francophones d'horreur, voire de torture. On peut citer À l'intérieur (2007) d’Alexandre Bustillo et Julien Maury, Martyrs (2009) de Pascal Laugier ainsi que Sheitan (2006) de Kim Chapiron. En 2007, Paco Plaza réalise le film REC qui se distingue grâce à sa manière de filmer innovante.

Slasher : genre mettant en scène les meurtres d’un tueur psychopathe, généralement masqué, qui élimine méthodiquement un groupe de jeunes individus, souvent à l’arme blanche, et sa principale opposante est fréquemment une jeune femme. L’étymologie vient du verbe to slash, qui signifie taillader, allusion au fait que l’assassin utilise souvent des objets tranchants pour commettre ses meurtres. L’origine du slasher movie peut être à chercher du côté de films comme Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock. Mais le genre naît véritablement dans les années 1970, avec Black Christmas (1974), qui inspirera directement Halloween (1978), énorme succès qui bouleverse le film d’horreur en établissant les codes du slasher. La particularité du Slasher est qu'il met en avant le psychopathe auteur des crimes, de par son histoire, son mode opératoire et son accoutrement. On se souvient davantage du meurtrier des films que de ceux qui doivent le combattre, ce qui fait de lui une véritable légende urbaine. Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974) ou encore la saga des Freddy initiée par Wes Craven en 1984, sont d'autres titres cultes du Slasher. En 1996, Wes Craven dépoussière le genre avec Scream, en reprenant les ingrédients de la vieille recette pour les remettre au goût du jour. Il réveille l’intérêt des spectateurs et réussit à renouer avec le succès, qui fut d’une telle ampleur que le film connut trois suites et plusieurs parodies, et lança à lui seul une nouvelle vague de slashers comprenant des titres comme Souviens-toi… l’été dernier ou l’épisode anniversaire d’« Halloween », Halloween, 20 ans après. Quasiment toutes les œuvres-phares des années 70-80 ont également eut droit à leur remake. L’apparition d’une nouvelle vague de films d’horreur, plus durs et plus violents, les neo slashers, ont fait leur apparition (Saw, Hostel).

Film gore : genre caractérisé par des scènes extrêmement sanglantes et très explicites dont l'objectif est d'inspirer le dégoût au spectateur. En anglais moderne, le mot gore désigne le sang. Le cinéma gore tire ses racines esthétiques du théâtre du Grand Guignol, qui présentait des spectacles sanglants et réalistes. La première apparition de mutilation réaliste du corps humain dans le cinéma remonte à Intolérance de D. W. Griffith (1916), qui comporte plusieurs scènes grand-guignolesques tels que deux décapitations à l'écran ou qu'une lance pénétrant lentement l'abdomen nu d'un soldat, le sang s'écoulant abondamment de la blessure. Au début des années 1920, il fut décidé que le cinéma devait prôner la décence. À cet effet, un code de production, le Code Hays, fixant ce qui pouvait être montré à l'écran fut créé. Ce code censura, entre autres, le gore et il fallu attendre presque cinquante ans avant que sang et carnage ne fassent leurs réapparitions. Dans le cinéma, le gore est lié au genre créé par l'Américain Herschell Gordon Lewis « le père du gore » en 1963, dont les films Blood Feast et 2000 Maniacs sont les plus connus. Herschell Gordon Lewis est depuis considéré comme le père du cinéma gore. L'engouement populaire pour le film permet l'essor du genre. Contrairement aux films gore « sérieux », les films gore comiques ne veulent pas forcément choquer. Au contraire, ils souhaitent banaliser les morts au cinéma en usant d'humour noir et de burlesque pour faire rire les gens aux dépens de personnages se faisant massacrer. La plupart de ces films usent des clichés inhérents aux films d'horreur, ou d'autres genres, en jouant sur l'héroïsme exagéré (ou carrément absent) du personnage principal et/ou en exagérant les traits classiques du méchant, lui donnant un but ridicule et des attributs caricaturaux comme Braindead de Peter Jackson (1992).

Film de guerre : film traitant le thème de la guerre, en s'attardant généralement sur l'aspect naval, aérien, ou terrestre des conflits. Certains films sont plus ciblés : prisonniers de guerre, l'entraînement... Le film de guerre devint un genre en soi à partir de la Deuxième Guerre mondiale jusque là, les conflits relevaient du film historique (Guerre de Sécession avec le western, guerres de l'antiquité avec le péplum ...). Les conflits contemporains étaient tabous : en France, le film d'André Malraux Espoir tourné dans les années 1930 au moment de la guerre d'Espagne, a été interdit jusqu'en 1945. En Amérique, on ne parlait pas des guerres du moment malgré les mouvements antinazi qui apparaissaient notamment dans les milieux intellectuels. L’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 lèvera les derniers tabous pour évoquer le conflit mondial. Remember Pearl Harbor de Joseph Stanley sort en février 1942, soit à peine deux mois après l’attaque japonaise. Sergent York réalisé par Howard Hawks et La Bataille de Midway, court-métrage de 17 minutes de John Ford, reçurent Oscars et succès public en 1942. La plupart des films de guerre américains des années 1940 étaient faits pour créer un consensus à l'encontre de l'ennemi. Les films avaient alors un rôle de propagande. En Europe, la Première Guerre mondiale avait apporté le pacifisme, et la Seconde Guerre mondiale n'a pu que le renforcer. Il était donc devenu impossible d'y réaliser des films à la gloire de la guerre après 1945. Cependant, les États-Unis ont moins connu les souffrances liées à la guerre, ne l'ayant pas subie sur leur propre sol depuis la Guerre de Sécession, achevée en 1865. Le thème de la guerre allait servir de base à la production hollywoodienne des années 1950 et 1960. À la même période, le cinéma américain devient plus critique. En 1957, Stanley Kubrick livre avec Les sentiers de la gloire une émouvante démonstration de l’absurdité de la guerre. Il récidivera en 1964 avec Docteur Folamour. Il fallut donc le traumatisme de la très médiatisée guerre du Viêt Nam pour que les films de guerre américains ne puissent plus faire l'apologie de la guerre, et soient forcés par l'opinion d'en montrer également les souffrances. Que ce soit Voyage au bout de l'enfer, Apocalypse now, Full Metal Jacket et Né un 4 juillet, le spectateur est amené à s’interroger sur le sens de l’histoire. En France, le genre est peu développé. La guerre d’Algérie a longtemps été passée sous silence et le thème de la guerre est rarement abordé de front. On préfère les films qui évoquent la résistance. En Italie, dans la mouvance du western spaghetti des années 1960, beaucoup de ces films ont progressivement évolué vers le film de guerre en dépeignant la Révolution mexicaine de 1910. Ainsi, dans des films comme Il était une fois la révolution de Sergio Leone ou El mercenario de Sergio Corbucci, les révolutionnaires sont des bandits recherchant plus un gain matériel qu'un véritable changement pour le pays. Hautement politisées, ces œuvres ont fait polémique au Mexique. Aujourd’hui, la polémique autour des films de guerre a pratiquement disparu. De nombreux films de guerre ont été produits avec la coopération des autorités militaires. Cette stratégie a pour but d'aider les films les plus patriotiques. Un film très critique vis-à-vis de l'armée n'ayant évidemment pas droit à cette aide.

