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 Science ________________________________________________________________________________________

Le génie est plus un inventeur de nouveaux concepts qu'un surdoué. Albert Einstein

La science (latin scientia, « connaissance ») est « ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large, l'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondés sur des relations objectives vérifiables. Cette acception se retrouve dans l'expression de François Rabelais : « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ». Il s'agissait ainsi d'une notion philosophique (la connaissance pure, au sens de « savoir »), qui devint ensuite une notion religieuse, sous l'influence du christianisme. La « docte science » concernait alors la connaissance des canons religieux, première science instituée. La racine « science » se retrouve dans d'autres termes tels la « conscience » (étymologiquement, « avec la connaissance »), la « prescience » (« la connaissance du futur »), l'« omniscience » (« la connaissance de tout »), par exemple. La volonté de la communauté savante, garante des sciences, est de produire des connaissances scientifiques à partir de méthodes d'investigation rigoureuses, vérifiables et reproductibles. Quant aux méthodes et aux valeurs scientifiques, elles sont à la fois le produit et l'outil de production de ces connaissances et se caractérisent par leur but, qui consiste à permettre de comprendre et d'expliquer le monde et ses phénomènes de la manière la plus élémentaire possible, c'est-à-dire de produire des connaissances se rapprochant le plus possible des faits observables. À la différence des dogmes, qui prétendent également dire le vrai, la science est ouverte à la critique et les connaissances scientifiques, ainsi que les méthodes, sont toujours ouvertes à la révision. De plus, les sciences ont pour but de comprendre les phénomènes, et d'en tirer des prévisions justes et des applications fonctionnelles ; leurs résultats sont sans cesse confrontés à la réalité. Ces connaissances ont de forts impacts sur la société.

Allégorie de la Science par Jules Blanchard située sur le parvis de l'Hôtel de ville de Paris

La science est historiquement liée à la philosophie. Dominique Lecourt écrit ainsi qu'il existe « C'est bien en effet parce que quelques penseurs en Ionie dès le VIIe siècle av. J.-C. eurent l'idée que l'on pouvait expliquer les phénomènes naturels par des causes naturelles qu'ont été produites les premières connaissances scientifiques ». Dominique Lecourt explique ainsi que les premiers philosophes ont été amenés à faire de la science (sans que les deux ne soient confondues). D'après Michel Blay, la science est « la connaissance claire et certaine de quelque chose, fondée soit sur des principes évidents et des démonstrations, soit sur des raisonnements expérimentaux, ou encore sur l'analyse des sociétés et des faits humains. » L'acquisition de connaissances reconnues comme scientifiques passent par une suite d'étapes. Selon Francis Bacon, la séquence de ces étapes peut être résumée comme suit :

  • observation, expérimentation et vérification
  • théorisation
  • prévision

Pour Charles Sanders Peirce (1839–1914), qui a repris d'Aristote l'opération logique d'abduction, la découverte scientifique procède dans un ordre différent :

  • abduction : création de conjectures et d'hypothèses ;
  • déduction : recherche de ce que seraient les conséquences si les résultats de l'abduction étaient vérifiés ;
  • induction : mise à l'épreuve des faits ; expérimentation.

Chaque domaine de connaissance donne lieu à une science qui lui est propre : dans ce sens, il s'agit plus précisément d'un ensemble cohérent de lois, considérées comme valables jusqu'au moment où de nouvelles découvertes viendraient les infirmer, ou de conventions, décrites de manière que tous les spécialistes de ce domaine puissent partager un langage, des expériences et des résultats. Les méthodes scientifiques permettent de procéder à des expérimentations rigoureuses, reconnues comme telles par la communauté de scientifiques. Les données recueillies permettent une théorisation, la théorisation permet de faire des prévisions qui doivent ensuite être vérifiées par l'expérimentation et l'observation. Une théorie est rejetée lorsque ces prévisions ne cadrent pas à l'expérimentation. Le chercheur ayant fait ces vérifications doit, pour que la connaissance scientifique progresse, faire connaître ces travaux aux autres scientifiques qui valideront ou non son travail au cours d'une procédure d'évaluation. Le mot « science », dans son sens strict, s'oppose à l'opinion. L'historien des sciences Pierre Duhem pense en effet que la science doit « sauver les apparences ». Le discours scientifique s'oppose à la superstition et à l'obscurantisme, la science niant les phénomènes surnaturels. Cependant, l'opinion peut se transformer en un objet de science, voire en une discipline scientifique à part. La sociologie des sciences analyse notamment cette articulation entre science et opinion. L’idée même d’une production de connaissance est problématique : nombre de domaines reconnus comme scientifiques n’ont pas pour objet la production de connaissances, mais celle d’instruments, de machines, de dispositifs techniques. Terry Shinn a ainsi proposé la notion de « recherche technico-instrumentale ». Ses travaux avec Bernward Joerges à propos de l’« instrumentation » ont ainsi permis de mettre en évidence que le critère de « scientificité » n'est pas dévolu à des sciences de la connaissance seules. Le mot « science » définit aux XXe et XXIe siècles l'institution de la science, c'est-à-dire l'ensemble des communautés scientifiques travaillant à l'amélioration du savoir humain et de la technologie, dans sa dimension internationale, méthodologique, éthique et politique. On parle alors de « la science ». La notion ne possède néanmoins pas de définition consensuelle. La physicienne et philosophe des sciences Léna Soler, dans son manuel d'épistémologie rappelle que les notions d'« universalité », d'« objectivité » ou de « méthode scientifique » sont l'objet de trop nombreuses controverses pour qu'elles puissent constituer le socle d'une définition acceptable. Il faut donc tenir compte de ces difficultés pour décrire la science. Et cette description reste possible en tolérant un certain « flou » épistémologique.

