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Art/Cinématographie/Théorie de Michelangelo Antonioni

 

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 Théorie de Michelangelo Antonioni ___________________________________________

"Faire un film, c’est pour moi, vivre" publie en 1959 dans les Cahiers du cinéma.

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Résumé

La 1ère fois que j’ai mis l’œil derrière la caméra fut dans le cadre d’un documentaire sur les fous dans un asile d’aliéné avec de vrais malades et pris dur le vif. Les projecteurs, la caméra et les fous étaient préparés dans une pièce conforme à la prise de vue. Lorsque les projecteurs s’allument, émouvant, la pièce fut soudain inondée de lumière. Pendant un instant, les fous demeurèrent immobiles, comme pétrifiés. Jamais depuis, je n’ai revu cette peur aussi profonde et totale sur le visage d’un acteur. Après, les fous se contorsionnaient, hurlaient, se roulaient par terre. En in instant, la pièce devint une caverne infernale. Ils cherchaient désespérément à se protéger de la lumière. Leurs visages qui auparavant, contenaient la clémence humaine, paraissaient subitement ravagés. Du coup, nous étions tellement pétrifiés devant ce spectacle que c’est le directeur de l’aile qui a dit stop ! Éteignez ! La pièce était redevenue obscure et silencieuse.

C’est à propos de cette pièce que nous commençâmes à parler du néoréalisme.

Faire un film, c’est vivre car mon existence ne s’interrompt pas pendant le tournage mais devient plus intense. Comme un film est un spectacle public alors, notre vie cesse d’âtre privée pour devenir publique. Le spectateur peut juger la richesse ou l’indigence de mon patrimoine personnel. Le regard sur le monde, cette subjectivité, permet la compréhension intérieur de l’auteur. Le film est donc une autobiographie à un moment donné et donc une sincérité de ma vie, une réalité plus vraie qui recueille les aspects les plus secrets de ma vie. Il est malhonnête d’ignorer la réalité, l’inspiration d’un cinéaste courageux doit être liée à son époque pour exprimer et interpréter les aspects les plus crus, tragiques, cohérents et sincères, et observer les affects et les pensées qui animent un sujet sur le chemin du bonheur, du malheur ou de la fatalité. Sinon, on parle de tradition de la médiocrité par la couardise et l’indigence de l’auteur. C’est la seule manière et une nécessité d’être vivant. Je cherche à montrer des histoires qui doivent plaire même si elles sont amères. Si mes idées sont en moi et si le récit est sincère alors, elles deviennent apparentes. Le cinéma comme les autres arts sont inutiles s’ils ne produisent ni vérité ni poésie. C’est ça un art prestigieux et colossal, une production au sens figuré.

 

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