Film musical : genre qui contient de la musique, des chansons ou de la danse. La naissance d'un cinéma sonore prend plusieurs années. La synchronisation cinématographe/phonographe n'est mise en place que dans des courts métrages, en particulier les phonoscènes grâce au procédé Chronophone. Dès les débuts du cinéma, le besoin de sonorisation et d'illustration musicale se fait ressentir. Thomas Edison, inventeur du Phonographe considérait que son Kinétoscope ne serait pas complet tant qu'il n'aurait pas trouvé le moyen d'associer son et image. Les films des trente premières années du cinéma muet sont souvent sonorisés artisanalement : chanteur caché pendant la projection, piano, orchestre ou phonographe d'accompagnement, etc. Le premier film parlant véritablement médiatisé est Le Chanteur de jazz (1927) par Alan Crosland. C'est aussi le premier film chantant. En quelques années la sonorisation s'impose dans le cinéma mondial et avec elle, la chanson. Sans parler des premières comédies musicales, des opérettes et des opéras filmés. Les films des années 1930 contiennent souvent une ou deux chansons, révélant au passage le talent de nombreux acteurs-chanteurs. Des artistes issus du music-hall ou du café-concert gagneront ou regagneront une certaine popularité grâce au cinéma. Les industries du disque et du film se rapprochent en se complétant, les films servant à faire vendre des disques et réciproquement, parfois de manière artificielle. Des films sont même créés à la gloire d'artistes vocaux dont l'univers tient souvent lieu de scénario. Les films avec des chansons sont rapidement rejoints par la comédie musicale filmée. Les années 1930 sont celles de toutes les extravagances en matière de comédie musicale filmée et nombreux sont ceux qui considèrent que le genre n'a jamais connu une telle vitalité depuis. Chant, danse, décors fastueux, les comédies musicales offrent au public de la Grande Dépression le rêve et l'évasion dont il a besoin. La fin de la décennie verra arriver la couleur. Le Magicien d'Oz, de Victor Fleming, sorti en 1939, constitue à l'époque le film le plus coûteux jamais produit par la Metro-Goldwyn-Mayer. Son succès public sera phénoménal. C'est cependant Autant en emporte le vent, du même Victor Fleming, qui volera au Magicien d'Oz l'Oscar du meilleur film de 1939. Après la Seconde Guerre mondiale, la Metro-Goldwyn-Mayer règne sans partage sur la production de comédies musicales. Depuis Alam Ara, d'Ardeshir Irani (1931), le pays qui a produit et produit encore le plus de comédies musicales au monde est l'Inde puisque la plupart des films indiens sont des films musicaux, articulés autour du thème quasi unique du mariage. Généralement longs (3h), ils présentent des danses frénétiques et gaies sur des musiques rythmées du répertoire traditionnel ou moderne indien, servies par les playbacks de grands chanteurs. En Grande-Bretagne, le film musical n'a jamais cessé d'exister, notamment dans le cadre de coproductions américano-britanniques. Le premier film britannique parlant, qui est aussi le premier film mis en musique, est Blackmail, par Alfred Hitchcock (1929). En 1937, Blanche-Neige et les Sept Nains inaugure une formule conservée par les studios Disney jusqu'au début des années 2000, celui du long-métrage d'animation en couleurs, avec des parties chantées.

