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 Bug ______________________________________________________________________________________________

 

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Synopsis

Agnès vit seule dans un motel désert. Elle est hantée par le souvenir de son enfant, kidnappé plusieurs années auparavant, et redoute la visite de son ex-mari, Jerry, un homme violent récemment sorti de prison. Dans cet univers coupé du monde, Agnès s'attache peu à peu à un vagabond excentrique, Peter. Leur relation tourne au cauchemar lorsqu'ils découvrent de mystérieux insectes capables de s'introduire sous la peau. Ensemble, ils vont devoir découvrir s'il s'agit d'une folie partagée ou d'un secret d'Etat...

 

Bande-annonce

 

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Analyse : Quel est le bug ?

La première acception du mot anglais « Bug » est « l’insecte ». La seconde acception est « le dérèglement ou le disfonctionnement ». Donc, quel est le bug ? Le film ne répond pas tout de suite, polit l’ambiguïté de son titre laconique. Le spectateur est d’abord lâché dans la nuit volant au-dessus d’un désert d’ardoise. Lentement mais sûrement, le spectateur finit par survoler l’auvent d’un motel isolé devant lequel fume une jeune femme. Ce plan inaugural rappelle les Oiseux. Le film s’enferme avec l’inconnue dans sa chambre.

 

 

 

Agnès y vit à l’année : serveuse dans un bar, la quarantaine, fatiguée, un ex-mari violent qui la harcèle au téléphone. Après une soirée beuverie avec une copine, Agnès fait la rencontre d’un homme au bar, Peter. Il s’avère être un Rain Man, un idiot philosophe avec de drôles de théories. Elle l’invite à dormir sur le canapé. La belle granulosité de la photo insinue partout sa poussière jaune orangée mais pas seulement. Les Bugs, les insectes, fourmillent sur cette photo comme une valse de pucerons. La première étreinte d’Agnès et de Peter fait office de catalyse. L’homme découvre des pucerons dans les draps, si petits qu’Agnès le croit sur parole. Il lui raconte qu’ancien soldat, il a servi de cobaye pour des armes biologiques. Au fil des ellipses, les démangeaisons s’aggravent et Agnès finit par être contaminée. La chambre se transforme en camp retranché, bardé de papiers tue-mouches et d’halogènes anti-moustiques. A force d’extravagance, l’ambiguïté du titre finit par être levée : le bug ne court pas sous la peau, il affecte des cerveaux en dérangement. La paranoïa prend le dessus et l’on se demande jusqu’où va aller le délire insecticide des amants. Sur ce point, le film, rend hommage à La Mouche de Cronemberg. Chez Cronemberg, la mutation du corps précédait celle du psychisme alors que chez Friedkin, c’est l’inverse. On assiste en effet à une stupéfiante corrida dentaire. L’esprit malade entraîne la déréliction du corps qui rappelle Le Créateur de Albert Dupontel. Nous plongeons en pleine autodestruction.

Peter réfléchit trop, jusqu’à la manie et la phobie. Il est possédé par la pensée avec les mêmes convulsions de la gamine de L’Exorciste. Il contamine Agnès par ses paroles tordues. Bug souligne en permanence que son scénario est tiré d’une pièce de théâtre. Il en garde le décor et en accuse le découpage dramatique. La chambre, tapissée de papier alu, est devenue un hôpital psychiatrique.

Au sommet du délire, les acteurs semblent lancés dans une performance d’improvisation.

 

Pour conclure, le bug, c’est le cinéma avec ses artifices (maquillages, son, lumière, textes, etc..) et ses clichés. Le bug, c’est aussi l’Amérique avec sa phobie diffuse. Le bug, c’est aussi l’espèce humaine : Agnès apparaît d’abord comme un insecte, une minuscule fourmi vue du ciel dans le premier plan inaugural du film.

 

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Secrets de tournage

Bug est adapté d'une pièce de théâtre montée off-Broadway de 2004 écrite par Tracy Letts. Subjugué par la pièce - qu'il avoue avoir vue deux fois -, William Friedkin a aussitôt pris une option sur les droits d'adaptation. Le motel où se croisent les différents personnages à été reconstitué dans un gymnase de la Nouvelle-Orléans. Le rythme régulier du tournage des scènes dans cet unique décor a renforcé l'atmosphère de huis clos du film : " C'était très intense. Nous ne voyions pas les caméras, nous ne ressentions pas la présence de l'équipe technique. Nous étions livrés à nous-mêmes, à nos personnages", raconte Harry Connick Jr. Dans cette ambiance étouffante de tournage, les tensions entre les personnages n'en étaient que plus vraies. Si les journées de tournage étaient relativement courtes, William Friedkin exigeait en revanche une concentration permanente et maximale. Gary Huckabay, l'un des producteurs, explique : "Contrairement à la plupart des réalisateurs, William Friedkin ne crie jamais "action !" Il attend simplement que les acteurs se sentent prêts et se satisfait souvent de la première prise. Il était l'un des plus âgés du plateau et pourtant, il était le premier au travail et le dernier parti." Le comédien qui interprète Peter, l'amant paranoïaque d'Agnès, est le même que celui de la pièce. De nombreux acteurs se bousculaient pour jouer ce rôle, mais William Friedkin a voulu garder Michael Shannon, même s'il fallait adapter sa performance théâtrale au format cinématographique.

 

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