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Science/Sémiotique et sémiologie

 

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 Sémiotique et sémiologie ___________________________________________________________

En sémiologie, le signe est au centre du questionnement comme principe uniquement dont dépendraient à la fois la structure et le fonctionnement de la langue. En sémiotique, l’expérience vécue est au centre de la question du sens. La relation triadique du signe est nettement plus productive que la notion de signe simple.

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Sémiologie

Sémiotique

Hiérarchie des catégories selon Peirce

Classifications des signes linguistiques

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Sémiologie

La sémiologie est la science des signes. Le terme sémiologie a été créé par Émile Littré et pour lui, il se rapportait à la médecine. Il a ensuite été repris et élargi par Ferdinand de Saussure, pour qui la sémiologie ou sémiotique est « la science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale ». Le terme est donc utilisé dans plusieurs disciplines. Il existe deux écoles en sémiologie : Sémiologie de la Communication et Sémiologie de la signification.

  • La sémiologie de la Communication étudie uniquement le monde des signes : le code de la route, les signaux ferroviaires maritimes et aériens, le morse, les sonneries militaires, les insignes, les langages machine, la notation musicale, le langage de la chimie, des ordinateurs, les langues parlées, sifflées, le tam-tam... Ces objets d'études sont des systèmes de signes conventionnels et précis.
  • La sémiologie de la Signification n'a pas d'a priori, elle étudie signes et indices, sans se préoccuper de la distinction. Roland Barthes est l'initiateur de ce courant. Elle s'intéresse à tout objet en tant que signifiant en puissance ; d'où ses objets d'études ne se limitent pas à des systèmes de communication intentionnels. Elle peut donc interpréter des phénomènes de société et la valeur symbolique de certains faits sociaux. La sémiologie de la signification se rapporte donc à l'univers de l'interprétation et du sens, et non du code et de la communication.

 

