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Histoire du monde/Histoire de l'industrie lithique

 

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 Histoire de l'industrie lithique ____________________________________________________

Le terme « industrie » est entendu ici selon son ancienne acception de « Ensemble des activités, des opérations ayant pour objet la production et l'échange des marchandises ou la production de produits destinés à être utilisés ou consommés sans être vendus au préalable ».

 

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Les premiers outils préhistoriques : les outils primaires

Les outils primaires sont des objets qui, sans transformation, sont utilisés comme outils. Ils sont donc trouvés dans la nature, comme des pierres (pour taper), ou des feuilles (pour nettoyer ou essuyer comme le fait le macaque). Difficile de retrouver ce type d’outil lors de fouille ou même de le reconnaître : utilisé à l’état brut, il se différencie très peu d’un objet naturel. Seules des traces d’usure peuvent laisser apercevoir son ancienne utilisation. Ces outils sont fréquemment utilisés par des espèces animales comme les chimpanzés.

 

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Les outils secondaires

Outils fabriqués avec l’aide d’un autre outil. Il existe 2 principes de taille :

  • Le débitage est l’action de fractionner intentionnellement la matière 1ère afin d’obtenir des fragments, appelés éclats ou lames (éclats allongés dont la longueur est 2 fois supérieure à la largeur), qui sont les produits recherchés. Le bloc de matière résiduel, appelé nucléus, est un déchet.
  • Le façonnage désigne une opération de taille qui consiste à détacher des éclats d’un bloc afin de sculpter progressivement un outil par exemple, un biface ou une préforme de hache polie. Les éclats sont ici les sous-produits et le bloc façonné est l’objet recherché.

Il existe 2 techniques de percussion :

  • La percussion directe, la plus ancienne, ou le tailleur frappe le bloc de matière 1ère avec un percuteur. Celui-ci peut être dur (galets de forme ronde car plus résistants) ou tendre (bois animal ou végétal) qui permet d’obtenir des débitages plus longs, plus fins et plus précis.
  • L’autre type de percussion est dite indirecte et consiste à se servir d’un outil intermédiaire, appelé punch, pour frapper la roche. Il peut être en bois ou en os. L’industrie lithique débute au début du paléolithique inférieur par l’australopithèque Afarensis qui utilisait des outils rudimentaires, des galets aménagés (chopper et chopping-tool), par des retouches grossières ainsi que des fragments d’os qui lui servaient de grattoirs.

 

 

L’industrie Oldowayenne

On a trouvé de nombreux australopithèques dans l’Est africain, dans les gorges d’Olduvai, au sud-est du lac Victoria dans le nord de la Tanzanie. Ce gisement archéologique et fossilifère, l’un des plus important d’Afrique orientale, est fouillé dès 1911, par des archéologues allemands puis, par Louis et Mary Leakey en 1931. Les premières industries lithiques comportant de nombreux galets taillés (dépourvues de formes plus récentes telles que les bifaces) sont regroupées sous la dénomination d’Oldowayen. Cette industrie, malgré sa simplicité, représente une innovation considérable car les hominidés avaient pu auparavant, confectionner des outils en matières périssables ou utiliser de simples pierres (galet brut) comme le font les chimpanzés pour briser des noix. Ce sont des outils secondaires car ils sont fabriqués avec l’aide d’un autre outil. Il est possible que le choix de la matière 1ère ait pu, en partie, conditionner les installations et les déplacement des hommes préhistoriques. Selon certains auteurs, des galets aménagés vieux d'1,8 million d'années seraient présent en Europe, notamment à Chilhac, en Auvergne. Cette industrie a été découverts dans plusieurs sites d'Afrique, comme :

  • Gona Hadar et la Vallée de l'Omo (Éthiopie)
  • Koobi Fora (Kenya)
  • Oldoway (Tanzanie)

Deux os de mammifères découverts par un conservateur d'anthropologie à l'Académie des Sciences de Californie, dans des dépôts volcaniques à Dikika, dans le nord-est de l'Éthiopie, représentent la plus ancienne preuve connue de l'utilisation d'outils de pierre par des hominidés. Les fossiles, un fémur de mammifère (une chèvre ou une antilope) et une côte d’un bovin (probablement un buffle) présentent des marques qui suggèrent que des outils de pierre ont été utilisés pour retirer la chair des os et extraire la moelle osseuse. Les résultats de leur datation démontrent que des hominidés ont commencé à utiliser des outils il y a 3,4 millions d’années, soit 800 000 ans plus tôt que les plus anciens outils connus auparavant.Les marques retrouvés sur les os pourraient être l’œuvre d’ Australopithecus afarensis.

