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Art/Cinématographie/Théorie de Jean-Luc Godard

 

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 Théorie de Jean-Luc Godard ______________________________________________________

"Défense et illustration du découpage technique" publié en 1952 dans les Cahiers du cinéma.

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Résumé

Diderot disait que les qualités d’un artiste sont sa morale et sa perspective.

L’art total, c’est l’irrespect, la pudeur qui ne sait cacher ses secrets. Trop de brillant, d’invraisemblance, d’intelligibilité m’aveugle à l’inverse du vrai, de l’abscons, du mystère. L’artiste doit admettre que la nature est une œuvre en perpétuel changement et que l’art est invariant temporellement donc, la nature est infiniment au dessus de l’artifice, de la culture, de l’homme, d’un monde dépourvue d’harmonie et d’osmose sauf si perspective il y a pour tenter d‘émuler la nature. La mise en scène dite de profondeur de Renoir, dépourvue de perspective, imite cette subtilité de la nature en montrant le détail sans le séparer de l’entourage. C’est la condition dialectique cinématographique, une convention, une loi : vivre plutôt que durer et glorifier la réalité. L’expressionnisme faisait de l’œil le foyer moral du sentiment, Lubitsh fit du regard, l’arme qui dit et nie tout, la pièce maîtresse du jeu d’acteur. Griffith ému par la beauté de son actrice en faisait un gros plan en faisant éclater la beauté de l’objet signifié. Le plan humain comprime le drame du plan général. Dans le découpage, il n’y a pas d’orages dans l’esprit, d’afflux sanguin au cerveau mais, une faiblesse des nerfs qui amoindrissent l’intensité réel des affects. Cependant, il précise l’analyse et artificialise la communication mais, il faut légiférer le monisme pour en faire un vrai film logique.

 

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"Montage, mon beau souci" publié en 1956 dans les Cahiers du cinéma

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Résumé

Le montage est un élément de la mise en scène car on ne sépare pas le rythme de la mélodie. Axiomatiquement, le montage sert à sauver la mise en scène d’un film dénué de valeur. Il redonne de la grâce à l’éphémère et métamorphose le hasard en destin. Le public confond le découpage technique (prévention spatiale) du montage (prévention temporelle). Mettre en scène est un regard d’esprit, une préméditation. Le montage permet d’exprimer, avec exactitude, la durée d’une idée et son brusque jaillissement au cours de la narration comme un effet de choc. Les effets de montage renforcent la beauté, le charme imprévu de la mise en scène par un dédoublement. Penser le raccord et la durée d’une scène, c’est du montage et quand le film est bien monté, il donne l’impression d’avoir supprimé toute mise en scène. C’est donner l’impression de la durée régulière. Céder à l’attraction du montage, c’est céder à la tentation du plan court. Le champ et le contre-champ, qui permet l’échange de regard, peut exprimer ce même regard plus vivement si le montage est adroit. Il est rendu plus fort par un mouvement de caméra prémédité. Mettre en scène, c’est machiner et la machination, c’est du montage. Donc, le réalisateur doit superviser le montage pour faire ressortir la passion derrière la machination au profit du temps. La formation initiale du cinéaste est le montage.

 

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