Western : genre dont l'action se déroule généralement en Amérique du Nord lors de la conquête de l'Ouest dans les dernières décennies du XIXe siècle. Il apparaît dès l'invention du cinématographe en 1895, en filiation directe avec la littérature et la peinture prenant pour sujet l'Ouest sauvage américain. Il connaît son apogée aux États-Unis au milieu du XXe siècle avec l'âge d'or des studios hollywoodiens, avant d'être réinventé par les cinéastes européens dans les années 1960. Le terme « western » a été appliqué postérieurement à d'autres arts et désigne aujourd'hui toute production artistique influencée par l'atmosphère et les poncifs de la représentation cinématographique du Far West. Le western, littéralement « film de l'ouest », trouve ses origines au plus profond de l'histoire des États-Unis. Il retrace un épisode symbolique de la naissance de la nation. La rude conquête de l'Ouest, la sanglante guerre de Sécession et les guerres indiennes qui se sont déroulées au XIXe siècle témoignent de la douleur qui fut nécessaire à la construction du pays. Dans un essai publié en 1893, L'Importance de la frontière dans l'histoire américaine, l'historien Frederick Jackson Turner soutient que l'épopée des pionniers a forgé l'identité même du peuple américain. Le statut de premier western est accordé au Vol du grand rapide tourné en 1903. Ce film de 20 minutes montre l'attaque d'un train par des bandits à cheval. Ce genre de production s'inspire directement de faits récents comme les exploits du Wild Bunch dans les années 1890. Très vite, le western prendra ses libertés vis-à-vis de la réalité. Le cinéma a largement mythifié des éléments centraux comme le cow-boy. Au départ simple vacher, ce personnage fut transformé en héros vertueux aux qualités irréprochables. Le western a aussi construit une légende autour de figures emblématiques telles que Billy the Kid et Jesse James. Il s'est inspiré de faits comme la fusillade d'OK Corral, qui fut mise en scène dans de nombreux films. À l'aube du XXe siècle, la conquête de l'Ouest est à peine terminée. Les acteurs et les décors à disposition sont authentiques. Toutefois, la plupart des premiers films américains sont tournés sur la côte Est, avant que les studios ne déménagent à Hollywood dans les années 1900 à 1910. À cette époque le western n'est pas un genre à proprement parler. Le terme est plutôt utilisé en tant qu'adjectif pour qualifier les comédies ou les mélodrames se déroulant dans l'Ouest, comme ceux de D. W. Griffith par exemple. On parle de « western comedies », « western romances », etc. Le terme s'impose en tant que genre à part entière à partir des années 1920. La première star du western est Broncho Billy Anderson, qui fut très actif dès 1908. C'est lui qui développa à l'écran le personnage du cowboy et surtout celui du hors-la-loi réformé. Les deux grandes vedettes du western muet arrivèrent dans les années 1910, il s'agit de William S. Hart et Tom Mix. Les deux personnages étaient diamétralement opposés. Hart était né dans l'Ouest, il le connaissait mieux que quiconque et tenait profondément à ses valeurs. Ses westerns sont empreints de sérieux et de réalisme. Mix, quant à lui, était un champion de rodéo. C'était un cavalier hors pair et ses films jouent sur le côté spectaculaire sans s'attarder sur les sentiments. Là où Hart préférait porter des vêtements traditionnels, Mix arborait des costumes excentriques. Hart et Mix obtinrent tous les deux un succès immense, mais c'est le style de Mix qui trouva le plus de successeurs. Dans les années 1920, les scènes de cirque et de rodéo prennent une place importante dans le western. L'action des westerns muets étant le plus souvent contemporaine du tournage, on y voit des signes de modernité comme le téléphone et la voiture. Mais en contraste, le genre acquiert aussi sa dimension historique avec l'apparition des westerns épiques. La Caravane vers l'Ouest (1923) raconte l'histoire d'un convoi de pionniers en 1848, Le Cheval de fer (1924) retrace la construction du premier chemin de fer transcontinental dans les années 1860 et Trois Sublimes Canailles (1926) traite de la ruée vers l'or en 1876. Ces films se concentrent davantage sur l'histoire de l'Ouest et placent les côtés mélodramatiques et sentimentaux au second plan. Les pionniers du western durant l'époque du cinéma muet hors Amérique sont Joë Hamman qui invente le premier western français. Le premier western parlant, In Old Arizona, tourné dans le parc national de Zion en 1928, montre qu'il est possible de surmonter les difficultés liées à la prise de son en extérieur. En 1930 sort La Piste des géants, présenté à l'époque comme « le film le plus important jamais produit ». Tourné avec le procédé Grandeur, il devait être une révolution technologique. Mais le film s'avère être un désastre commercial car le format 70 mm utilisé nécessite de rééquiper toutes les salles de cinéma, or la conjoncture économique liée à la Grande Dépression n'y est pas favorable. Cet échec marque l'extinction des grands westerns pour près d'une dizaine d'années. En 1930, le western se tourne clairement vers le film de série B dont il devient le plus grand représentant. Ce western B s'inscrit droit dans la lignée des productions à bas coût instaurées par Tom Mix quelques années auparavant. Dès 1932, la plupart des stars du western muet s'y sont reconverties avec succès. Le western B connaît durant les années 1930 et 1940 une grande popularité, d'autant plus qu'il fut peu distribué en dehors des États-Unis. Certains films sont tournés en quelques jours avec un budget aussi bas que 10 000 $. Ils durent généralement entre 50 et 60 minutes. Rien que sur les années 1930, environ un millier de ces productions voient le jour. C'est pourquoi les décors utilisés sont souvent identiques et les scénarios se ressemblent d'un film à l'autre. Les films sont stéréotypés et ne cherchent en aucun cas l'originalité. Les cowboys sont des héros parfaits dotés d'une morale inébranlable. Les méchants sont facilement identifiables à l'aide de signes distinctifs comme la moustache et le chapeau noir. La limite entre les deux camps est donc clairement tracée et souvent infranchissable. La Grande Dépression de 1929 a paradoxalement propulsé les grands studios dans l'âge d'or d'Hollywood. C'est La Chevauchée fantastique (1939) de John Ford qui fera définitivement sortir le genre de la série B. Le film inaugure l'ère de prospérité du western, qui atteindra son apogée durant les années 1950. Durant ces années, le western est un genre dominant du cinéma américain. Plusieurs acteurs ont connu la gloire ou tout simplement lancé leur carrière grâce à lui : Gary Cooper ou John Wayne. Certains, comme Karl Malden ou Lee Marvin y incarnèrent avec succès de sordides crapules. Pour les grands acteurs comme pour les réalisateurs, le western constituait alors un passage obligé. Les personnages sont stéréotypés, du héros sans travers au bandit sans foi ni loi. Les Indiens sont considérés comme des ennemis de la civilisation et font pendant longtemps partie du camp des mauvais. Les femmes sont toujours des êtres distingués et protégés. Ce manichéisme apparent est souvent l'articulation de l'action : le bon shérif contre les bandits. Il met en scène des types d'histoires et de valeurs universelles, ce qui a contribué à populariser le genre dans le monde entier. Dans les années 1960, le genre perd de la vitesse aux États-Unis. Les grandes productions ne parviennent pas à enrayer le déclin. Le renouveau du