1er outil préhistorique : le chopper

Le chopper a l’apparence d’un bloc anguleux. On tape un coup sur le bord d’un galet à l’aide d’un autre galet percuteur : un gros éclat se détache et on obtient un hachoir. Le chopper est un galet de taille variable dont l’artisan a enlevé un ou quelques éclats à une extrémité et sur une face. Il constitue un tranchoir très efficace pour briser les os longs ou fracasser les os de crânes. Sans ces outils, aucun prédateurs hominidés ne pouvaient consommer la moelle ou la cervelle.

Le chopping-tool

On retourne le chopper et on retape : on obtient un outil plus tranchant, suffisant pour couper et fendre des matières comme le bois, les os, les tendons. L’avantage est qu’il avait une bonne tenue en main.

Il est difficile de déterminer si les choppers ou les éclats étaient des outils. En effet, il pourrait s’agir dans de nombreux cas de nucléus c’est-à-dire, de blocs constituant des sous-produits du débitage d’éclats.

 

 

L'industrie acheuléenne

La culture acheuléenne (1,7 millions d’années à 200 000 ans environ) est une longue époque, charnière entre des procédés relativement rudimentaires et une industrie lithique de plus en plus élaborée. Comme pour l’Oldowayen, le nom d’Acheuléen ne vient pas du lieu de naissance de cette industrie. Il dérive de Saint-Acheul, quartier d’Amiens (Somme, France), où Gabriel de Mortillet, archéologue du 19ème siècle, décrivit pour la première fois ce type d’outils en 1872. Mais cette culture lithique est aussi née en Afrique orientale. L’Acheuléen débute il y a 1,76 million d’années dans le site de Kokiselei sur les rives du lac Turkana. Il est présent dès 1,7 Ma dans les sites d’Olduvai (Tanzanie). Il est attesté ensuite dans tout le continent africain. En Inde, il est présent dès 1,5 Ma. En Europe, l’Acheuléen succède au Chelléen (ou Abbevillien : stade intermédiaire entre Oldowayen et Acheuléen) et dure environ de 700 000 à 200 000 ans avant le présent. Dans certaines régions, l'Acheuléen comporte un stade final désigné sous le nom de Micoquien ; dans d'autres le passage de l'Acheuléen au Paléolithique moyen est plus ou moins progressif. Ici encore, les premières traces de cette nouvelle technique se trouvent en Afrique. Les lieux de fabrication ont évolué : c'est maintenant loin des cours d'eau principaux que les hominidés s'installent : ils établissent leurs campements à l'abri des crues. Les outils ne sont plus seulement taillés avec un percuteur en pierre. Les tailles sont maintenant réalisées avec un percuteur tendre (comme le bois). Cette nouvelle technique permet une taille plus fine. Cette industrie était très présente en :

  • Olorgesailie, Kilombe, Isenya (Kenya),
  • Melka Kunture, Gadeb (Éthiopie),
  • La Kamoa (République démocratique du Congo),
  • Tighennif et Tabelbala-Tachenghit (Algérie).

