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Science/Sciences humaines et sociales

 

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 Sciences humaines et sociales ___________________________________________________

Ensemble de disciplines qui se donnent pour objet d'étude, divers aspects de la réalité humaine sans inclure la médecine. On les met en contraste avec les sciences naturelles. Selon les définitions simplifiées des dictionnaires, les sciences humaines ont pour objet d'étude ce qui concerne les cultures humaines, leur histoire, leurs réalisations, leurs modes de vie et leurs comportements individuels et sociaux, tandis que les sciences sociales auraient pour objet d'étude les sociétés humaines. Les sciences humaines et sociales reconduisant ainsi, d'une certaine façon, l'opposition à l'âge classique entre la philosophie naturelle et la philosophie morale (qui incluait aussi la sociologie, la politique, l'économique, etc.). L'expression « science sociale » ferait sa première apparition en 1824, dans un livre de William Thompson. Le problème principal qu'ont à affronter les sciences sociales et humaines est celui de la méthode à suivre afin d'atteindre une objectivité relative à l'espèce humaine. L'objet d'étude coïncide en effet avec la culture du sujet qui l'analyse. Ce problème se confond donc avec de nombreux débats en épistémologie concernant le critère de scientificité et d'objectivité. Cette objectivité des sciences humaines et sociales est structurée autour de plusieurs principes fondamentaux: la neutralité axiologique, la distinction faits-valeurs et le vérificationnisme. Le XIXe siècle fut l'âge du positivisme d'Auguste Comte. Ce dernier affirmait que la société traversait trois étapes ascendantes et progressives, l'âge théologique, l'âge métaphysique et enfin l'âge scientifique. Cette vision évolutionniste, qui considère l'histoire comme ayant un sens unilinéaire, a été très largement partagée au XIXe siècle (Hegel, Spengler, etc.). Marx et Engels, qui formulent le projet d'un « matérialisme scientifique », ont eu une influence décisive sur le développement des sciences humaines et sociales. Tocqueville, Montesquieu (et sa théorie des climats), Rousseau, ou Al-Biruni et Ibn Khaldoun ont été tour à tour considérés comme des ancêtres des sciences humaines et sociales. Vers la fin du XIXe siècle, les tentatives visant à recourir à des équations pour rendre compte du comportement devinrent de plus en plus communes. Parmi ces premières tentatives, figurent le cas des « lois » de la philologie qui visaient à cartographier les changements sonores d'une langue à travers le temps. Diverses institutions de recherche, consacrées aux sciences humaines et sociales, ont été créées dans la première moitié du XXe siècle : la New School for Social Research à New York en 1919 ; l'Institut international d'histoire sociale à Amsterdam, en 1935 ; en France, depuis 1869 l'École pratique des hautes études possède une section consacrée à l'économie, et la VIe section de l'École deviendra l'École des hautes études en sciences sociales. L'École libre des sciences politiques a été créée en 1872, et deviendra en 1945 Sciences Po. À partir de 1963, Fernand Braudel a dirigé la Fondation Maison des sciences de l'homme, qu'il a contribué à créer. La Fondation Rockefeller a créé le Département des relations industrielles, visant à mieux comprendre les mouvements sociaux, après le massacre de Ludlow (1914).