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 Méthode scientifique

Méthode de découverte

  • Observation
  • Méthode expérimentale
  • Modélisation
  • Simulation numérique

Positivisme et loi des trois états

Théorie vérificationniste de la signification (positivisme et empirisme logique)

Découverte scientifique

Laboratoire de recherche ou laboratoire scientifique

Évaluation de la recherche scientifique

AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur)

Communauté scientifique

Comités de lecture et évaluation par les pairs

Progrès scientifique

Recherche et Développement ou R&D

Liste des ensembles disciplinaires scientifiques

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Méthode scientifique

Ensemble des canons guidant ou devant guider le processus de production des connaissances scientifiques, qu'il s'agisse d'observations, d'expériences, de raisonnements, ou de calculs théoriques. Très souvent, le terme de « méthode » engage l'idée implicite de son unicité, tant auprès du grand public que de certains chercheurs, qui de surcroît la confondent parfois avec la méthode hypothético-déductive, méthode à la base de la démarche expérimentale qui consiste à formuler une hypothèse afin d'en déduire des conséquences observables futures (prédiction), mais également passées (rétrodiction), permettant d'en déterminer la validité. L'étude des pratiques des chercheurs révèle cependant une si grande diversité de démarches et de disciplines scientifiques que l'idée d'une unité de la méthode est rendue très problématique. Dans le cadre d'une théorie établie, un chercheur peut observer une anomalie ou explorer de nouvelles conditions expérimentales, par exemple en employant d'autres instruments. Il réalise ses propres expériences et les répète d'abord pour les valider lui-même, puis pour les documenter et les publier. Chacune de ces publications scientifiques constitue un constat élémentaire. C'est la méthode expérimentale, le début d'une découverte scientifique. À la suite de cette découverte scientifique, ou parallèlement, les chercheurs tentent d'expliquer le phénomène par des hypothèses. Une hypothèse, pour être scientifiquement admissible, doit être réfutable, c'est-à-dire doit permettre des expérimentations qui la corroborent (la confirment) ou la réfutent (l'infirment). Ce sont les preuves répétées et confirmées par d'autres chercheurs, diverses et variées, qui confortent une hypothèse. Elle devient ainsi la nouvelle théorie consensuelle sur le phénomène considéré et enrichit ou remplace une théorie précédemment admise (ou plusieurs, ou en partie). Des anomalies apparaîtront peu à peu et un nouveau cycle commencera. La méthode scientifique, c'est-à-dire la façon d'accéder à la connaissance, est l'objet de l'attention des philosophes depuis l'Antiquité. Aristote est le premier à réfléchir sur l'élaboration d'une méthode scientifique : « Nous estimons posséder la science d'une chose d'une manière absolue quand nous croyons que nous connaissons la cause par laquelle la chose est, que nous savons que cette cause est celle de la chose, et qu'en outre il n'est pas possible que la chose soit autre qu'elle n'est » (Seconds Analytiques). S'il privilégie l'idée d'une science déductive, il reconnaît une place à l'induction : « Ce qui ne veut pas dire que par l'observation répétée de cet événement, nous ne puissions, en poursuivant l'universel, arriver à une démonstration, car c'est d'une pluralité de cas particuliers que se dégage l'universel. »(Seconds Analytiques). Ibn Al Haytham (965 - 1039), de son nom latinisé Alhazen, est un savant musulman considéré comme le père moderne de l'optique, la physique expérimentale et de la méthode scientifique. Il peut être vu comme le premier physicien théorique. Roger Bacon (1214 - 1294), un savant anglais réputé, a repris et cité ses travaux et renouvelle la réflexion sur la méthode en la décomposant en plusieurs étapes :

  1. observation du phénomène, mesures ;
  2. formulation d’hypothèses pour l’expliquer, construction d’un modèle explicatif ;
  3. prévision de nouveaux événements répondant à ces hypothèses, déduction de conséquences expérimentables (test de la valeur prédictive du modèle) ;
  4. vérification ou réfutation par l’expérience,
  5. conclusion (évaluation).

En 1637, Descartes publia le Discours de la méthode qui contient son explication de la méthode scientifique, c'est-à-dire, une démarche à suivre par étapes afin de parvenir à une vérité. En interprétant sa démarche, elle peut être divisée en quatre étapes :

  • Objet évident (sujet de l'étude ; problème à résoudre et hypothèses)
  • Diviser le plus possible
  • Recomposer
  • Réviser (vue globale ; confirmer ou réfuter hypothèses)

Il croyait que toutes les connaissances qu'il avait acquises lors de son éducation n'étaient pas toutes claires, sûres et utiles. Il prétendait donc que sa méthode permettait d'arriver à une vérité absolue (expliquer un phénomène, comprendre son fonctionnement, etc.) Il fut l'un des ouvrages majeurs de la Renaissance. Le conventionnalisme, quant à lui, stipule une séparation fondamentale entre les données de l'intuition et des sens, et les constructions intellectuelles permettant de fonder les théories scientifiques ou mathématiques. Cette notion a été créée par H. Poincaré, puis développée par Pierre Duhem et Édouard Le Roy à la frontière du XIXe et du XXe siècle (bien qu'aucun de ces auteurs n'aie employé le terme de « conventionnalisme »). Elle trouve son origine profonde dans la séparation kantienne entre intuition et concept. L'étude et la compréhension des phénomènes, par exemple biologiques, nécessite l'utilisation de différentes méthodes de recherche et de réflexion. Les deux grandes méthodes scientifiques, complémentaires et structuralistes, sont l'analyse réductionniste et la synthèse transdisciplinaire systémique. L'analyse réductionniste consiste à décomposer les systèmes biologiques en niveaux d'organisation et en unités élémentaires, les plus petites et les plus simples possible (c'est du réductionnisme, par décomposition en : organes, tissus, molécules, atomes, particules subatomiques…). Puis à chaque niveau d'organisation, chacune de ces unités élémentaires est étudiée en détail par une discipline spécialisée (physiologie, biologie moléculaire, génétique, chimie, physique atomique…), afin de comprendre sa structure et son fonctionnement. Cette méthode est utilisée dans la plupart des laboratoires scientifiques. La synthèse transdisciplinaire systémique consiste à rassembler les données provenant des différentes disciplines et des différents niveaux d'analyse, puis à réaliser une synthèse de toutes ces informations, afin d'élaborer des modèles généraux du fonctionnement des systèmes. L'objectif de la synthèse transdisciplinaire systémique est d'aboutir à une compréhension globale du système étudié.

 

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Méthode de découverte

Les principales méthodes mobilisées dans le contexte de découverte sont l'expérimentation, l'observation, la modélisation et aujourd'hui la simulation numérique, qui se retrouvent à des degrés divers dans la plupart des disciplines scientifiques. À ces méthodes générales s'ajoutent des méthodes plus singulières, propres à une pratique scientifique particulière.

Observation : action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Les scientifiques y ont recours principalement lorsqu'ils suivent une méthode empirique. Il s'agit d'observer le phénomène ou l'objet sans le dénaturer, ou même interférer avec sa réalité. Certaines sciences prennent en compte l'observation comme un paradigme explicatif à part car influençant le comportement de l'objet observé, comme la physique quantique ou la psychologie. L'astronomie est l'une des disciplines scientifiques où l'observation est centrale.