western vient alors paradoxalement d'Europe, et en particulier des réalisateurs italiens qui lui insufflent une seconde jeunesse, avec ce qui sera nommé le western spaghetti. Si les catégories de base du western traditionnel se retrouvent bien dans la déclinaison italienne du genre, celle-ci se démarque des productions américaines typiques à plusieurs niveaux. D'abord c'est un genre cinématographique qui n'a pour but, ni de près ni de loin, de glorifier les valeurs traditionnelles fondatrices de la nation américaine. Il ne fige pas de mythes de l'ouest, ne glorifie pas la conquête de l'ouest, ne fait pas triompher l'ordre et la loi contre le mal et le chaos... L'individualisme et l'anarchie sont les piliers du monde du western spaghetti : l'ordre est réglé par le révolver, la loi est celle du plus fort. La violence, l'argent et le sexe sont les moteurs omniprésents de l'action. Les pulsions sexuelles et les accès de violence des personnages de western spaghetti sont primaires, les propos sont explicites et outranciers. Pourtant il va générer quelques chefs d'œuvre, créer un style et révolutionner le cinéma tant dans la mise en scène que dans la prise de vue ou la place de la musique dans un film. Le western spaghetti dépasse le schéma manichéen récurrent pour mettre en scène des personnages bien plus complexes. Il ne s'agit plus d'une lutte unilatérale des gentils cow-boys, blancs, chevaleresques et irréprochables contre les indiens sauvages et primitifs ou les terribles bandits mexicains. Au contraire, les protagonistes des westerns spaghettis ont tout de l'anti-héros, misogynes et mal rasés, cyniques et individualistes. En s'éloignant de l'archétype du héros sans peur et sans reproche, le western spaghetti rend ses personnages bien plus humains, et foncièrement sympathiques malgré tous leurs défauts. En alternative à l'opposition blanc/noir traditionnelle, le western spaghetti propose une palette de gris bien plus complexe, et qui laisse une latitude bien plus grande à la psychologie des personnages. Cette tendance avait déjà émergé dans le western traditionnel dans des films tels que Vera Cruz. L'humour n'est pas étranger au western spaghetti, c'est généralement un humour noir voire macabre. Esthétiquement, le western spaghetti se définit sous l'influence décisive de Sergio Leone par des angles de caméra très largement ouverts sur des paysages imposants, mais aussi par l'utilisation de cadrages originaux et très expressifs (comme des contre-plongées, les mises en abîmes, etc.) ou des cadrages très serrés (gros plan sur un regard, une main sur une gâchette,...). Le western spaghetti a sans conteste fourni quelques-unes des plus belles bandes originales du septième art sous la direction d'Ennio Morricone. Avec Ennio Morricone la musique de film prend une dimension insoupçonnée jusqu'alors. On y trouve les composantes habituelles : parties lyriques destinées à magnifier l'action et les images, musique narrative pour accompagner les scènes sans dialogues ou pour renforcer les scènes d'intrigue ou de suspense. Mais il fait deux apports majeurs dans la bande son d'un film : la ponctuation sonore, et l'association des personnages à des thèmes musicaux. Pour la ponctuation Ennio Morricone va utiliser des instruments jusque là peu usités dans le western traditionnel tels que la guimbarde, les carillons ou la flûte de pan. Le banjo et l'harmonica restent à jamais associés aux personnages de Cheyenne et de l'homme sans nom d'Il était une fois dans l'ouest ou encore le thème d'Amapola au personnage de Deborah dans Il était une fois en Amérique. Mais Ennio Morricone est l'arbre qui cache la forêt dans laquelle on trouve des compositeurs parmi lesquels il faut citer Bruno Nicolai, Francesco De Masi, Stelvio Cipriani, Roberto Pregadio, Luis Bacalov, Marcello Giombini...C'est sans conteste le réalisateur Sergio Leone qui a définitivement marqué le genre, avec sa trilogie du dollar. D'autres réalisateurs ont toutefois signés des œuvres de qualité, tels Sergio Corbucci avec Navajo Joe, Django ou Le Grand silence, et Sergio Sollima avec Colorado ou Le dernier face à face. On parle d'ailleurs parfois des trois Sergio. D'autres cinéastes italiens voire étrangers, de grande ou moins grande réputation, se sont illustrés dans le genre. Des acteurs prestigieux venus de toute l'Europe tournent des westerns italiens ainsi que de nombreuses autres stars hollywoodiennes ont fait des apparitions spaghettis : Clint Eastwood, Karl Malden, Orson Welles, Yul Brynner, John Ireland, Charles Bronson, Jason Robards, James Coburn, Rod Steiger, Henry Fonda. Le western italien est un terrain de jeu de massacre et de miroirs, de séduction et de dupe, qui touche souvent au fantastique par des décors originaux, des couleurs saturées et un goût de la surprise qui évoque le roman feuilleton (une mitrailleuse dans un cercueil est une astuce digne de Fantômas). Le western italien tient à la fois de l'exercice de style aux limites du surréalisme, du théâtre de Grand-Guignol (un tueur devient une attraction de cirque), voire de la farce, et d'une thérapie jouissive sur le thème de Thanatos exécutée dans l'humour et la méchanceté qui rappelle le cinéma italien classique, entre ironie et constat. Les westerns spaghettis ont principalement été tournés dans le désert de Tabernas dans la région d'Almería en Espagne. Doté d'espaces vierges de présence humaine et ressemblant aux paysages de l'Arizona ou du Nevada avec des conditions météos exceptionnelles, des steppes, des dunes, des ravins, des collines et des canyons. La main d'œuvre bon marché et la facilité d'accès à quelques kilomètres de grandes villes ont fini de convaincre les réalisateurs de ce style cinématographique à privilégier le désert espagnol aux plaines américaines. Texas Hollywood est l'un des trois poblados (villages) de western encore en activité (il y en avait à la grande époque jusqu'à 14). Il s'appelle depuis quelques années Fort Bravo. Il y a un village mexicain, un village d'indiens et un village de l'ouest. Le décor de Texas Hollywood devait être financé par Alberto Grimaldi, Sergio Leone et l'entrepreneur espagnol Juan Garcia (d'où le nom de Poblado Juan Garcia), puis les 2 premiers renoncent parce qu'il entre en concurrence avec le Poblado Fraile (Poblado El Paso, Mini Hollywood), dont Arturo Gonzales, qui distribue les productions Grimaldi en Espagne, est partenaire et détient les droits de location. Il y a aussi une histoire de participation familiale qui a entravé le projet. Fort Bravo / Texas Hollywood a été racheté en 1974 par : Rafael Molina (un ancien cascadeur local) et Francisco Ardura (un fan de western et un loueur de chevaux, de chariots pour les films) tous les 2 dépités de voir que ces studios qui avaient su créer tant de magie et voir passer tant de stars de l'époque, tombaient en miette... Ces 2 hommes ont donc tout tenté pour redonner vie aux studios, accueillir du public et proposer aux sociétés de production un outil de cinéma efficace dans un lieux mythique pour le 7e art. Lors d'une visite sur place (entrée chère mais nécessaire pour sauver cet endroit magique), vous aurez peut être la chance de parcourir avec eux les 4 000 m2 de stock de matériels divers et une incroyable collection de véhicules (chariots, diligences, ...). Une fourrière attelée de la ville de Paris datant de 1903, une charrette rustique datant de 1450 (et récupérée dans une ferme....). Un véritable trésor historique et un patrimoine cinématographique encore en activité.