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Neutralité axiologique

Distinction faits-valeurs

Fondation maison des sciences de l’homme

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Neutralité axiologique

La neutralité axiologique (littéralement, la connaissance libre de préjugés) est souvent perçue, dans la définition qu'en donne le sociologue allemand Max Weber dans Le Savant et le politique, comme l'attitude du chercheur en sciences sociales n'émettant pas de jugement de valeur dans son travail. Le statut ontologique du sujet étudié est posé comme moralement neutre. Le propre des sciences de la culture serait de porter sur un ensemble de phénomènes culturels, c'est-à-dire de phénomènes structurés par des valeurs. Selon ce concept, le chercheur devrait faire de ces valeurs son objet, sans porter pour autant de jugement normatif sur celles-ci. Weber a ainsi élaboré la distinction entre « jugement de valeur » et « rapport aux valeurs ». Le « rapport aux valeurs » décrit l'action d'analyse du chercheur qui, en respectant le principe de neutralité axiologique, fait des valeurs d'une culture des faits à analyser sans émettre de jugement normatif sur celles-ci, c'est-à-dire sans porter de « jugement de valeur ». Pierre Bourdieu, affirme dans La domination masculine : « On ne saurait en effet surestimer les risques auxquels est exposé tout projet scientifique qui se laisse imposer son objet par des considérations externes, si nobles et si généreuses soient-elles. Les « bonnes causes » ne peuvent tenir lieu de justifications épistémologiques et dispenser de l’analyse réflexive qui oblige parfois à découvrir que la bienséance des « bons sentiments » n’exclut pas nécessairement l’intérêt pour les profits associés aux « bons combats » (ce qui ne signifie pas du tout que tout projet militant est a-scientifique »). S’il n’est pas question d’exclure de la science, au nom de je ne sais quelle Wertfreiheit (« abstention de jugement de valeur ») utopique, la motivation individuelle ou collective que suscite l’existence d’une mobilisation politique et intellectuelle, il reste que le meilleur des mouvements politiques et intellectuels est voué à faire de la mauvaise science et, à terme, de la mauvaise politique, s’il ne parvient pas à convertir ses dispositions subversives en inspiration critique – et d’abord de lui-même ». Selon Isabelle Kalinowski, qui propose une relecture critique du concept et de sa traduction en français par Julien Freund, la neutralité axiologique n'interdit nullement au chercheur une opinion personnelle quant à l'objet qu'il étudie, comme on le pensait jusqu'ici en France par une sorte de réflexe anti-marxiste. Au contraire, souligne-t-elle, Weber considère qu'un engagement politique tel que l'anarchisme est tout à fait de nature à permettre une meilleure sociologie du droit en ce que le chercheur anarchiste n'est justement pas attaché par le droit dont il fait l'analyse sociologique, et est donc susceptible de plus de recul sur celui-ci que le chercheur supposément neutre.

 

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Distinction faits-valeurs

D'un point de vue épistémologique, on peut distinguer, globalement, deux types de jugements : les « jugements de faits » et les « jugements de valeur ». Le jugement de fait implique une observation neutre et objective. Le jugement de valeur implique une évaluation et une appréciation subjective. Il y a plusieurs manières de concevoir cette distinction entre jugements de faits et de valeur. On peut, comme le positivisme logique, la considérer comme une dichotomie: il y aurait d'un côté les jugements de fait, descriptifs et objectifs, et de l'autre les jugements de valeur, prescriptifs et subjectifs. Mais on peut aussi atténuer cette dichotomie, en ne parlant plus que d'une distinction des faits et des valeurs : c'est la perspective prise par Hilary Putnam (2002), pour qui les faits et les valeurs sont imbriqués l'un dans l'autre. Putnam critique l'émotivisme et l'intuitionnisme. Dès lors, la distinction fait-valeurs ne recoupe plus la distinction objectivité/subjectivité ou factuel/axiologique. Putnam s'appuie pour cela sur les « concepts éthiques épais » (thick ethical concepts), qui mélangent aspects descriptifs et prescriptifs, illustrés notamment par la cruauté qui est axiologiquement neutre. C'est un concept éthique épais qui possède simultanément une fonction descriptive et prescriptive. Putnam adopte une position pragmatiste inspirée par John Dewey, afin de pouvoir obtenir une relative objectivité en éthique

 

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Fondation maison des sciences de l’homme

La Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH Paris, 190 avenue de France, 75013 Paris) a été créée en 1963 sous statut d’association loi de 1901. Sur le modèle de la Fondation nationale des sciences politiques, elle fut transformée en fondation et reconnue d’utilité publique l’année suivante. Elle est liée au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et joue depuis sa création un rôle déterminant dans l'appui et la diffusion des sciences humaines et sociales dans un cadre international favorisant les coopérations multilatérales. La fondation est administrée par un conseil d’administration qui élit en son sein un bureau, une commission des finances et une commission scientifique. La fondation est dirigée par un administrateur nommé par le ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche sur proposition du conseil d’administration. Pour la direction et la gestion des services communs, l’administrateur est assisté par un conseil des directeurs des centres et instituts de recherche installés dans les locaux de la fondation. Bâtie à l'origine sur le modèle institutionnel de la Fondation nationale des sciences politiques, la FMSH se distingue sur deux points : elle ne gère pas d'établissement supérieur d'enseignement et ne dispose d'aucune équipe de recherche qui lui soit attachée en propre. Nœud de réseaux nationaux et internationaux, elle met en relation des institutions, des chercheurs, au service des activités de recherche de toutes les sciences humaines et sociales (SHS) sans distinction de discipline et sans limite territoriale. Les projets de recherche qu'elle a initiés sont destinés à prendre leur indépendance. De fait, la FMSH privilégie la créativité en étant à l’écoute des grandes questions de société, des chercheurs et des décideurs et prend le risque de porter des projets de recherche innovants. Sa seconde mission est de choisir des opérations en interface : entre disciplines, entre chercheurs français et étrangers, entre institutions françaises et étrangères. La FMSH contribue ainsi largement au rayonnement international des SHS (sciences humaines et sociales) françaises en s’appuyant sur la diffusion de la culture scientifique, les publications, les échanges d’idées et de personnes. Avec ses locaux, ses moyens techniques et ses programmes scientifiques, la FMSH assure ainsi, une fonction de plate-forme de coopération internationale qu’elle met à la disposition de chercheurs et universitaires français aussi bien qu’étrangers. Ainsi, à travers ses programmes d'aires culturelles, de bourses de recherche post-doctorales et de thématiques transversales intéressant l'ensemble des continents, des cultures et des civilisations, et tout en gardant bien en vue les trois exigences de profondeur historique, de comparaisons internationales et d’interdisciplinarité, la FMSH contribue aux efforts de production de connaissances en sciences humaines et sociales destinés à la compréhension des grands problèmes de recomposition des sociétés contemporaines.

La bibliothèque de la Fondation a ouvert ses portes en 1970 au 54 boulevard Raspail, dans le sixième arrondissement de Paris. Ses fondateurs, Fernand Braudel et Clemens Heller, ont conçu un lieu de recherche spécialisée en sciences sociales et humaines à vocation internationale, axée sur l’inter et la pluridisciplinarité. La constitution du fonds, multilingue et multi-supports, s’élabore dans le respect de l’esprit qui a présidé à la naissance de la Fondation : accompagner la recherche dans ce qu’elle a de novateur. La bibliothèque met à la disposition d’un public français et étranger d'étudiants, d’enseignants et de chercheurs, plus de 500 000 documents imprimés et un nombre croissant de documents sous forme électronique, dans les domaines de l'histoire et de la sociologie en particulier. La bibliothèque est partenaire du CODHOS (Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale). Les Éditions de la Maison des sciences de l'homme ont développé à partir des années 1970 un catalogue original, en sciences humaines et sociales, qui rassemble des publications scientifiques de haut niveau, nées pour la plupart d'une collaboration avec d'autres institutions qu'elles soient françaises (EHESS, CNRS, INRA, ministères de la Culture et de la Communication, de l'Éducation nationale et de la Recherche) ou étrangères. Le Centre interinstitutionnel pour la diffusion de publications en sciences humaines est créé en 1981 avec l’aide et à la demande du ministère de l’Éducation nationale, le CID a pour principale mission d’assurer, au sein du réseau de la librairie, la promotion et la vente d'ouvrages publiés par les éditeurs de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il regroupe actuellement 16 presses d'universités ou éditeurs institutionnels. Le CID est à la fois diffuseur et distributeur. Il maintient la qualité de son service grâce à l’intégration de ces deux activités, réelle garantie d’indépendance pour les éditeurs qu’il représente. Le Comptoir des Presses d'universités est une librairie en ligne (lcdpu.fr), permettant la vente par correspondance réunit actuellement les catalogues d'une cinquantaine d'éditeurs (Les Éditions de l’EHESS, ENS Éditions, les Presses de la Sorbonne nouvelle, les Presses universitaires de Bordeaux, de Caen, de Strasbourg, de Rennes, etc.) et propose plus de 18 000 ouvrages et numéros de revues relevant des domaines les plus variés : anthropologie, archéologie, ethnologie, histoire, littérature, psychologie, sociologie, sciences politiques…. Le Comptoir des Presses a en outre ouvert un espace de vente en 2011 dans le Quartier Latin (86, rue Claude Bernard, Paris 5e), qui permet l'achat direct d'une partie importante de ce fonds. Il organise également des manifestations autour de certaines publications (Les Entretiens du Comptoir).La Fondation a été à l'origine de la création de l'Institut d’études avancées de Paris qui a pour vocation de faire avancer la recherche dans toutes les disciplines qui relèvent des sciences humaines et sociales ou sont liées à elles.

 

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