Le biface

Les bifaces, autrefois appelé "coup de poing", sont de grands outils de pierre taillés sur les deux faces, en forme d'amande ou de triangle allongé afin d'améliorer le coupant de la "lame". C'est parfois également un chopper dont le tranchant s'étend sur la majorité de la périphérie du galet. Les plus anciens bifaces proviennent de la région d'Olduvai, ils avaient une fonction de hache. Le biface est réalisé par façonnage de matière première, en détachant des éclats sur ses deux faces. Il présente généralement une certaine symétrie bilatérale et éventuellement une symétrie bifaciale qui ont pu être interprétées comme les premières manifestations de préoccupations esthétiques (A. Leroi-Gourhan a ainsi estimé qu'avec le biface, « les premiers hommes recherchaient non seulement la fonction de l'objet, mais aussi la beauté de sa forme »). Les matières premières utilisées pour la réalisation de bifaces sont très diversifiées : silex, quartzite, quartz, roches volcaniques (de l’obsidienne à la phonolite). Dérivant du chopper oldowayen, le biface ne cessera de s’affiner et de se miniaturiser. C’est un outil à tout faire non emmanché, tout à la fois coupant, piquant et contondant. Le mot « biface » a été proposé en 1920 par A. Vayson de Pradenne pour remplacer l'expression « coup-de-poing », introduite précédemment par G. de Mortillet.

Le hachereau

Le hachereau est un outil réalisé sur un grand éclat qui comporte toujours un tranchant transversal non retouché. Ses bords et sa base sont modifiés, parfois façonnés comme ceux d’un biface mais son tranchant est toujours brut. Ce tranchant peut correspondre à une surface naturelle de galet dans les formes de hachereaux les plus simples. Il est généralement formé par l'intersection de la face inférieure de l'éclat support avec un ou plusieurs négatifs d'enlèvements antérieurs : en ce sens, le tranchant des hachereaux est le plus souvent prédéterminé par une préparation particulière du nucléus duquel il est extrait. La plupart des hachereaux sont massifs, atteignant couramment 20 à 30cm de longueur. Certaines pièces exceptionnelles pèsent 3 à 4kg. À l'inverse, dans certaines séries africaines, il existe de petits hachereaux de moins de 10cm de long. Les matériaux employés sont très variés : roches volcaniques (rhyolite, basalte, obsidienne), quartzite, grès, calcaire mais aussi silex.

Le débitage ou outil Levallois

Méthode de débitage employée dès le Paléolithique inférieur où il est plus communément associé au Moustérien. C’est un procédé qui consiste en une préparation minutieuse du bloc de pierre initial, le nucleus (par enlèvement d’éclats qui ne sont alors que des déchets), avant d’en extraire les éclats utiles, appelés ’éclats Levallois’, qui serviront d’outils. La méthode Levallois doit son nom au site des carrières de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Elle a été reconnue et décrite dès la fin du XIXe, notamment par Victor Commont. François Bordes en a proposé une définition en 1961, en mettant l'accent sur l'importance de la prédétermination : la forme du futur éclat Levallois est déterminée par la préparation du nucléus. En 1986, Éric Boëda a montré que la méthode décrite par Bordes n'était qu'une des variantes du débitage Levallois, la méthode à éclat préférentiel. Il montre que d'autres méthodes permettent de produire plusieurs éclats aux dépens de la surface d'un même nucléus : ce sont les méthodes récurrentes. Il propose de regrouper l'ensemble des méthodes Levallois au sein d'un unique « concept Levallois ». Le concept Levallois implique une préparation spécifique du nucléus, l'une convexe et l'autre plane. La percussion est dite dure. Le concept Levallois est alors très variable. On reconnaît le débitage Levallois à éclat préférentiel (un seul grand éclat est détaché de la surface du nucléus après sa préparation) et les méthodes récurrentes (plusieurs éclats successifs sont détachés de la surface du nucléus, sans qu'il soit nécessaire de le repréparer comme :

  • le débitage Levallois récurrent centripète si ces éclats successifs convergent vers le centre du nucléus ;
  • Les pointes Levallois.

Pointe Levallois

Lance et épieux

L'utilisation de lances et d'épieux en bois travaillés pour la chasse est attestée au Paléolithique inférieur (Clacton-on-Sea, Angleterre) et au Paléolithique moyen (Lehringen et Schöningen, Allemagne). À Lehringen (Basse-Saxe) a été mis au jour un fragment d'épieu dans le thorax d'un éléphant (env. 125 000ans). Dans le même site, ont été découverts des éclats Levallois ayant servi à découper de la peau et de la viande. À Schöningen, des épieux en bois datant d'environ 400 000 ans ont été découverts dans une mine de charbon.

 

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