Méthode expérimentale : démarche scientifique qui consiste à tester par des expériences répétées la validité d'une hypothèse en obtenant des données nouvelles, qualitatives ou quantitatives, conformes ou non à l'hypothèse initiale. L'expérience scientifique se distingue de l'expérience empirique en ce qu'elle exige un protocole conçu à partir d'une hypothèse. L'idée de méthode expérimentale commença d'être élaborée par Epicure et les sceptiques, méthode qui jouera également un rôle important dans le développement de la médecine. Définie par le chimiste Michel-Eugène Chevreul en 1856 « Un phénomène frappe vos sens ; vous l’observez avec l’intention d’en découvrir la cause, et pour cela, vous en supposez une dont vous cherchez la vérification en instituant une expérience. Le raisonnement suggéré par l'observation des phénomènes institue donc des expériences (…), et ce raisonnement constitue la méthode que j’appelle expérimentale, parce qu’en définitive l’expérience est le contrôle, le critérium de l’exactitude du raisonnement dans la recherche des causes ou de la vérité ». Cette méthode a été centrale dans la révolution scientifique. Parmi les précurseurs de la méthode expérimentale, il convient de citer le physicien et chimiste irlandais Robert Boyle, ainsi que le médecin Claude Bernard. Les étapes de la méthode expérimentale ont été résumées par le sigle OHERIC (Observation, Hypothèse, Expérience, Résultats, Interprétation, Conclusion). Cette présentation linéaire dans l’enseignement des sciences laisse de côté les errements, les tâtonnements et les fausses pistes habituellement suivies dans le cheminement réel de la recherche, parcours sinueux dans lequel la solution est progressivement construite à coups d’hypothèses fausses successivement rectifiées. Ce sigle a été élaboré par le didacticien André Giordan dans sa thèse (1976), puis présenté et discuté dans son livre Une pédagogie pour les sciences expérimentales (1978). Le devenir de la formule OHERIC est cependant surprenant : lancée dans le but de dénoncer une vision figée des pratiques pédagogiques, elle a souvent été perçue comme un modèle à suivre pas à pas. La comparaison menée par l’historien Mirko Grmek entre les écrits publiés de Claude Bernard et ses carnets de laboratoire a montré qu’il lui était arrivé de présenter ses résultats de manière reconstruite, proche du schéma OHERIC, en gommant des errances, des pistes abandonnées, des bifurcations brusques… repérables sur ses feuillets. Claude Bernard : « Sans hypothèse, c’est-à-dire sans une anticipation de l’esprit sur les faits, il n’y a pas de science, et le jour de la dernière hypothèse serait le dernier jour de la science ». D’autres modèles de démarches scientifiques ont été proposés, certains incluant une phase de formulation d’un problème P (OPHERIC), d’autres plaçant au point de départ de l'investigation scientifique le problème (PHERIC) ou la théorie (THEORIC). Certaines descriptions demeurent linéaires, mais des auteurs, en envisageant plusieurs hypothèses et en signalant divers cheminements possibles pour les éprouver (Develay, 1989 ; Clément, 1998) introduisent bifurcations et voies parallèles. Enfin, une proposition non linéaire tente de tenir compte de l’ensemble des paramètres en jeu en associant à un modèle buissonnant de démarche un mode d’emploi précis, l’ensemble formant un outil pédagogique dont le sens ne se perçoit qu’au-delà de la simple lecture du sigle (DiPHTeRIC).

Le protocole d'expérimentation regroupe la description des conditions et du déroulement d'une expérience ou d'un test. La description doit être suffisamment claire afin que l'expérience puisse être reproduite à l'identique et il doit faire l'objet d'une analyse critique pour notamment détecter d'éventuels biais.

Modélisation : orsque certains phénomènes sont trop complexes, trop vastes, trop dangereux, trop chers ou trop long à reproduire dans une expérience, on a recours à un dispositif simplifié : le modèle. Il peut s'agir :

  • d'un modèle réduit (maquette). On parle de modélisation analogique, à laquelle les géologues étudiant la tectonique ont recours ;
  • d'un modèle numérique (programme de simulation par ordinateur) ;
  • d'un modèle vivant, comme la souris qui permet d'éviter des expériences sur des humains. L’espèce est étudiée de manière approfondie pour comprendre un phénomène biologique particulier, en supposant que les résultats de ces expériences seront partiellement valables pour la connaissance d'autres organismes. Cela est possible parce que les principes biologiques fondamentaux comme les voies métaboliques, régulatoires, et développementales, et les gènes qui déterminent ces processus, sont proches de ceux observés dans des cellules humaines, qui sont souvent plus difficiles à manipuler.

Beaucoup de sciences de la nature, de la Terre et de l'Univers (notamment : astrophysique, sismologie, météorologie) reposent en grande partie sur l'utilisation et/ou sur l'élaboration de modèles suivie de leur confrontation avec des observations de phénomènes. L'activité de modélisation consiste à simplifier une réalité complexe pour la décrire et pouvoir utiliser les lois sur les éléments ainsi modélisés. En science de la Terre, la modélisation physique peut consister à utiliser un autre phénomène physique que celui observé, mais qui lui correspondrait suffisamment pour que l'application des lois sur le phénomène modèle décrive avec suffisamment de pertinence le phénomène étudié. Par exemple la chute d'une météorite sur une planète peut être modélisée par la chute d'une bille sur une surface de sable. Le modèle n'est pas seulement ce qu'utilise le scientifique, c'est aussi ce que produit le scientifique. Les modèles ne sont pas dans la nature, ils ont été construits. Le rasoir d'Occam permet de comparer plusieurs modèles.