  

  

 

 

Les deux autres ne sont plus utilisés qu'à usage strictement touristique et sont Mini Hollywood (avec un zoo) et Western Leone. Les autres sont laissés à l'abandon. Mini Hollywood a été construit en 1965 par Carlo Simi pour les western de Sergio Leone. El Paso devient Mini-Hollywood dans une première restauration de 1979-1980. Des maisons détruites par une tempête sont refaites, d'autres seulement repeintes, ce réaménagement est extrêmement fidèle à l'original. Complètement remanié dans la décennie 90, (racheté par une chaîne d'hôtel) il porte le nom actuel de Oasis Park, sous lequel il passe d'un décor de cinéma à un parc d'attraction n'ayant que peu de chose à voir avec le El Paso original.

Mini Hollywood

 

Western Leone

 

John Ford instaure lentement un processus auto-réflexif caractéristique de ce genre avec L’Homme qui tua Liberty Valance (1962). Aux États-Unis, depuis les années 1970, des réalisateurs comme Clint Eastwood ou Sam Peckinpah ont réalisé des westerns dits « crépusculaires ». Tout comme dans le western italien, l'héroïsme manichéen des cow-boys classiques a cédé la place à des personnages ambivalents, qui s'affranchissent sans difficulté de la frontière ténue entre le bien et le mal. Tous les protagonistes sont aussi mauvais les uns que les autres. Le cow-boy des années 1940 est devenu un antihéros qui erre au gré des évènements dans un monde où il ne trouve plus sa place, où la brutalité est sa seule issue. Les personnages féminins sont essentiellement des prostituées, elles fument et boivent. Les valeurs morales de la période classique sont littéralement bafouées. Le crépusculaire met en scène une violence encore plus exaltée que le spaghetti. Le meilleur exemple est La Horde sauvage (1969) de Sam Peckinpah, où le sang est omniprésent, les blessures mises en valeur, et où la fusillade finale est un gigantesque massacre. Les dernières grandes réussites du genre, telles qu'Impitoyable (1992) de Clint Eastwood, dressent paradoxalement un constat d'échec et d'impasse du western. Le lieu le plus symbolique du western américain est le site naturel Monument Valley. Sa notoriété est due à la réputation de John Ford, qui y tourna une dizaine d'opus majeurs. De même, de par la popularité de Sergio Leone, la présence de Monument Valley dans Il était une fois dans l'Ouest (1968) semble consacrer le lieu au rang d'emblème ultime du western, faisant le pont improbable entre classique et spaghetti. Ce site naturel est remarquable par ses formations géomorphologiques, situé aux États-Unis à la frontière entre l'Arizona et l'Utah. Le site fait partie d'une réserve des Navajos et du plateau du Colorado. La ville la plus proche est Goulding. Les Navajos nomment l'endroit « la vallée des rocs ».

 

En termes quantitatifs, le lieu le plus important du western est sans conteste Alabama Hills, où des centaines de productions se sont succédé. À l'inverse de Monument Valley, Alabama Hills a surtout été le décor de séries B. Dans Gladiator, l'acteur Russell Crowe passe à cheval devant Alabama Hills, avec le Mont Whitney en arrière-plan, dans une scène censée se dérouler en Espagne. Star Trek : Générations a été filmé ici en plus d'Overton et des studios Paramount. Plus récemment, plusieurs parties du film Iron Man ont été filmées ici.

 

Ces deux sites majeurs ont en commun un aspect de sécheresse. Ils sont rejoints sur ce plan par les plaines désertiques d'Arizona ou du Nouveau-Mexique, dont le paroxysme est la vallée de la Mort. Ces décors arides symbolisent l'âpreté de la conquête de l'Ouest. L'infertilité des terres est l'un des éléments fondateurs du mythe : la difficile osmose entre l'homme et la nature. Plusieurs grands studios possédaient leur propre ranch : la Paramount, RKO, etc. Durant la seconde moitié du XXe siècle, ils disparurent peu à peu en raison de l'étalement urbain.