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Sémiotique

La sémiotique est l'étude des signes et de leur signification. Elle étudie le processus de signification, c'est-à-dire la production, la codification et la communication de signes. Elle est née des travaux de Charles Sanders Peirce. En français, ce terme est souvent confondu avec la sémiologie, alors que le principe sémiotique fonctionne à partir d'un système triadique quand la sémiologie fonctionne selon un système binaire. La sémiotique prend de plus en plus d'importance au regard des sciences et de la technologie. Ces origines et la sémiologie en général semblent se confondre avec la naissance de la philosophie du langage. C'est en sanscrit que sont écrites les plus anciennes études connues sur le sujet avec le traité grammatical de Panini datant du 6ème siècle av. J.-C.. Les notions de morphème, phonème y sont bien distinguées, confirmant l'ancienneté de la tradition linguistique. On retrouve chez les Hindous, les mêmes débats que chez les Grecs sur les relations entre mots et réalité. Ainsi pour Patañjali au Ier siècle av. J.-C., le signe n'est défini que par ce qui l'oppose aux autres signes. L'adaptation du système d'écriture phénicien, la naissance et le développement de la rhétorique ou l'observation des dialectes peut être à l'origine de l'intérêt des philosophes grecs pour le langage. Le premier, Héraclite d'Éphèse distingue la pensée, l'énoncé et la réalité, la liaison entre ces trois éléments étant réalisée par le logos, principe divin, unique. Démocrite s'oppose à l'origine divine du langage. Pour lui, le langage est purement conventionnel. Au IVe siècle av. J.-C., dans le Cratyle, Platon expose les deux thèses opposées sur la nature des mots : pour Hermogène, partisan de l’arbitraire du signe, il n'y a entre ce qui sera plus tard nommé signifiant et signifié qu'un lien abstrait et extrinsèque, établi par convention, tandis que pour Cratyle, partisan de la motivation, les mots sont une peinture des choses, ils ressemblent à ce qu'ils signifient, ce sont des symboles. Augustin d'Hippone est un des pionniers dans l'expression d'une motivation inconsciente du signe verbal qu'il expose au IVe siècle dans sa théorie du signe. Il affirme que « c'est par les signes que l'on apprend les choses ». Il évoque également le retard du langage sur la pensée et l'explique ainsi : « cette conception intuitive inonde mon âme à la façon d'un éclair rapide, tandis que mon discours est lent, long et fort différent d'elle. De plus, pendant qu'il se déroule, cette conception s'est cachée dans sa retraite. Elle laisse pourtant dans la mémoire, d'une manière merveilleuse, un certain nombre d'empreintes, qui subsistent au cours de la brève expression des syllabes et qui nous servent à façonner les signes phonétiques appelés langage. Que les signes soient pensés par l'esprit ou qu'ils soient exprimés par la voix, les empreintes ne sont ni latines, ni grecques, ni hébraïques, ni n'appartiennent en propre à aucune nation. » Augustin envisage un état du sens fait d'empreintes qui « n'appartiennent à aucune langue », ne sont pas conscientes et semblent universelles. En 1690, le philosophe John Locke dans An essay concerning human understanding, fut le premier à utiliser le terme semeiotike qui signifie signe. C'est Ferdinand de Saussure, professeur de linguistique à Genève et spécialiste du sanscrit, qui parle le premier de « signe linguistique » et qui introduit la distinction entre signifiant et signifié dans son Cours de linguistique générale (1906-1910). Il donna le nom de sémiologie à « la science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale ». Selon Saussure, les signes établissent la relation entre un signifiant et un signifié. Un demi-siècle après Saussure, le linguiste Émile Benveniste introduit la notion de référence. Benveniste s'interroge : "Pour le sujet parlant, il y a entre la langue et la réalité adéquation complète : le signe recouvre et commande la réalité ; mieux, il est cette réalité, tabous de parole, pouvoir magique du verbe. L'arbitraire du signe est aussi discuté par le linguiste Pierre Guiraud qui met en évidence l'existence de la motivation des mots onomatopéiques de type acoustique où existe une analogie entre sons signifiés et sons signifiants comme tic tac, boum… qui peut s'étendre par métaphore aux couleurs ou idées assimilées à des bruits. Pour lui, « un signe est un stimulus dont l'image mentale est associée dans notre esprit à celle d'un autre stimulus qu'il a pour fonction d'évoquer en vue d'une communication. » Il définit « le signe comme la marque d'une intention de communiquer un sens. » On reproche à Saussure de ne pas reconnaître les faits symboliques dans la langue, prise comme ensemble de signes arbitraires. Il refuserait de déceler de la motivation dans les mots même dans ceux des langages inventés. Au contraire, pour l'un de ses contemporains, Victor Henry, « le langage est le produit de l’activité inconsciente et subconsciente d’un sujet conscient ». En Amérique, un courant ouvert par Peirce dès 1896 oriente la discipline dans une direction pragmatique. La sémiotique de Charles Pierce se fonde sur le concept de signe triadique, qui se distingue selon différents niveaux de perception du plus vague au plus distingué, priméité, secondéité, tercéité respectivement nommés représentamen, objet, et interprétant mais aussi à l‘intérieur de chacune des composantes de la triade. Un representamen (signe matériel) dénote un objet (objet de pensée) grâce à un interpretant (qui dynamise la relation de signification, un sens). L’interprétant devient representamen à son tour et renvoie, par l'intermédiaire d'un autre interprétant, au même objet que le premier representamen. Avec Saussure, la définition la plus générale du signe, et l'une des plus anciennes, fait du signe ce qui est mis à la place de quelque chose d'autre (qui peut être interprété comme un signifié ou un référent). Le signe est constitué de trois parties : le signifiant, le signifié (représentation mentale d’une chose) et le référent, c'est-à-dire la chose concrète à laquelle renvoie le signe. Par exemple, le signifiant visuel « feu rouge » signifie « arrêtez-vous » et fait référence au « panneau stop ». Penser (Peirce) et signifier (Saussure) sont donc le même processus vu sous deux angles différents. Ce processus se nomme la sémiosis. Avec Peirce, le representamen se distingue en qualisigne (qualité qui fonctionne comme signe), sinsigne (ce signe-là, une réplique, phénomène spatio-temporel localisé) et légisigne (la loi qui régit la grammaire du signe). Puis, au plan de l’objet (signification) on aura l'icône (un signe iconique par ressemblance avec l'objet), l'indice (un signe inciciel relié comme un symptôme à son objet) et le symbole (un signe symbolique doté d'une signification abstraite). Enfin, au plan de l‘interprètant, on aura le rhème (un signe rhématique interprété comme un nom, un verbe, un adjectif), le dicisigne (une proposition verbale ou non verbale) et l'argument (une règle d'inférence). Toute pensée ou signification aboutit donc à une inférence, à un raisonnement élémentaire. Revenant à la théorie logique, Peirce distingue les abductions (hypothèse plausible), les inductions (raisonnement statistique) et les déductions (raisonnement logique où l'on tire une conclusion certaine à partir de prémisses vraies). Ainsi, Peirce reproche-t-il à Kant de s'être arrêté aux seules catégories et d'avoir négligé l'élément le plus important de la pensée : l'établissement du jugement à travers les inférences instituant un formalisme logique garant d’une généralité. Un signe, selon Peirce, peut être simple ou complexe. Contrairement à Saussure, Peirce ne définit pas du tout le signe comme la plus petite unité significative. Toute chose, tout phénomène, aussi complexe soit-il, peut être considéré comme signe dès qu’il entre dans un processus sémiotique. Charles W. Morris (1901-1979) qui fut reconnu pour sa Foundations of the Theory of Signs distingue dans la sémiotique trois aspects :