Simulation numérique : c’est la « reproduction artificielle du fonctionnement d'un appareil, d'une machine, d'un système, d'un phénomène, à l'aide d'une maquette ou d'un programme informatique, à des fins d'étude, de démonstration ou d'explication ». Les simulations numériques scientifiques reposent sur la mise en œuvre de modèles théoriques utilisant souvent la technique des éléments finis. Elles sont donc une adaptation aux moyens numériques de la modélisation mathématique, et servent à étudier le fonctionnement et les propriétés d’un système modélisé ainsi qu’à en prédire son évolution. On parle également de calcul numérique. Les interfaces graphiques permettent la visualisation des résultats des calculs par des images de synthèse. Ces simulations informatiques sont rapidement devenues incontournables pour la modélisation des systèmes naturels en physique, chimie et biologie, mais également des systèmes humains en économie et en science sociale. Elles permettent d'éviter le risque et le coût d'une série d'épreuves réelles (ex : essais de véhicules) ou offrent un aperçu sur le développement d'un système trop complexe pour simuler avec de simples formules mathématiques (ex: ouragan).Les simulateurs de vol d’avions par exemple permettent d'entraîner les pilotes. En recherche fondamentale les simulations que l'on nomme aussi modélisations numériques permettent de reproduire des phénomènes complexes, souvent invisibles ou trop ténus, comme la collision de particules. La simulation numérique ne doit évidemment pas être confondue avec le réel. Ce n’est pas parce que l’ordinateur dit que cela va se passer comme cela que cela se comporte effectivement comme tel dans la réalité (par exemple : simulations numériques des prévisions météorologiques). La simulation numérique n’est qu’une représentation du réel assise sur le modèle théorique sous-jacent. Si le modèle théorique ainsi informatisé est erroné, les résultats calculés sont alors faux et peuvent amener à des prises de décision elles-mêmes erronées. L’analyse critique des résultats, la vérification de la validité des modèles théoriques utilisés, la confrontation des résultats prédits à l’expérience, sont autant de réflexes d’ingénieur à avoir et qui font alors partie même de l’éthique du professionnel utilisateur, ceci afin notamment de ne pas prendre de risques inconsidérés dans les décisions. La simulation informatique est apparue en même temps que l’informatique pour les besoins du projet Manhattan pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de modéliser le processus de détonation nucléaire. La première simulation numérique « civile » en physique théorique fût l’expérience de Fermi-Pasta-Ulam (1953). On peut distinguer trois catégories de simulations :

-La simulation continue, où le système se présente sous la forme d’équations différentielles à résoudre. Elle permet de suppléer à la résolution analytique quand celle-ci est impossible.

-La simulation discrète dans laquelle le système est soumis à une succession d’évènements qui le modifient. Ces simulations ont vocation à appliquer des principes simples à des systèmes de grande taille. La simulation discrète se divise en deux grandes catégories :

  • asynchrone ou time-slicing : on simule à chaque fois le passage d’une unité de temps sur tout le système.
  • synchrone ou event-sequencing : on calcule l’arrivée du prochain événement, et on ne simule qu’événement par événement, ce qui permet souvent des simulations rapides, bien qu’un peu plus complexes à programmer.

-La simulation par agents, où la simulation est segmentée en différentes entités qui interagissent entre elles. Elle est surtout utilisée dans les simulations économiques et sociales, où chaque agent représente un individu ou un groupe d’individus. Par nature, son fonctionnement est asynchrone.

 

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Positivisme

Ensemble de courants qui considère que seules l'analyse et la connaissance des faits vérifiés par l'expérience peuvent expliquer les phénomènes du monde sensible. La certitude en est fournie exclusivement par l'expérience scientifique. Il rejette l'intuition et toute approche métaphysique pour expliquer la connaissance des phénomènes. Le positivisme influencera l'empirisme logique. Il a fortement marqué la plupart des domaines de la pensée occidentale du XIXe siècle. Il est associé à une foi parfois presque religieuse dans le progrès scientifique et la formalisation mathématique du réel. Les idées du positivisme puisent leur source dans certaines formulations d'Alembert et Turgot, ainsi que de leurs amis et élèves Lagrange et Condorcet. On cherchait en effet dès la deuxième moitié du XVIIIe siècle à expliquer le progrès de l'esprit humain (Condorcet) par le développement des « sciences positives » (mathématiques, physique, chimie,…). Le courant philosophique du positivisme commença à se structurer en France dans la première moitié du XIXe siècle. Ce terme fut propagé par Saint-Simon et popularisé en philosophie par Auguste Comte, qui collabora étroitement avec Saint-Simon, dont il fut le secrétaire de 1817 à 1824. Le positivisme scientifique d'Auguste Comte affirme que l'esprit scientifique va, par une loi inexorable du progrès de l'esprit humain, appelée loi des trois états, remplacer les croyances théologiques et les explications métaphysiques. Le positivisme scientifique correspond au Cours de philosophie positive, écrit de 1830 à 1842, avec la loi des trois états. En devenant « positif », l'esprit renoncerait à la question « pourquoi ? », c'est-à-dire à chercher les causes premières des choses. Il se limiterait au « comment », c'est-à-dire à la formulation des lois de la nature, exprimées en langage mathématique, en dégageant, par le moyen d'observations et d'expériences répétées, les relations constantes qui unissent les phénomènes, et permettent d'expliquer la réalité des faits. Dans sa biographie consacrée à Auguste Comte, Emile Littré propose une définition de la philosophie positive : « La philosophie positive est l’ensemble du savoir humain, disposé suivant un certain ordre qui permet d’en saisir les connexions et l’unité et d’en tirer les directions générales pour chaque partie comme pour le tout. Elle se distingue de la philosophie théologique et de la philosophie métaphysique en ce qu’elle est d’une même nature que les sciences dont elle procède, tandis que la théologie et la métaphysique sont d’une autre nature et ne peuvent ni guider les sciences ni en être guidées ; Cette nature commune n’existe qu’entre la philosophie positive et les sciences. Mais comment définirons-nous le savoir humain ? Nous le définirons par l’étude des forces qui appartiennent à la matière, et des conditions ou lois qui régissent ces forces. Nous ne connaissons que la matière et ses forces ou propriétés ; nous ne connaissons ni matière sans propriétés ou propriétés sans matière. Quand nous avons découvert un fait général dans quelques-unes de ces forces ou propriétés, nous disons que nous sommes en possession d’une loi, et cette loi devient aussitôt pour nous une puissance mentale et une puissance matérielle ; une puissance mentale, car elle se transforme dans l’esprit en instrument de logique ; une puissance matérielle, car elle se transforme dans nos mains en moyens de diriger les forces naturelles. »

