Economie/Marchés/Cinématographique

                                                                                                                                            

 

Marché cinématographique

 

Production cinématographique mondiale

Aujourd'hui, la production cinématographique mondiale est très concentrée. 100 pays ont une activité de production et seulement une trentaine d'entre eux produisent plus de 20 films/an . 6 pays sortent du lot avec une production dépassant les 200 films par an : les Etats-Unis, la France, le Japon, la Chine et Hong-Kong, les Philippines et l'Inde (qui est le 1er producteur au monde avec une moyenne de 800 films par an). Ainsi, la part de marché des films hollywoodiens est de 85% avec des pics de 90% dans certains pays d'Europe ou d'Amérique Latine. Sur le marché de l'UE, seules les productions britanniques arrivent encore à tirer leur épingle du jeu. Pour la France, le succès mondial reste encore anecdotique même si notre cinéma bénéficie d'un regain d'intérêt de la part d'autres pays comme les Etats-Unis (on se souvient de l'Oscar qu'a reçu Amélie Poulain ou La Marche de l'Empereur ). De nouveaux pays producteurs comme la Corée, l'Iran ou l'Argentine tente une percée dans ces cercles très fermés. Mais le chemin est encore long pour pouvoir prétendre concurrencer le cinéma américain qui semble indétrônable.

On va moins au cinéma, alors que la production mondiale explose, offrant ainsi une gamme très diversifiée d’œuvres cinématographiques. On observe ainsi la croissance spectaculaire du nombre de films produits en Europe (1145 en 2008 contre 870 films en 2004), au Japon (418 en 2008 contre 310 en 2004), en Inde (1132 en 2008 contre 1000 films en moyenne chaque année depuis 2002). La France, en 15ans, a doublé sa production de films. Cet effort de production a amélioré en Europe et au Japon la part de marché des films domestiques dans les salles. En 2008, elle est par exemple de 45% en France, de 31% au Royaume-Uni et en Italie, de 60% au Japon, pays tous confrontés à la concurrence des films américains, qui connaissent par conséquence une perte d’influence. Mais cette production massive n’enraie pas vraiment le tassement de la fréquentation. Certes, cette dernière est liée, pour une part, à des données conjoncturelles intrinsèques à l’activité artistique – les bons et les mauvais crûs –, et à des facteurs aléatoires : la météo, la concurrence d’autres spectacles, notamment les événements sportifs. Mais une tendance frappe : les grands pays de culture cinématographique ont intensifié leur production (à l’exclusion des États-Unis), alors que la fréquentation des salles obscures se tarit un peu. Pourquoi ? Parce que les films peuvent se rentabiliser sur les écrans domestiques, notamment grâce aux DVD, aux chaînes spécialisées et à la vidéo à la demande (VOD). La France d’ailleurs, en Europe, occupe la 1ère place en offre de services de consommation cinématographique à la demande (43 sites sont recensés par l’OEA). Pour corser le tableau, le public en salle est en train de changer de profil. En France, on observe une baisse de la fréquentation des salles chez les 15-34 ans. Plusieurs explications: ils sont moins nombreux dans la population, les places sont chères, ils bricolent sur Internet. Par chance, les seniors fréquentent davantage les salles obscures et compensent cette perte.

En Inde, on estime à un milliard de dollars par an les pertes dues au piratage des films (rapport FICCI, 2008). Le cinéma mondial n’a jamais été aussi prolifique et créatif. Et il n’a jamais autant suscité d’engouements.

 

Ce graphique montre clairement que trois régions du monde dominent l’ensemble des investissements dans le cinéma : l’Amérique du Nord, l’Europe Occidentale et, dans une moindre mesure, l’Extrême-Orient. Le secteur de la production indienne de longs métrages est connu pour produire le plus grand nombre de films tout en n’investissant que peu de capitaux. Ceci éclaire la nature des budgets cinématographiques de l’Inde, où les films sont fabriqués à la pelle et au moindre coût.