  • la sémantique : la relation entre les signes et ce qu'ils signifient (relations internes entre signifiant et signifié ou relation référentielle entre le signe global et le référent).
  • la syntaxe : les relations entre signes.
  • la pragmatique : la relation entre les signes et leurs utilisateurs ou leurs interprètes : règles de l'utilisation par le sujet, motivations de l'interprète, réactions du public, efficacité de la communication, contexte factuel, usages des signes (information, évaluation, stimulation, systématisation), etc.

En tant que discipline, la sémiotique s'institutionnalise dans les années 60 et une Association internationale de sémiotique (International Association for Semiotic Studies), avec sa revue Semiotica, voit le jour. Cette association tient son premier congrès mondial à Milan en 1974. La discipline sémiotique se diversifie en sous-champs : sémiotique visuelle, sémiotique du cinéma, etc., certains de ces champs disciplinaires ayant également leur association comme l'Association internationale de sémiotique visuelle fondé à Blois en 1989 qui réunit des sémioticiens visuels du monde entier. En 1996, l’association a commencé à publier sa revue officielle, Visio, avec l’appui financier et logistique du CRSHC ainsi que du CÉLAT de la Faculté des lettres de l’Université Laval, à Québec. VISIO publie 4 numéros thématiques par année et accepte des articles rédigés dans 3 langues officielles: en francais, en anglais et en espagnol. Fernande Saint-Martin, de l’UQAM, en est la Directrice générale, et Marie Carani, de l’Université Laval, la Directrice et Rédactrice en chef. Les membres du Comité de rédaction sont assistés par un Conseil scientifique international composé de plus de 70 spécialistes de la sémiotique générale et visuelle qui sont répartis à travers le monde. L'Association publie également une collection d'ouvrages, sous le titre de "Bibliothèque Visio". Le philosophe Gérard Deledalle a été le premier à introduire et faire connaître en France la sémiotique de Charles S. Peirce. Il a rassemblé, traduit et commenté l'œuvre de Peirce dans deux ouvrages Ecrits sur le signe (1978) et Théorie et pratique du signe (1979). Il a ainsi fondé l'Institut de Recherches en Sémiotique à l'université de Perpignan dans les années 70 (IRSCE), reconnue sur le plan international.

 

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Hiérarchie des catégories selon Peirce

La priméité ne comprend qu'elle-même, tandis que la secondéité comprend la priméité, et que la tiercéité comprend à la fois la secondéité et la priméité. Il existe donc, dans le processus sémiotique, un principe de hiérarchie des catégories ou l’on peut répertorier dix modes de fonctionnement de la signification, que nous indiquons ci-dessous, avec un exemple pour chaque cas (R, O, I indiquent respectivement le representamen, l'objet et l'interprétant) :

 

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Classifications des signes linguistiques

 

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