Loi des trois états

Concept énoncé par Auguste Comte, fondateur du positivisme, selon lequel l'esprit humain, ainsi que l'espèce humaine, passe par trois états théoriques successifs : théologique, métaphysique et positif. La philosophie positiviste considère que la métaphysique est une manifestation de l'esprit qui est rendue caduque par l'avènement des sciences. Le mode de pensée métaphysique et théologique avant la révolution française, ne peut désormais plus maintenir l'unité de croyance entre les individus qui rend possible la cohésion sociale. L'histoire ne pouvant "remonter son cours", le régime théologique ne peut être rétabli, comme le voulait De Maistre (Du pape). Seule la communauté des savants pourra mettre fin à ce que Comte appelle l'anarchie mentale, et achever enfin la révolution industrielle et sociale jusqu‘à l‘infini. La loi des trois états est prouvée aussi bien par la considération de l'histoire des sciences et des conceptions humaines que par l'histoire individuelle de chaque homme. En effet, chacun se souvient, lorsqu'il s'agit d'expliquer un phénomène, avoir été théologien dans sa jeunesse, métaphysicien dans son adolescence et enfin scientifique dans sa virilité. L'expérience de la folie nous donne une preuve supplémentaire de cette loi, en nous permettant d'expérimenter une régression temporaire dans les états de nos conceptions. La loi des trois états trouve son origine dans les travaux de Saint-Simon, dont Auguste Comte fut le secrétaire entre 1816 et 1823. Saint-Simon acquit des éléments de connaissance historique auprès d'Augustin Thierry, qui fut son premier secrétaire. Il les formalisa dans l'industrie (1817). Saint-Simon étudia le passage de l'âge féodal à l'âge industriel. Auguste Comte intercala un âge intermédiaire, celui de la métaphysique. Des esquisses pour une loi de trois états, similaire aux conceptions de Comte, se trouvent cependant aussi dans des manuscrits non-publiés de Turgot. En proposant une théorie chargée de décrire « l'entière évolution intellectuelle de l'humanité », Comte propose ainsi une philosophie de l'histoire. De cette théorie, le Discours sur l'esprit positif (1844) est une formulation complète qui distingue, à l'intérieur même des états, des formes ou phases transitoires.

-Dans l'état théologique, l'homme recherche, presque exclusivement, l'origine de toutes choses, la cause essentielle, soit première, soit finale, des divers phénomènes qui l'affectent. L'état théologique, aussi appelé état féodal, correspond au Moyen Âge et à l'Ancien Régime. Les relations sociales y sont analysées comme le résultat d’un droit divin. Pour Comte, le premier état doit être toujours conçu comme provisoire et préparatoire. Toutefois, il reconnaît que cet état a longtemps été « aussi indispensable qu'inévitable. ». En cela, son propos se distingue de la critique radicale du Moyen Âge menée par certains philosophes des Lumières.

  • Première phase : le fétichisme -Comte définit le fétichisme comme la tendance consistant surtout à attribuer aux êtres extérieurs une vie essentiellement analogue à la nôtre. La phase fétichiste est marquée par un très fort anthropocentrisme. C'est l'adoration des astres qui en constitue la forme paradigmatique.
  • Deuxième phase : le polythéisme -Cette phase commence lorsque « la vie est enfin retirée aux objets matériels, pour être mystérieusement transportée à divers êtres fictifs, habituellement invisibles, dont l'active intervention continue devient désormais la source de tous les phénomènes extérieurs, et même ensuite des phénomènes humains.
  • Troisième phase : le monothéisme -Lors de cette phase, qui constitue à la fois l'apogée et le déclin de l'état théologique, « la raison vient restreindre de plus en plus la domination antérieure de l'imagination, en laissant graduellement développer le sentiment universel, jusqu'alors presque insignifiant, de l'assujettissement nécessaire de tous les phénomènes naturels à des lois invariables.

-L'état métaphysique, aussi appelé état abstrait, désigne le siècle des Lumières et notamment les encyclopédistes. Auguste Comte leur reproche de raisonner à partir de la supposition abstraite et métaphysique d'un contrat social primitif comme le fait notamment Rousseau et de raisonner à partir des droits individuels communs à tous les hommes, aboutissant aux idées de liberté et de souveraineté du peuple.

-Dans l'état scientifique, aussi appelé état positif, l'esprit humain comprend qu'on ne peut comprendre ni l'origine, ni la destination de l'univers. Il renonce à la question du « pourquoi ? » et recherche par l'usage unique du raisonnement et de l'observation les lois effectives de la nature « c’est-à-dire leurs relations véritables de succession et de similitude ». La loi se substitue à la cause, la prévision à la généalogie : « Ainsi, le véritable esprit positif consiste surtout à voir pour prévoir, à étudier ce qui est afin d'en conclure ce qui sera, d'après le dogme général de l'invariabilité des lois naturelles. » À l'âge de la science doit correspondre une politique fondée sur une organisation rationnelle de la société. Les grandes lignes de cette politique sont données par une sociologie scientifique.

Le statut de cette loi est problématique. S'agit-il, comme semble le Plan des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société d'une loi qui décrit l'évolution historique de la société humaine ou bien plutôt d'une loi générale du développement de la pensée individuelle, qui établirait l'esprit positif comme l'achèvement d'une formation pédagogique ? Cette deuxième solution est esquissée dans le Cours de philosophie positive. En réalité, il semble que la loi des trois états dispose d'un statut double : vérifiée à l'échelle individuelle, elle l'est également à l'échelle sociétale. C'est même le partage des connaissances vraies qui oriente cette loi et empêche toute régression d'un état supérieur à un état inférieur.

 

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Théorie vérificationniste de la signification