Ranch de la Paramount

Le concept de lieu où la loi est absente est essentiel au western. C'est directement de cette idée que découlent les constituants de l'Ouest. Le shérif ou le marshal est l'autorité policière élue par la population d'une ville. Il engage pour l'assister des assistants, seconds rôles récurrents dans les films. Dans le western spaghetti apparaît le chasseur de primes qui, contre rançon, ramène au shérif les fugitifs, morts ou vifs. Le manque de hiérarchie conduit à la corruption qui n'est remise en question que par la présence des marshals fédéraux, seuls représentants du gouvernement. Au début du western muet (1900-1910), les Indiens sont les personnages centraux des scénarios. Les histoires se déroulent parfois au sein d'une tribu. Les relations avec les colons sont montrées sous un ton pacifique. Durant l'ère du western classique, ils deviennent des sauvages que le cow-boy doit massacrer pour assurer le bien-être de la société. Dans cette perspective, les Indiens attaquent toujours les caravanes, les diligences ou les convois militaires, mais sont toujours battus. Certains considèrent à partir de cette vision simpliste et colonialiste que le western a toujours justifié le génocide du peuple indien. Les Indiens sont montrés comme des victimes de la Conquête de l'Ouest. On ne doit pas par ailleurs croire que les années 50-60 ne voient pas la continuation du western raciste envers les Indiens parfois par les mêmes réalisateurs de westerns pro-indiens. Mais après 1961 ce type de film s'avère de plus en plus difficile à tourner au fur et à mesure qu'on s'informe des causalités et des réalités des guerres indiennes. Dans le courant des années 70, le tournage d'un western délibérément raciste est devenu pratiquement inconcevable. Dans le western, le train symbolise le plus souvent l'irruption de la modernité dans le monde sauvage du Far-West. Le développement ferroviaire a joué un rôle déterminant dans l'abolition de la Frontier, qui signe la fin du vieil Ouest et de son mode de vie. Ainsi, l'apparition du chemin de fer dans le western est-il souvent le signe annonciateur de la fin de l'époque qui sert de cadre à la plupart des westerns. De 1934 à 1966, le code Hays proscrit l'atteinte aux valeurs morales. De ce fait, malgré le fond violent inhérent au genre, un strict minimum transparaît à l'écran.

Romance, film d’amour ou film romantique : film portant sur une histoire d'amour ou d'aventure amoureuse, mettant en avant la passion, les émotions et l'engagement affectif des personnages principaux. Le terme « film à l'eau de rose » est parfois utilisé. Les films d'amour font de l'amour ou de la recherche de l'amour l'axe central de l'histoire. Souvent, les amoureux se rencontrent et doivent vaincre des obstacles comme des problèmes financiers, la maladie physique ou psychologique, des discriminations de leur statut social ou racial ou des problèmes familiaux qui menacent la stabilité de leur union. Comme dans toute relation amoureuse, les tensions de la vie quotidienne et ses tentations seront partie prenante des scénarios de film d'amour. Ces films explorent fréquemment les thèmes du coup de foudre ou d'un amour non partagé, obsessionnel, sentimental, spirituel, interdit, passionné, sacrificiel, destructif ou tragique. L'histoire culmine souvent lorsque les protagonistes parviennent à vaincre enfin leurs difficultés, se déclarant un amour passionné l'un pour l'autre et vivant dès lors « heureux jusqu'à la fin des temps », bonheur qui peut être suggéré par un long baiser final. Toutefois, de nombreux films d'amour ne se terminent pas nécessairement par une fin de conte de fée.

Film érotique ou porno soft : genre où l’érotisme occupe une part importante dans le scénario avec une histoire à caractère sexuel et la présentation d'acteurs nus. Contrairement au film pornographique, si la nudité est présente, le sexe en érection pour les hommes et l'intimité sexuelle pour les femmes, ne sont pas montrés et le rapport sexuel est suggéré et non explicité. En France, la majorité des films regroupés sous l'appellation « érotique » sont des films interdits aux moins de 16 ans. Dès 1895, année de la création du cinématographe, la bobine de Serpentine Dance créa un émoi à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago au point qu'elle est détruite quelques années plus tard. L'année suivante, le premier baiser à l'écran dans The Kiss, entre John C. Rice et May Irwin, déclenche la polémique : un journaliste du Chicago Tribune demande l'intervention de la police contre cette « obscénité ».

Photographies d'un film érotique autrichien, vers 1906, par le photographe Johann Schwarzer

La censure apparaît en 1907 aux États-Unis et en 1909 en Angleterre et en France. À partir de là, la nudité se dévoile dans deux circuits parallèles, le premier, clandestin, avec la confection de bandes érotiques pour une bourgeoisie aisée, le second, grand public, sous forme de suggestion. Le personnage de la femme fatale apparaît pour la première fois dans Embrasse-moi, idiot (1915) sous les traits de Theda Bara. Pour créer un semblant d'érotisme, les réalisateurs jouent avec les ombres et les transparences comme Erich von Stroheim. Promu par le sénateur William Hays et adopté par les studios hollywoodiens, le code Hays établit des règles précises en matière de moralité : les décolletés sont limités de dos jusqu'à la taille, de face jusqu'à la naissance des seins, et le nombril ne peut être montré. En 1946, un striptease apparaît encore comme le comble de l'érotisme. Le cinéma européen est plus libre que son homologue américain. En 1933, dans Extase du tchécoslovaque Gustav Machatý, Hedy Lamarr apparaît entièrement nue sortant de son bain. Le gouvernement américain en fera brûler symboliquement une copie en 1935. En 1952, la Cour suprême des États-Unis revient sur la décision de 1915 et décide que le cinéma doit bénéficier de la liberté d'expression garantie par le premier amendement de la Constitution des États-Unis d'Amérique. À Hollywood, les réalisateurs jouent avec les métaphores. Dans La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock fait suivre la scène où Cary Grant et Eva Marie Saint s'enlacent dans un wagon par un plan montrant un train entrant dans un tunnel. En Europe, les films érotiques se cachent encore derrière l'alibi de l'éducation sexuelle. La série allemande Helga connaît un très gros succès en 1968 avec plus de quatre millions de spectateurs en Allemagne et autant en France pour le premier film. En 1965, Le Prêteur sur gages de Sidney Lumet est le premier film produit par un grand studio à montrer des seins nus aux Etats-Unis. En Europe, Michelangelo Antonioni est le premier à montrer un pubis féminin dans Blow-Up en 1967. Aux États-Unis, en 1967, le Congrès vote la création d'une Commission sur la pornographie et l'obscénité pour faire face à une production montrant une nudité complète et des comportements sexuels de plus en plus libérés. La fin des années 1960 est marquée par un très fort mouvement social libertaire qui trouve sa principale concrétisation en France avec mai 68 et aux États-Unis avec le festival de Woodstock. Cette tendance libertaire va permettre au cinéma traditionnel d'aborder de nouveaux thèmes ou de parler plus ouvertement des relations sexuelles comme l'homosexualité, la polygamie ou encore Le Mariage collectif. En 1971, Le Dernier Tango à Paris aborde la sodomie, assurant au film une renommée et un succès important avec plus de cinq millions d'entrées en France. Aux États-Unis, les actrices acceptent de se déshabiller. Le dessin-animé n'est pas en reste, puisque 1976 voit également sur les écrans Tarzoon, la honte de la jungle de Picha, qui raconte les aventures coquines de l'homme-singe. Le cinéma italien produit également quantité d'œuvres jouant sur l'érotisme de ses héroïnes. En 1973, Laura Antonelli gagne ainsi ses galons de star internationale grâce à ses porte-jarretelles aguicheurs dans Malizia. Le genre atteint son apogée avec le Caligula de Tinto Brass en 1980. Grâce à l'érotisme, le cinéma japonais parvient à s'exporter et le cinéaste Nagisa Oshima obtient deux beaux succès avec L'Empire des sens (515 000 entrées sur Paris-Périphérie en 1976) et L'Empire de la passion (104 000 en 1978). Mais, le développement des technologies (Télé, cassettes) vient chambouler ce marché. Le film érotique soft se cantonnera désormais à des productions télé calibrées pour les secondes parties de soirée. Néanmoins les jeunes actrices n'hésitent plus à se dévêtir pour accéder à la célébrité.