 

Production cinématographique européenne

Les niveaux de production ont continué à augmenter en 2009 pour atteindre un nouveau record. L’Observatoire européen de l’audiovisuel estime que 1 168 longs métrages, documentaires inclus, ont été produits dans les 27 Etats membres de l’UE en 2009, performance en hausse de 28 films par rapport au précédent record de 2008. La progression de l’activité de production résulte d’une forte augmentation des films de fiction allemands, passant de 96 en 2008 à 129 en 2009 (+33). Malgré la crise financière, le haut niveau de production suggère que le système de financement public européen a évité une chute significative de la production. Au total, les films de fiction ont compté pour environ 80% du volume total de production européenne et les documentaires de long métrage pour environ 20 %. Le nombre de films européens de fiction est passé de 859 en 2008 à 887 en 2009 (+28), alors que le nombre de documentaires de long métrage restait stable à 281. Avec 194 films de long métrage produits en 2009, dont 65 documentaires, l’Allemagne s’est placée en tête des Etats de l’UE en termes de production, suivie de la France où la production a baissé de 196 à 182 longs métrages.

 

L’Observatoire européen de l’audiovisuel estime que les films européens se sont octroyé une part de marché de 26,7% du total des entrées dans l’UE. Ce résultat est en baisse par rapport à 2008 (28,2%) et à son plus bas niveau depuis 2005. La part de marché pour les films européens produits en Europe au moyen d’investissements en provenance des États-Unis, tels que Harry Potter et le prince de sang mêlé, a légèrement baissé de 4,4% à 4,2%. Alors que beaucoup de pays européens enregistrent des parts de marché nationales record en 2008, ces parts chutent en 2009 dans 18 des 23 Etats membres. Néanmoins, des parts de marché exceptionnelles ont été réalisées en Allemagne atteignant une part record de 27,4%, et en Suède où, grâce à la première partie de l’adaptation de la trilogie de Millenium de Stieg Larsson, les entrées pour les films nationaux se sont accrues de 81,5% par rapport à 2008, pour atteindre une part de marché record de 32,7%. L’année 2009 s’avéra également un bon cru pour les films espagnols, qui ont généré 22% d’entrées de plus qu’en 2008, atteignant une part de marché de 16%. Les films français restent, en termes d'entrées, les plus plébiscités du marché européen, en dépit du fait que leur part de marché soit tombée de 12,1% en 2008 (marquée par le succès de Bienvenue chez les Ch’tis) à 8,7%. Grâce à de forts résultats dans leur propre marché, les films allemands occupent le deuxième rang avec 4,1%, suivis par les productions britanniques comptant pour 3,9% du total des entrées dans l’UE.

 

L’Observatoire européen de l’audiovisuel estime que les recettes brutes des salles de l’UE en 2009 ont enregistré une progression annuelle de 12%, atteignant le nouveau record de 6,27 milliards d’euros. La progression des recettes de salles s’explique par une augmentation de 6% de la fréquentation des cinémas, estimée à 981,1 millions de billets vendus en 2009 (contre 925,3 millions en 2008), et par la hausse du prix moyen des billets due en grande partie aux tarifs supérieurs des projections en 3D. Ce facteur, de même que la production d’un nombre important de films à succès en 3D à gros budget ont persuadé de nombreux exploitants de salles d’installer des systèmes de projection en 3D dans leurs cinémas, ce qui permet à ces films d’augmenter leur couverture d’écrans et de développer leur plein potentiel. Les recettes brutes des salles, exprimées en euros, ont augmenté dans 21 des 23 Etats membres, l’Irlande et la Lettonie étant les seuls pays à accuser un recul. Les entrées ont augmenté dans 20 marchés européens, ne diminuant que dans 6 d’entre eux. En 2009, le paysage cinématographique européen a par ailleurs été dominé par les films à succès, le nombre de films générant plus de cinq millions d’entrées passant de 34 à 42. Les marchés cinématographiques les plus performants en termes de nombres d’entrées ont été l’Allemagne (+ 13,1%), la France (+5,7%) et le Royaume-Uni (+5,6%).

 

Site Web de l'Observatoire Européen de l'Audiovisuel

 

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