Conception épistémologique partagée par le positivisme logique. Dans sa formulation la plus simple, elle affirme qu'un énoncé n'a de signification cognitive, c'est-à-dire n'est susceptible d'être vrai ou faux, que s'il est vérifiable par l'expérience: c'est pourquoi on parle aussi d'empirisme logique. Le sens d'une proposition est réduit à sa signification cognitive, une proposition qui n'est ni vraie ni fausse, dépourvue de signification. C'est en ce sens que le positivisme affirme que les énoncés poétiques, religieux ou métaphysiques, n'ont pas de valeur de vérité. La signification logique d'un énoncé dépend de la possibilité de sa vérification empirique : « le sens d'un énoncé est la méthode de sa vérification » (Rudolf Carnap). Wittgenstein : "Si je dis, par exemple, : 'Il y a un livre là-haut sur l'étagère', comment dois-je faire pour le vérifier ? (...) Si je ne peux jamais vérifier complètement le sens d'une proposition, alors je ne peux pas avoir voulu dire quelque chose avec cette proposition non plus." Selon le positivisme, les énoncés se divisent en énoncés analytiques (propositions logique et mathématiques) et en énoncés synthétiques (vérification), qui constituent les sciences empiriques. Les énoncés analytiques n'apprennent rien sur le monde, et sont vrais de par la signification des termes qui les composent (ainsi, « tous les célibataires sont non-mariés »). Ce sont des propositions sinnlos et non pas unsinnig : non pas « absurdes », mais « vides de sens » . Le réductionnisme logique de Frege et Russell montrerait alors, en réduisant à la logique mathématique les énoncés des mathématiques, que ces derniers seraient formés de tautologies. En se ralliant à Wittgenstein, Russell abandonne ainsi sa position de 1903 (dans Principles of Mathematics), où il considérait que Kant avait eu raison, dans la Critique de la raison pure, de qualifier les mathématiques de « synthétiques », mais qu'il aurait aussi dû accorder ce statut aux énoncés logiques. Pour qu'un énoncé synthétique ait un sens, il faut donc qu'il porte sur un fait empirique observable. S'il n'est pas vérifiable à l'aide de l'expérience, alors c'est soit de la pseudo-science, soit de la métaphysique. Ainsi une proposition affirmant « il y a un Dieu » n'est ni vraie, ni fausse, mais tout simplement dénuée de signification, car invérifiable. Toutefois, tous les énoncés métaphysiques ne sont pas absurdes pour le positivisme logique. L'empirisme logique divise ainsi les énoncés des théories scientifiques en « expressions logiques » et en « expressions descriptives ». À partir de cette distinction entre les énoncés descriptifs observationnels et les énoncés descriptifs théoriques, la théorie vérificationniste de la signification en arrive à postuler qu'« un énoncé a une signification cognitive (autrement dit, fait une assertion vraie ou fausse) si et seulement s'il n'est pas analytique ou contradictoire et s'il est logiquement déductible d'une classe finie d'énoncés observables. » Le positivisme logique, ou néo-positivisme est issu du positivisme de Ernst Mach, d'Henri Poincaré et de la pensée du jeune Wittgenstein. Il cherche à rompre avec les méthodes de la théologie et de la métaphysique, qui chercheraient, selon eux, des dieux ou des causes mystérieuses pour expliquer les phénomènes. Le positivisme renonce à donner des causes aux phénomènes et ne cherche qu'à donner des lois permettant de les décrire et de les prédire. Sur ce point, le positivisme logique est parfaitement fidèle au premier positivisme, formulé au XIXe siècle par Auguste Comte (on pourrait même ajouter qu'il ne diffère pas de la critique kantienne : le positivisme logique partageait ainsi, le point de vue du kantisme sur la distinction entre science et croyance). Il s'agit de décrire et de justifier les découvertes scientifiques en analysant leur démarche et leurs principes, de se poser la question comment le monde peut-il être ainsi ? (et non pourquoi est-il ainsi ?). Il se distingue cependant du positivisme d'Auguste Comte par son empirisme. Chez Comte en effet, l'expérience sensible est très largement déterminée par les théories dont nous disposons pour la comprendre et n'a aucune priorité, alors que le positivisme logique considère, dans la continuation de l'empirisme de Locke et de Hume, que la sensation est le fondement de la connaissance. Les sensations sont indubitables, et peuvent donc, une fois formulées dans un langage précis, servir à créer des théories scientifiques. Alfred Ayer critiqua ainsi l'idéalisme du philosophe britannique F.H. Bradley, dans son livre Language, Truth, and Logic (1936), qui popularisa les thèses du positivisme logique dans le monde anglo-saxon. Ayer défendit par ailleurs une conception méta-éthique (éthique analytique) qualifiée d'émotiviste dans cet ouvrage, qui s'oppose à tout cognitivisme moral : les valeurs morales ne pouvant faire l'objet de propositions logiques, il n'est pas possible, selon lui, d'argumenter rationnellement en matière de morale.

 

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Découverte scientifique

Une découverte scientifique est la reconnaissance par la communauté scientifique de l'existence d'un phénomène, d'une propriété, d'une loi de l'univers physique, chimique ou astronomique ou d'une nouvelle entité susceptible d'être l'objet d'une approche scientifique (de la science exacte). Les découvertes archéologiques, géographiques et paléontologiques ont un statut à part. Pour Francis Bacon, le projet de la science est de percer les secrets de la Nature, et d'en extraire tout le savoir possible. Dans cette démarche, la découverte scientifique correspond à l'identification d'un fait ou d'un phénomène naturel original. Pour que ce fait ou ce phénomène soit reconnu, il est nécessaire que sa valeur universelle soit incontestable. Chaque découverte est donc soumise à l'épreuve des faits, par confrontation à l'expérience. Pour l'épistémologue Karl Popper, c'est la seule façon pour qu'une idée, aussi géniale soit-elle, ne reste pas à l'état d'hypothèse, mais qu'elle acquiert la valeur de découverte. Pour comprendre la différence entre une découverte et une invention, on peut se référer aux découvertes géographiques ou astronomiques. On ne découvre que ce qui existait déjà. On invente quelque chose qui n'existait pas. Il y a quatre façons de faire une découverte :

  • La découverte méthodique (La découverte d'Uranus, Neptune et Pluton)
  • L'éclair de pensée (L'« Euréka » d'Archimède)
  • Le concours de circonstances (la chance) (La découverte accidentelle de la pénicilline)
  • L'erreur (La découverte de l'Amérique, les trois lois de Képler)

On regroupe généralement les trois dernières façons, non méthodiques, accidentelles, sous l'appellation : découvertes faites par sérendipité.

 

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Laboratoire de recherche ou laboratoire scientifique

Structure sociale constituée donnant un cadre de travail aux chercheurs. Il peut être affilié à une université ou à un organisme de recherche. Ce terme est employé sans impliquer nécessairement que des travaux de laboratoire y soient menés (il existe par exemple des laboratoires de recherche en mathématiques ou en sciences sociales). Le laboratoire de recherche est le cadre le plus immédiat de la vie scientifique, permettant à des chercheurs travaillant sur des problématiques voisines d'interagir. Le laboratoire, ou des équipes constituées en son sein, organisent des séminaires scientifiques, où des chercheurs extérieurs sont invités à venir présenter leurs travaux. Le laboratoire de recherche gère les aspects financiers de la recherche, excepté les salaires de la plupart des personnels, qui sont versés directement par leur établissement d'affectation (université, CNRS, etc.). Le coût des recherches peut être très différent selon les disciplines, depuis les mathématiques qui n'exigent que peu d'équipement jusqu'à la biologie, la chimie, ou certaines branches de la physique où les expériences et les équipements nécessaires peuvent être extrêmement coûteux. Une autre source de dépense vient des frais de déplacement, pour des congrès scientifiques ou des invitations de chercheurs extérieurs.