Film pornographique, film X ou film pour adultes : film contenant des scènes où l'acte sexuel humain est explicitement et délibérément montré dans le but d'exciter le spectateur. La plupart du temps ces films ne sont pas destinés au grand public, mais pour des projections personnelles, dans des clubs privés ou dans des cinémas pour adultes. L'ère d'internet a radicalement changé la façon de distribuer de la pornographie, en plus de compliquer les poursuites légales pour obscénité. Suite à l'invention du film cinématographique par les frères Lumière, les premiers films furent tournés dans des maisons closes, mettant en scène des prostituées et leurs clients. Ces films étaient également projetés dans ces mêmes maisons closes. Suite au développement du cinéma muet au début du XXe siècle, les tournages de films pornographiques étaient parfois réalisés en parallèle des films plus conventionnels, l'équipe de tournage utilisant les mêmes décors et parfois les mêmes acteurs. Ces tournages apportaient un apport financier permettant de soutenir la production de l'œuvre principale. Des réalisateurs très connus du cinéma muet ont ainsi réalisé des films pornographiques. Les actrices de ces films sont généralement des prostituées ou de jeunes actrices. L'Immoral Mr. Teas (1960) de Russ Meyer constitue l'un des premiers films à caractère pornographique américain qui ait bénéficié d'une distribution officielle et de l'attention d'une critique sérieuse. Par rapport à la production européenne importée sous le manteau, le film de Russ Meyer innove en racontant une histoire avec une réelle psychologie des personnages. Les premiers films hardcore (actes sexuels non simulés) apparaissent à partir de 1969. Le mouvement commence à San Francisco et s'étend rapidement au reste du monde. Gorge profonde (1972) avec Linda Lovelace, et The Devil in Miss Jones de Gérard Damiano (1973) ne sortent en France qu’en 1975. Le premier attire 157 000 spectateurs sur Paris-périphérie et le second 102 000. Les États-Unis n'auront le droit qu'à des versions soft de ces deux films pourtant américains. Les films pornographiques qui représentent la moitié des films projetés prennent 20% de part de marché sur Paris-ville et 15% sur la France (soit 25 M de spectateurs). Exhibition de Jean-François Davy attire 575 000 spectateurs sur Paris-périphérie et 1,5 million sur la France, soit un score comparable au succès des James Bond de l'époque. Trois autres films dépasseront le millions d'entrées en France : Les Jouisseuses en 1974 (2,2 M), Les expériences sexuelles de Flossie en 1975 (1,5 M) et La masseuse perverse en 1973 (1,1 M). En 1975, est votée par la droite Française la loi qui institue le classement X obligeant à diffuser les films pornographiques dans des salles spécialisées, la TVA est majorée de 20%, et la suppression de tout droit au soutien automatique. Une taxe de 300 000 francs est mise en place sur l'exploitation des films X étrangers, ce qui crée un protectionnisme qui va permettre à la production française de vivre correctement pendant encore quelques années : 85% des films projetés en France sont français. Le cinéma X français crée alors ses stars : Marylin Jess ou Brigitte Lahaie. En 1977, les salles X font encore huit millions d'entrées en France, soit 5% des entrées. De 200 salles en 1975, la loi de 1975 a fait chuter le nombre à 136 l'année suivante. Ce nombre tombe à 72 fin 1981. Les plus gros succès du genre attirent environ 170 000 spectateurs. L'année suivante marque une cassure. Les temps ont changé (la peur du SIDA apparaît) et l'esprit libertaire des années 70 a progressivement laissé le champ à l'esprit libéral des années 80. L'essor de la vidéo permet au spectateur de rester chez lui. Le marché du X en salles s'effondre. Le mouvement s'amplifie en 1985, lorsque Canal+ est autorisé à diffuser un film X par mois (ce qui sauve la chaîne de la faillite). Le premier sera Exhibition. Le même phénomène se produit dans tous les pays à l'image de ce que décrit Boogie Nights de Paul Thomas Anderson. En 1991, il n'y a plus que 24 salles X sur toute le territoire français et, dix ans plus tard, une seule à Paris (Le Beverley - 75002). La création d'un journal du hard sur Canal+, la baisse du prix des cassettes (qui passent de plus de 1000 Francs en 1984 à moins de 100 francs quinze ans plus tard), la publicité faite par les chaînes de télévision aux stars du X et l'essor du DVD finissent par déculpabiliser les spectateurs. Le marché de la vidéo hard explose et de véritables empires du sexe filmé sont créés (le suédois Private ou l'américain Vivid par exemple), profitant de l'essor de chaînes de télévision spécialisées (Play-boy TV aux États-Unis dès les années 80, XXL en France au milieu des années 90). Les films érotiques hard assurent plus de 75% des recettes de pay-per-view dans les hôtels. Les cassettes X quittent les magasins spécialisés pour être vendues dans les kiosques à journaux traditionnels... Ce cinéma crée ses vedettes. Au milieu d'une production de niveau très médiocre, ressortent des films de qualité qui s'appuient sur des réalisateurs tels qu'Andrew Blake (ancien photographe), Marc Dorcel (ancien producteur), Pierre Woodman (ancien policier) ou encore Paul Thomas et John Leslie (deux anciens acteurs du X du début des années 80). Il n'y a pas de sélection par l'âge ou le physique des acteurs masculins, les éléments les plus importants étant leur capacité à maintenir une érection et à éjaculer sur demande (l'usage de produits dopants peuvent les aider). Les acteurs masculins sont depuis longtemps moins nombreux que les actrices, et leur salaire sensiblement inférieur. Leur rôle étant de servir de substitut au spectateur, ils ont généralement un rôle de second plan, la caméra se focalisant principalement sur sa partenaire. Cependant, à partir des années 1980, le phénomène de starisation se développa aussi parmi les acteurs masculins, sous l'impulsion d'acteurs comme Rocco Siffredi. Les Hot d'Or, qui récompensent chaque année les meilleures productions X, sont carrément devenus l'un des événements majeurs des festivités du festival de Cannes... L'internet et le web vont changer la donne, les films X sont téléchargés illégalement et parallèlement le paiement se met en place sur des sites web pour voir des films. Tout cela donne accès à un plus large public international. Les actrices X sont rapidement propulsées au rang de starlettes grâce au web comme Tory Lane, Clara Morgane et Katsuni. Les amateurs deviennent aussi des stars avec leur webcam. L'année 2000 a marqué la rencontre entre le cinéma traditionnel et le X avec un scénario travaillé, des costumes, et même des effets spéciaux. Le film qui a sans doute révélé ce genre est Pirates II, La vengeance de Stagnetti avec le plus gros budget de l'histoire du cinéma X. Durant l'année 2008, la chaîne Canal+ a commencé à produire la série de films X-Femmes, des films destinés à un public plutôt féminin. L'industrie mondiale du film pornographique est dominée par les États-Unis. Avec la zone de la vallée de San Fernando, la Californie est au cœur de cette industrie. Pour le cinéma français, de tels films ont longtemps été soumis à la censure. Aujourd'hui, la classification X est adoptée volontairement par les producteurs. Toutefois, certains films peuvent être interdits aux moins de 18 ans. Les interdictions d'un film à certains publics sont réalisées par la commission d'exploitation dépendant du ministère de la Culture et peuvent avoir des conséquences importantes sur la viabilité économique du film. L'appellation X viendrait du fait que l'on barrait autrefois de croix les affiches des films censurés. Elle est devenue une convention internationale. À l'heure actuelle, il n'existe plus de films pornographiques au sens strict du terme. Toutes les prises de vues sont effectuées en vidéo et l'exploitation se fait uniquement par la vente de celles-ci sous la forme de DVD, par la télévision et par internet, et non plus par exploitation en salle. Il subsiste néanmoins une salle consacrée au cinéma X à Paris « Le Beverley » ainsi qu'à Metz « le Royal ». À ce titre, les films X ne sont plus soumis à la législation du cinéma, mais à celle du multimédia. Les seules obligations en sont donc le dépôt légal et d'en empêcher l'accès aux mineurs. Le Syndicat des Acteurs de l'Industrie Pornographique édite une charte signée par les sociétés de productions qui s'engagent à respecter une certaine déontologie.

Films autorisés à la vente et à la location :

  • Films hétérosexuels, professionnel ou amateur, avec scénarios et absence de scène de viol ou d'inceste et les déclinaisons de spécialité
  • Films homosexuels, professionnel ou amateur, avec scénarios et absence de scène de viol ou d'inceste et les déclinaisons de spécialité
  • Films transsexuels, professionnel ou amateur, avec scénarios et absence de scène de viol ou d'inceste et les déclinaisons de spécialité

En France les films à caractère pornographique sont autorisés uniquement entre minuit et cinq heures du matin, sur des chaînes payantes (abonnement en double cryptage ou Pay per view). Le choix des films privilégie les acteurs et actrices jeunes et en bonne santé (pas de handicap physique, actrice de moins de 35 ans, pas de femmes enceintes…). Le producteur indépendant Régis Pelleau s'emploie à défendre le patrimoine breton grâce à des films pornographiques ou les acteurs s'expriment en breton. Fort d'un partenariat avec l'association EOL, de nombreux films sont diffusés régulièrement dans les salles d'art et essai du Finistère nord. Le fait de réaliser un film de l'une des catégories suivantes constitue un délit pénal, pouvant aboutir à des peines de prison et d'amendes :

  • film pédopornographique
  • film nécrophile
  • film zoophile

Le faux sperme est utilisé afin d'amplifier le sentiment de virilité exprimé par une éjaculation abondante. Il est éjecté au moyen d'un discret système de tube transparent placé sur la face non visible du sexe de l'acteur. Plusieurs recettes sont utilisées, en particulier un mélange de méthylcellulose et d'eau. Le classique des années 1980 (3/4 de blanc d'œuf cru + 1/4 de lait concentré sucré) était moins anodin bactériologiquement mais « agréable à avaler ». Avec l'apparition du SIDA, l'usage du préservatif s'est répandu et les films pornographiques gays ont été les premiers à adopter majoritairement l'usage du préservatif. Toutefois, très peu de films hétérosexuels ont adhéré à cette politique de préservation de la santé publique. Les associations de prévention et de lutte contre le SIDA ont jusqu'à ce jour toujours essayé de lutter contre ces productions, tentant en vain de les faire interdire. Ce phénomène se répand de plus en plus même si les studios précisent que leurs acteurs sont tous séropositifs ou tous séronégatifs vérifiés, et mettent systématiquement en préambule de leur film un message d'avertissement sur les dangers du SIDA. Dans les faits, d'une part, il existe toujours un délai d'incubation de la maladie pendant laquelle la personne parait séronégative, et d'autre part, la surinfection d'un individu séropositif par un partenaire séropositif complique la prise en charge médicale et réduit l'espérance de vie.

 

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