Dans les pays développés, il existe depuis quelques décennies une tendance à l'association entre les laboratoires de recherche, l'industrie, et les universités, sur des territoires géographiques. Cette forme de développement a pris comme modèle la Silicon Valley en Californie. On appelle ces partenariats des clusters, aux États-Unis, ou des pôles de compétitivité en France.

 

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Évaluation de la recherche scientifique

Dans les sociétés modernes, où l'effort de recherche est financé, non plus par la fortune personnelle du chercheur ou des mécènes, mais par l'État ou des entreprises privées, un fort besoin d'évaluer l'efficacité de la recherche fondamentale est apparu. On désigne par évaluation de la recherche scientifique une procédure mise en place par une institution contribuant au financement d'activités de recherche, pour quantifier l'efficacité de l'utilisation de ce financement. Cela diffère de l'évaluation par les pairs de la justesse d'un travail scientifique et de sa présentation via comités de lecture. L'évaluation peut concerner toutes sortes de groupes constitués pour la recherche scientifique, allant de l'évaluation individuelle à celle d'universités ou d'instituts. Elle porte, non sur la méthode employée, mais sur les résultats obtenus.

  • Les retombées d'une découverte peuvent être très lointaines, que ce soit dans le temps ou au domaine d'application.
  • Le bénéfice n'est pas nécessairement mesurable économiquement, par exemple en sciences humaines, mais aussi en sciences naturelles.
  • Les résultats de recherche, pris isolés, ont souvent un faible impact, mais beaucoup de grandes inventions sont faites en combinant plusieurs découvertes fondamentales de domaines différents. Comment évaluer les mérites respectifs ?

Les prix internationaux indiquent une forme de reconnaissance pour les travaux récompensés. Cependant, il y a d'une part un décalage dans le temps parfois très important entre ces travaux et le moment d'attribution. D'autre part, la procédure d'attribution de ces prix peut parfois être biaisée, en particulier lorsqu'il s'agit de départager plusieurs chercheurs ou équipes de chercheurs qui s'attribuent une découverte scientifique. Enfin, les plus prestigieux de ces prix (Prix Nobel et médaille Fields pour les mathématiques) ne couvrent qu'un certain nombre de sciences. Le dépôt d'un brevet indique qu'une valorisation commerciale des travaux a été entreprise. Cependant, les brevets ne concernent par essence que des résultats de recherche appliquée, et non la recherche fondamentale. La valorisation sociale de résultats de recherche échappe à ce critère: celui-ci s'applique donc avant tout aux sciences qui relèvent de la Recherche et Développement, et non aux sciences humaines et sociales, dont les praticiens ne déposent pas de brevets. Lorsqu'un chercheur demande l'octroi d'un financement pour un projet, il indique souvent les financements qu'il a obtenus précédemment. Leur liste figure généralement sur les CV des chercheurs anglo-saxons. Cela est également valable pour les laboratoires eux-mêmes, un laboratoire déjà bien doté étant mieux à même de trouver de nouveaux financements. On peut critiquer le fait que leur attribution montre qu'une évaluation précédant leur utilisation a été positive, et non que le financement a été employé a bon escient. En France, il existe également une agence nationale, l'AERES, chargée d'évaluer tous les établissements de recherche. Les EPST (établissement public à caractère scientifique et technologique) évaluent également, sur une base individuelle et tous les deux ans, les chercheurs eux-mêmes. Une critique formulée porte sur les conséquences de l'évaluation, qui pour certains n'a pas un impact suffisant sur l'évolution de carrière des chercheurs, qui sont fonctionnaires.

 

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AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur)

Autorité administrative indépendante (AAI) française, chargée de l’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche publique. Membre de la ENQA (European Association for Quality Assurance in Higher Education), l’AÉRES est issue de la fusion de trois organismes, le comité national d'évaluation des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (CNÉ), le comité national d'évaluation de la recherche (CNÉR) et la mission scientifique, technique et pédagogique (MSTP). Cette fusion est organisée dans la Loi de programme pour la recherche de 2006. Elle a été installée par le ministre délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche François Goulard en 2007. En mai 2005, les ministres des États participant au processus de Bologne ont adopté les Standards and Guidelines for Quality Assurance in the European Higher Education Area, qui guident les agences européennes d'évaluation. En mai 2007, « le principe déjà retenu d’une évaluation des agences d’évaluation ou d’accréditation a été renforcé par la décision de mettre en place un registre des agences européennes dont l’AERES en fait partie du registre depuis 2011 », dénommé EQAR (European Quality Assurance Register).

Le CNÉ avait été créé par la loi Savary sur l’enseignement supérieur et constitué par le décret de 1985. Il avait pour rôle d’évaluer l’action pédagogique et scientifique des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (ÉPCSCP), et notamment des universités. Le CNÉR, lui, avait été instauré par la loi de 1985 relative à la recherche et au développement technologique, mais n’a été créé qu'en 1989 par décret. Il devait notamment contrôler l’activité des établissements publics à caractère scientifique et technologique (ÉPST), comme le CNRS. L’agence est chargée d’une mission d’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche, évaluation qui porte à la fois sur les établissements, les unités de recherche et les formations. L’agence est chargée :

  • d’évaluer les établissements et organismes de recherche, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, les établissements et les fondations de coopération scientifique ainsi que l’Agence nationale de la recherche, en tenant compte de l’ensemble de leurs missions et de leurs activités ;
  • d’évaluer les activités de recherche conduites par les unités de recherche des établissements et organismes mentionnés ci-dessus; elle conduit ces évaluations soit directement, soit en s’appuyant sur les établissements et organismes selon des procédures qu’elle a validées ;
  • d’évaluer les formations et les diplômes des établissements d’enseignement supérieur ;
  • de valider les procédures d'évaluation du personnel des établissements et organismes mentionnés ci-dessus et de donner son avis sur les conditions dans lesquelles elles sont mises en œuvre.

Elle s’intéresse aux diplômes de l’enseignement supérieur, pour s’assurer de la qualité des enseignements et de la validation des connaissances, au regard notamment de l’insertion professionnelle des étudiants. Pour cela, elle s’appuie sur les autres instances existantes, notamment la commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion et la commission des titres d'ingénieurs. L’agence doit par ailleurs établir annuellement un rapport d’activité. Les critères d’évaluation des établissements ne sont pas précisés par les textes instaurant l’AÉRES, et sont donc laissés à l’appréciation des comités d’évaluation, à l’exception de la valorisation des recherches, explicitement citée par la loi.

 

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Communauté scientifique

Ensemble des chercheurs et autres personnalités dont les travaux ont pour objet les sciences et la recherche scientifique, selon des méthodes scientifiques. Parfois cette expression se réduit à un domaine scientifique particulier. La sociologie des sciences s'intéresse à cette communauté, à la façon dont elle fonctionne et s'inscrit dans la société. Cet usage s'appuie sur l'évaluation de travaux de recherche par les pairs au sein de comités de lecture lors de leur communication. Toutefois, l'expression « communauté scientifique » ne doit pas être prise trop littéralement. En effet, se posent les problèmes suivants :

  • la communauté scientifique n'est pas une communauté organisée, au sens où elle n'a pas de représentant légal, de porte-parole reconnu ;
  • la communauté scientifique n'est pas un ensemble de personnes totalement identifié, et l'appartenance à celle-ci n'est pas « labellisée » ;

Le problème de flou de l'expression est le même que pour la communauté internationale.

 

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Comités de lecture et évaluation par les pairs

L'évaluation par les pairs désigne l'activité collective des chercheurs qui jugent de façon critique les travaux d'autres chercheurs (leurs « pairs »). Ces évaluations peuvent porter sur une recherche précise soumise pour publication dans une revue scientifique ou destinée à être présentée à une conférence mais elles peuvent aussi couvrir l'ensemble des travaux du chercheur ou du groupe de chercheurs évalués, notamment lors du recrutement d'un candidat à un poste ou lors de l'évaluation de projets de recherche par des institutions publiques (comme le CNRS) ou privées (comme une fondation). Pour les revues scientifiques, l'évaluation par les pairs est menée par des comités de lecture qui décident si la conférence ou le compte-rendu d'un travail de recherche soumis pour publication est acceptable ou non. Une des critiques les plus courantes au sujet du processus d'évaluation par les pairs est qu'il est lent, et qu'il faut plusieurs mois, voire plusieurs années, dans certains domaines, pour qu'un article finisse par être publié. En fait, une grande partie des communications, dans certains domaines comme l'astronomie et l'économie, ne se fait plus à travers l'évaluation par les pairs, mais plutôt par « preprints » (prépublications) soumises sur des serveurs électroniques tels qu'arXiv.org. Réciproquement, il arrive que des prépublications qui ont également été soumises à des revues à comité de lecture réussissent à passer par le processus d'évaluation et soient acceptées avant la « pré »-publication. L'évaluation par les pairs est un principe fondamental de la recherche scientifique.

 

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Progrès scientifique

Nom donné au développement des connaissances scientifiques. Le progrès technique est dans une large mesure dépendant des avancées scientifiques. Le philosophe des sciences Thomas Samuel Kuhn a montré par des études historiques que le progrès scientifique n'est pas un processus cumulatif, mais procède au contraire en changements de paradigmes, qu'il appelle des révolutions scientifiques. Lorsqu'un nouveau paradigme s'est installé dans la communauté scientifique, il y a également une phase de progrès dans le cadre de ce que Thomas Kuhn appelle la « science normale », jusqu'à ce que des phénomènes inexpliqués ou anomalies se présentent, remettant en cause le paradigme. Le philosophe Hans Jonas a remis en cause fortement l'idée de progrès qui découle souvent de la technoscience, notamment en raison des conséquences de l'activité humaine sur le climat. Une étude de 2008 montre que l'impact de la R&D des entreprises sur leur productivité est plus efficace grâce au progrès scientifique réalisé par les autres entreprises (externalité positive, innovation ouverte) et par les universités.

 

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Recherche et Développement ou R&D

Catégorie statistique, économique et comptable englobant l'ensemble des activités entreprises « de façon systématique en vue d’accroître la somme des connaissances, y compris la connaissance de l’homme, de la culture et de la société, ainsi que l’utilisation de cette somme de connaissances pour de nouvelles applications. » On distingue trois grandes composantes de la recherche et développement :

  • la recherche fondamentale qui consiste en des travaux expérimentaux ou théoriques entrepris principalement en vue d’acquérir de nouvelles connaissances sur les fondements des phénomènes et des faits observables, sans envisager une application ou une utilisation particulière.
  • la recherche appliquée qui consiste également en des travaux originaux entrepris en vue d'acquérir des connaissances nouvelles. Cependant, elle est dirigée vers un but ou un objectif pratique déterminé.
  • le développement expérimental qui consiste en des travaux systématiques fondés sur des connaissances existantes obtenues par la recherche et/ou l’expérience pratique, en vue de lancer la fabrication de nouveaux matériaux, produits ou dispositifs, d’établir de nouveaux procédés, systèmes et services, ou d’améliorer considérablement ceux qui existent déjà.

Les entreprises mènent des activités de recherche et développement afin d’améliorer leurs capacités de production, la qualité de leur production, ou afin de créer de nouveaux biens et services, si possible en accord avec les orientations du marketing et, entre autres, en matière de développement durable. La « recherche et développement » est un élément majeur de la croissance et du développement par l'innovation, aussi bien pour une entreprise que pour un pays ou une vaste zone économique. Le concept de recherche et développement est apparu dans les années 1920, puis a été diffusé et généralisé sous l'influence de l'OCDE au travers du manuel de Frascati, du nom de la conférence à l'origine de sa rédaction. La recherche et développement est pour plus de 60% financée par le secteur privé. Le reste est financé par les États à travers les laboratoires publics et aides aux entreprises. Certains secteurs concentrent principalement les investissements : l’aérospatiale, l’électronique, l’automobile, la recherche pharmaceutique, la chimie, le matériel IT et les logiciels qui rassemblent 82% de l’ensemble des investissements. L’importance des investissements dans ces secteurs est différente d’un pays à un autre. Aux États-Unis, les investissements se font principalement pour le matériel IT (25%) et l’industrie pharmaceutique, au Japon (25%) ce sont les secteurs de l’automobile et de l’électronique qui prennent la première place en matière de R&D. En Allemagne, c’est l’automobile (environ 46%) qui est le secteur le plus actif contrairement au Royaume-Uni et en Suisse où les investissements sont majoritairement pour le secteur pharmaceutique (environ 65% pour la Suisse). En 2011, la dépense intérieure de recherche et développement (DIRD) française s’établit à 45 milliards d’euros, en hausse de 2,3% en volume par rapport à 2010. L’effort de recherche de la nation s’élève à 2,25% du PIB en 2011. En 2011, les activités de R&D dans les entreprises et dans les administrations mobilisent 402 000 personnes en équivalent temps plein.

 

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Liste des ensembles disciplinaires scientifiques

  • Mathématiques
  • Sciences humaines et sociales
  • Sciences naturelles

 

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